Coupe du monde des clubs, PSG - Real Madrid : Pourquoi Achraf Hakimi doit gagner le Ballon d’Or 2025
Par Maxime Dupuis
Mis à jour 09/07/2025 à 11:11 GMT+2
Il n’est pas cité comme favori à la récompense suprême, mais Achraf Hakimi ferait un magnifique Ballon d’Or 2025. Pour sa saison, ses stats individuelles, ses accomplissements collectifs et sa réinvention du poste de latéral, le Parisien mériterait mieux qu’un accessit. Et cela permettrait de poursuivre l’ouverture de la récompense à d’autres profils moins attendus mais tout aussi méritants.
Achraf Hakimi, le Ballon d'Or au bout des doigts ?
Crédit: Quentin Guichard
Cette fois, le Real Madrid ne pourra pas faire mine de s’offusquer quand viendra l’heure du résultat. Quoi qu’il advienne mercredi, que le club aux 15 C1 passe l’obstacle PSG ou non, cela ne changera en rien l’issue de l’élection du Ballon d’Or 2025. Parce que le principal candidat de la Maison Blanche, Kylian Mbappé, diminué par une gastro en début de compétition, n’a pas suffisamment joué pour infléchir la tendance, défavorable au Real et à son "Pichichi" depuis de longs mois.
D’ailleurs, même si le Français avait brillé sur les terrains étatsuniens, il n’est pas acquis que la Coupe du monde des clubs et son intérêt relatif auraient modifié la position des électeurs quant à l’identité du futur lauréat.
Depuis le printemps, la course au prestigieux trophée individuel se résume médiatiquement à deux joueurs : Ousmane Dembelé, porté par une explosion statistique hivernale inattendue autant que par le triomphe du PSG, et Lamine Yamal (FC Barcelone), dont la précocité n’a d’égale que son talent et ses coups d’éclats ballon au pied.
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Le Ballon d'Or peut-il échapper à Dembélé ?
Video credit: Eurosport
La logique et les habitudes du Ballon d’Or poussent fort dans le dos de ces deux individualités. Le premier, parce qu’il a brillé, tout gagné et que c’est un double argument qui a longtemps et lourdement pesé dans l’attribution de la récompense. Le second, parce qu’il est spectaculaire quand ça compte et peut être considéré comme le meilleur du monde, actuellement. Le type d’arguments qui, depuis la décennie 2010, suffit à faire de vous une tête couronnée.
Si l’on élargit le spectre des candidats et/ou que l’on voit plus loin que le bout de son nez, il se trouve qu’un autre nom sort naturellement du lot, même s’il a le défaut de n’être poussé par aucune campagne de lobbying. Il s’agit d’Achraf Hakimi.
Real politik
Si le PSG a décidé de se ranger derrière Ousmane Dembelé, sans trop en faire ni tomber dans la caricature d’un campagne marketing trop grossière, c’est probablement parce que l’international français, de par ses statistiques et son profil, répond le mieux au portrait-robot d’un Ballon d’Or en puissance. De la real politik à la sauce ballon rond, en quelque sorte. Ce qui n’interdit pas de regretter le relatif silence autour du cas Hakimi, dont le principal point faible est d’être défenseur. Tout au moins sur le papier. Parce que sur le terrain, c’est une autre paire de manches.
On ne va pas vous gaver de statistiques mais juste rappeler que le Marocain, arrière latéral droit de son état, a inscrit 15 buts et délivré 15 passes décisives toutes compétitions confondues depuis le début de cette interminable saison. Le bilan de l’ancien joueur de Dortmund, couplé à sa folle régularité au plus haut niveau tout au long de l'exercice, devrait suffire à faire de lui un candidat extrêmement sérieux.
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Hakimi à la fête lors de Seattle Sounders-PSG
Crédit: Getty Images
Evidemment, avoir marqué en quart de finale retour de la Ligue des champions, à Aston Villa, ainsi qu’en demie retour, face à Arsenal, et ouvert le score en finale face à l’Inter ne peut ternir le tableau. Le défenseur du PSG a été décisif quand ça comptait. Comme un attaquant.
Au-delà des chiffres, il y a ce qu’on l'a vu réussir sur les terrains et ce qu'il est en train de faire de son poste. Durant les années 90, on a connu une génération d’arrières latéraux, brésiliens bien souvent, qui a participé à une modernisation du poste. De Jorginho à Cafu, en passant par Roberto Carlos, ceux-ci avaient spectaculairement transformé les défenseurs de couloir en ailiers à mi-temps (voire un peu plus que ça).
Hakimi, lui, voit plus large que son couloir. L’international marocain est un joueur infatigable dont la heat map ne suit pas la rectitude de la craie et réchauffe plus que son aile. Le feu d’Hakimi prend aussi dans l’axe, et notamment dans la surface de réparation adverse. Son but de renard en finale de Ligue des champions en est la preuve la plus aboutie.
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Hakimi n'a pas célébré son but en finale face à l'Inter
Crédit: Getty Images
Si l’on a déjà vu des latéraux se recentrer dans le jeu ces dernières années, c’était à la suite d'injonctions managériales (Guardiola avec Joao Cancelo à City) ou de repositionnements (type Kimmich, et Pep était encore dans le coin). Achraf Hakimi est un cas à part. C’est un latéral pour qui le dépassement de fonction est un art naturel, une raison d’être et une manière de réinventer le poste. Il ne se projette pas que vers l’avant, mais dans la diagonale et ça change tout.
Une réhabilitation du Ballon d’Or ?
En 2024, le quorum des votants avait eu l’audace d’élire Rodri (Manchester City) au nez et à la barbe de Vinicius (Real Madrid), ainsi de sacrer pour la première fois de l’histoire un milieu de terrain défensif. En 2025, il ne serait pas aberrant d’espérer voir le club des 100 votants pousser la candidature d’Hakimi.
Si le Ballon d’Or n’aime guère les défenseurs puisque seuls Franz Beckenbauer (1972, 1976) Matthias Sammer (1996) et Fabio Cannavaro (2006) ont été sacrés en évoluant au cœur de la défense, il apprécie encore moins les latéraux parce que rares sont ceux à avoir flirté avec la victoire finale. Au XXIe siècle, la short list est vraiment short : Roberto Carlos, deuxième en 2002, est l’unique latéral à s’être sérieusement approché de la récompense.
Un an après avoir osé Rodri, le choix d’Hakimi, dont la candidature n’a aucun point faible (sinon celui d’être défenseur) et des pelletés de qualités, serait un gage de plus vers une réhabilitation du Ballon d’Or après la décennie 2010 qui avait transformé le scrutin en grossier concours de beauté entre Messi et Ronaldo. Plus globalement, le football ne se porterait pas plus mal de voir l’un de ses plus brillants représentants décrocher la timbale en la personne d’Hakimi, latéral total.
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