Kingsley Coman est arrivé au bout du processus dans lequel s'est engagé Ousmane Dembélé. Sa situation contractuelle n'était pas tout à fait similaire, les montants diffèraient aussi, mais le fond était le même : l'ancien Parisien avait entamé un sérieux bras de fer avec son club, long de plusieurs mois, et alors qu'il n'avait pas toutes les chances de le remporter. Il y est finalement parvenu. Le Bayern Munich, dont la rigidité lors des négociations n'est peut-être plus qu'un mythe, s'est résolu à offrir une juteuse revalorisation salariale à son ailier.
Le contexte économique a pourtant largement endigué les politiques d'engraissement des masses salariales des très grands clubs européens, devenus particulièrement créatifs pour satisfaire les exigences de leurs joueurs sans trop affecter le bilan comptable épluché par les gendarmes financiers. Le champion d'Allemagne, lui, ne s'est pas franchement soucié de ces considérations : d'après nos confrères de L'Equipe, Kingsley Coman a quasiment doublé sa mise, ce qui ferait de lui l'un des trois joueurs les mieux payés du club, aux côtés des monstres sacrés Robert Lewandowski et Manuel Neuer. De quoi situer la jauge autour des 17 millions d'euros annuels, selon Bild.
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Coman, fragile mais rare

À plusieurs reprises, doutant que le jeu en vaille la chandelle, le Rekordmeister semblait s'être préparé à négocier le départ du Français. En mai dernier, la presse allemande évoquait un "bon de sortie" pour l'été suivant. En décembre, elle annonçait son transfert en fin de saison. Entre-temps, son opération du cœur avait semé des doutes sur son avenir au plus haut niveau, alors que son organisme avait déjà constamment freiné sa carrière. Cette saison encore, Coman a manqué plusieurs rencontres en raison de blessures musculaires et c'est une constante depuis qu'il est un joueur du Bayern Munich.

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Depuis l'exercice 2015/2016, l'ailier a cumulé une grosse trentaine de pépins physiques. Si le club bavarois a souvent pu compter sur son talent, il n'a jamais vraiment pu miser sur sa fiabilité, et l'attaquant n'a pas toujours été irréprochable en dehors du terrain. En mars, il avait écopé d'une lourde amende après avoir débarqué à l'entraînement en Mercedes, alors que le concurrent Audi est l'un des actionnaires minoritaires du club.
Mais Coman est devenu un symbole depuis qu'il a inscrit l'un des buts les plus importants de l'histoire du Bayern, en finale de la Ligue des champions 2020 face au Paris Saint-Germain. Il est aussi et surtout un joueur précieux car extrêmement rare : son explosivité et sa vitesse font de lui l'un des attaquants les plus imprévisibles du monde, face à des défenses toujours mieux organisées tactiquement. À Munich, les entraîneurs changent mais les joueurs d'ailes sont toujours essentiels. C'est la raison pour laquelle les dirigeants bavarois avaient déboursé 60 millions d'euros pour s'offrir Leroy Sané, un an avant l'expiration de son contrat à Manchester City.

Le Bayern, comme tous les autres

Le Bayern a bien cherché un éventuel successeur à Coman. Ces dernières semaines, Raphinha et Ousmane Dembélé auraient été sondés mais l'une ou l'autre de ces arrivées n'aurait pas apporté les mêmes garanties sportives. Le champion d'Allemagne s'est donc ravisé, quitte à mettre (encore) certains de ses principes de côté. Ce fut déjà le cas il y a un peu moins de deux ans, lorsqu'il avait offert un pont d'or à Neuer après avoir risqué de le perdre. Après avoir consenti le même effort en faveur du Français, le mastodonte allemand compte désormais sept joueurs émargeant à 15 millions d'euros ou plus par an.

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Autrefois fermement opposé à la fuite en avant du tout-business dans le football, le club bavarois continue de s'autoriser quelques concessions. Cette prolongation de contrat devrait encore l'aider à combler une partie de son retard dans la hiérarchie des écuries dont les masses salariales sont les plus élevées d'Europe. À ce petit jeu, le Bayern se classe sixième, à distance du FC Barcelone ou du Paris Saint-Germain. Mais il domine Manchester United ou encore la Juventus. Preuve qu'il n'est peut-être pas si différent qu'il veut bien le faire croire. À une différence - majeure - près : financièrement, il peut encore se le permettre.
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