Euro Espoirs : Les Bleuets vont mieux, mais ce n’est pas encore la folie

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EURO ESPOIRS - En se reprenant face à la Russie (2-0) après sa défaite inaugurale, l’équipe de France Espoirs s’est rassurée sur le plan comptable, et s’est replacée dans la course aux quarts de finale. Dans la manière, ce n’est pourtant pas encore ce qui pourrait être attendu d’un effectif avec tant de talent sur le papier. Décryptage de ce qui va mieux, et de ce qui doit encore être amélioré.

Les Bleuets vont mieux, mais n'ont aucune marge d'erreur (Euro Espoirs/ France)

Crédit: Getty Images

Ce fut un grand "ouf", avant tout. Quand au coup de sifflet final de leur rencontre face à la Russie (2-0), les Bleuets ont su qu’ils étaient de nouveau dans le coup, le soulagement était de taille. L’apaisement également, après la crainte de voir ce vivier de talents si dense ne pas se qualifier pour les quarts de finale d’un Euro qui lui échappe depuis 1988. Mais si les jeunes Français sont en passe de valider leur billet pour la phase finale contre l’Islande, ils savent qu’ils n’ont aucune marge et que beaucoup d’éléments sont encore à peaufiner.

Ce qui va mieux

C’est ce qu’a souligné Sylvain Ripoll en premier dans ses déclarations d’après-match : "On a retrouvé l'état d'esprit qui doit nous animer. On met de l'intensité dans les courses, dans le cadrage du porteur, dans les projections... Et bien sûr, tout est plus simple". Le sélectionneur des Espoirs peut en effet se satisfaire du comportement de ses joueurs, apparus bien plus impliqués et travailleurs que lors de leur entrée en lice, où la nonchalance était davantage de sortie. Si la maîtrise technique n’est pas encore à 100% au rendez-vous, l’état d’esprit y est, lui.
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Pourquoi il faut (vraiment) y croire pour les Bleuets

Video credit: Eurosport

C’est avant tout ce qui a changé entre les deux rencontres. Le trio entier du milieu de terrain face au Danemark Kamara-Guendouzi-Camavinga a laissé sa place à un trident Soumaré-Tchouaméni-Ikoné, faisant évoluer les Bleuets dans un 4-2-3-1 qui leur a permis d’être relativement plus dangereux. La position plus haute de Jonathan Ikoné comme meneur de jeu a offert plus de solutions offensives et le duo de milieux défensifs à la récupération a été très solide, notamment grâce au Monégasque, toujours aussi impressionnant en 2021. Sa capacité à avoir des solutions de rechange de très haut niveau est aussi une des forces de cet effectif, et il l’a prouvé.
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Jonathan Ikoné (France), face à la Russie, lors de l'Euro U21

Crédit: Getty Images

C’est une situation assez particulière, mais pas inconnue pour ce groupe : les Bleuets ont eu deux penalties à tirer dans la même rencontre. Ça avait déjà été le cas lors du précédent Euro en 2019 face à l’Angleterre, mais ni Moussa Dembélé ni Houssem Aouar n’étaient parvenus à transformer leurs tentatives. Cette fois-ci, Odsonne Edouard n’a pas tremblé, de même que Jonathan Ikoné, qui a même poussé l’audace jusqu’à tenter et réussir une panenka. Dans une compétition internationale, les coups de pieds à 9 mètres sont primordiaux. Et ce n’est pas Antoine Griezmann et ses trois penalties transformés en 2018 qui vous dira le contraire.

Ce qu’il reste à améliorer

Et c’est sûrement le gros point noir de cette équipe de France sur les deux premiers matches. Le sentiment d’une domination globale, sans qu’il n’y ait à aucun moment un véritable danger mis sur l’adversaire. Dominants dans la possession lors des deux rencontres (65% puis 55%), les joueurs de Ripoll manquent de folie, de liant et de créativité offensive pour dynamiter les défenses qui, sûrement à raison, attendent l’armada offensive menaçante des Bleuets avec des blocs bas et regroupés. Mis à part sur deux séquences après une récupération haute, et par des légères accélérations d’Amine Gouiri, les Espoirs ne sont pas dangereux dans le jeu. Plus menaçants sur corner et sur coups de pied arrêtés (2 buts, 2 penalties), les Bleuets doivent trouver une cohésion et une justesse sur attaque placée pour s’éviter des matches fermés et qui tournent facilement au piège. Les fautes adverses dans la surface ne pourront pas les sauver indéfiniment.
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Les quarts de finale restent en ligne de mire pour les Bleuets

Crédit: Getty Images

Ce n’est pas à l’encontre de l’état d’esprit, mais les Bleuets ont eu deux sautes de concentration lors des deux premiers matches, dont une a coûté très cher. Face au Danemark, les Bleuets ont payé cash leur seule erreur défensive de la rencontre après une mésentente entre Badiashile et Alban Lafont. Face aux Russes, les Bleuets ont failli répéter le scénario, en subissant une énorme occasion dès la 4e minute de jeu à la suite d’une série de boulettes défensives. Avec un avertissement sans frais cette fois-ci. Forcément, quand on est amené à affronter des adversaires à qui on ne concède pas grand-chose, la perte de concentration peut arriver. Mais c’est aux Bleuets de montrer qu’ils ont le sérieux pour ne plus reproduire ce genre d’erreurs. Ils n’ont pas la marge dans ce tournoi pour se le permettre.
C’est difficile de mettre la faute sur les remplaçants, mais force est de constater que les changements en cours de match opérés par Sylvain Ripoll n’ont jusque-là pas eu d’effet. Alors qu’on pourrait espérer des entrants d’un groupe si talentueux de se battre pour leur place et d’apporter toute leur énergie, on a davantage eu le sentiment dans ces deux premières rencontres que les joueurs ‘frais’ entraient déjà fatigués sur le terrain. En particulier pour les joueurs offensifs de second choix comme Kolo Muani, Claude-Maurice ou Laurienté, les dizaines de minutes dont ils peuvent bénéficier doivent être mieux utilisées. Dans un match comme contre le Danemark, pour dynamiter une attaque morose et revenir au score, et dans une rencontre comme celle face à la Russie, pour aggraver le score et respirer sereinement. Jusque-là, ils n’ont apporté aucun des deux.
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Koundé, Camavinga, Gouiri... votre onze type des Bleuets

Video credit: Eurosport

Que ce soit sur l’aspect physique, et sur le manque de cohésion, les Bleuets ne doivent légitimement pas être accablés. Le dispositif si particulier de cette compétition, le manque de temps de préparation et l'enchaînement très intense des matches peuvent expliquer tout cela, bien entendu. Mais ces éléments sont les mêmes pour toutes les nations, et les espoirs mis dans ce groupe peuvent créer d’autant plus de frustration pour les observateurs. Avant l’Islande, et après son succès indispensable dimanche dernier, les Bleuets ont entamé leur redressement. Il faut espérer qu’il se poursuive, et qu’il n’aboutisse pas à une rechute. Même si ce n’est pas parfait, seule la qualification compte au final.
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