Mercato - Harry Kane au Bayern Munich, ce transfert révolutionnaire

Eurosport sur Google

Le Bayern Munich tient le transfert de l'été. Harry Kane, la superstar de Premier League, débarque en Bundesliga. Cette arrivée, au-delà du bénéfice sportif que les Allemands devraient en tirer, marque une vraie rupture dans l'histoire du Bayern, dans le parcours de Kane et même un peu plus. Zoom sur un transfert vraiment pas comme les autres.

Harry Kane

Crédit: Twitter

D'un strict point de vue sportif, l'arrivée d'Harry Kane au Bayern Munich ne surprendra personne. Voir l'un des cinq meilleurs avant-centres du monde rejoindre l'un des cinq plus grands clubs du monde, voilà qui épouse une forme de logique implacable d'autant que l'attaquant anglais voyait sa carrière patiner du côté de Tottenham. Pourtant, ce transfert marque plusieurs ruptures assez nettes pour le Bayern, pour l'avant-centre et pas seulement.

Le Bayern et la barre des 100

"Je ne veux pas acheter un joueur pour 150 ou 200 millions d’euros, je ne veux pas participer à une telle folie, ce sont des choses que nous refusons totalement au Bayern", jurait Uli Hoeness, le président d'honneur du Bayern, en 2017. Pour Kane, les Bavarois étaient prêts à tout, même à se renier. Jusqu'ici, ils n'avaient jamais dépassé les 80 millions d'euros d'indemnité, en l'occurrence pour Lucas Hernandez, pour attirer un joueur à eux. Et, au contraire du Real, du Barça ou du PSG, ils tentaient de se tenir loin de la folle envolée des prix depuis une bonne dizaine d'années. Ce n'était pas une question de moyens mais plutôt de principe.
picture

Uli Hoeness et Thomas Tuchel

Crédit: Imago

Pourquoi ce virage à 180 degrés ? Le Bayern reste sur une saison ratée où il leur a fallu un miracle pour conserver leur titre de champion et ils n'ont pas existé contre Manchester City en quart de finale de Ligue des champions. Le départ de Robert Lewandowski en 2022 n'a jamais été comblé et le Bayern a rapidement compris qu'Eric Maxim Choupo-Moting ne suffirait pas à combler ses ambitions européennes.
Remplacer un buteur de cette trempe nécessitait de mettre la main au portefeuille. Benzema parti en Arabie Saoudite, Mbappé et Haaland intouchables, Kane s'est imposé comme une évidence. Qu'importe qu'il ait 30 ans, que le Bayern ne rentrera jamais dans ses frais pour une éventuelle revente. Les Allemands ne réfléchissent pas ainsi. Ils voulaient un attaquant référence pour compléter leur onze. Ils ne pouvaient pas espérer mieux.

Kane, premier déracinement à 30 ans

Une famille composée essentiellement de supporters des Spurs, une enfance à quelques encablures de White Hart Lane, Teddy Sherigham et Jermain Defoe comme idoles de jeunesse, et un début d'aventure dès l'âge de 11 ans à l'Academy : Kane est un pur produit de Tottenham. Si sa carrière a débuté par des prêts inefficaces, il reste l'homme d'un seul et même club. Et sans doute même le plus grand joueur de l'histoire de Tottenham. A 30 ans, il a pourtant choisi une autre voie. Loin de Londres, loin de la Grande-Bretagne.
Parce qu'en dix ans à Tottenham, son palmarès reste désespérément vierge. Harry Kane est aujourd'hui le plus grand joueur de l'histoire à n'avoir jamais gagné la moindre compétition. Un paradoxe qui l'a sans doute poussé à se déraciner cet été après plusieurs hésitations et une cour assidue de Manchester United depuis des années.
"Dire qu'il va terminer sa carrière là-bas et jouer pour ce type de performance… Je ne comprends tout simplement pas. Il doit aller là où il pense qu'il peut gagner des trophées", l'a exhorté Rio Ferdinand, après une énième élimination des Spurs en C1 en mars. Même son de cloche chez Thierry Henry : "Il doit partir. Si j'étais lui, je ne pourrais pas dormir la nuit si, à la fin de ma carrière, je ne pouvais mettre en avant que mes buts." Kane a fini par les écouter.

Un Anglais loin de son île

Ils sont extrêmement rares, les joueurs anglais de ce niveau qui choisissent l'exil plutôt qu'un nouveau challenge en Premier League. Après tout, pourquoi quitter le championnat le plus puissant du monde ? Steven Gerrard, Frank Lampard, Alan Shearer, John Terry, Rio Ferdinand, Wayne Rooney : au sommet de leur carrière, les légendes contemporaines de la Perfide Albion ont toujours monnayé leur talent en Grande-Bretagne. L'Anglais s'exile très rarement et il faut remonter à David Beckham au Real il y a 20 ans pour retrouver un compatriote de la stature de Kane et au sommet de sa gloire dans un championnat étranger. Voir le capitaine des Three Lions quitter son île, c’est une petite révolution à l’échelle du foot anglais.
picture

David Beckham au Real Madrid

Crédit: Getty Images

Tottenham lâche enfin

Depuis 2018, à chaque été, le départ d'Harry Kane est envisagé avec quelques excès de fièvre en 2020 (vers Manchester United) et 2021 (vers Manchester City). Des négociations à n'en plus finir, un bras de fer avec quelques entraînements séchés par la star des Spurs mais un Daniel Levy qui arrivait toujours à ses fins. Négociateur intransigeant, le président/directeur sportif de Tottenham arrivait toujours à conserver le joyau de la couronne une année de plus.
Cette fois, Tottenham a fini par lâcher. D'abord parce que le Bayern y a mis le prix, ensuite parce que le départ de Kane ne renforce pas un concurrent de Premier League. Dix ans après le départ spectaculaire de Gareth Bale au Real Madrid, Tottenham se résout de nouveau à laisser partir son meilleur joueur.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité