C'est toujours le grand flou à Barcelone. Même si on y voit légèrement plus clair. Et ce n'est pas seulement lié à la longue blessure de Luis Suarez. La gestion du poste d'entraîneur ces derniers jours sème le doute. Comme un symbole d'un club qui se cherche, le board catalan a géré ce dossier crucial de manière aussi surprenante que déroutante. Aujourd'hui, il n'est ainsi pas évident de voir quelle direction les Blaugrana vont prendre malgré l’arrivée de Quique Setién. Et quelles conséquences cette période agitée va avoir sur la suite de la saison barcelonaise.
Ebranlé par les déconvenues des dernières saisons en Ligue des champions (Roma en 2018, Liverpool en 2019), déboussolé par la perte de son identité de jeu et toujours à la recherche de successeurs à ses idoles passées, le FC Barcelone navigue à vue. Cette crise sur son banc ne fait ainsi que mettre un peu plus en lumière ses atermoiements, qui ne se limitent pas au terrain.
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Gestion calamiteuse

Dans cette période de doute, un constat ne fait plus débat : Ernesto Valverde n'était plus l'homme de la situation. La défaite en demi-finale de la Supercoupe d'Espagne face l'Atlético Madrid (3-2) n'a fait que confirmer une impression : avec lui, le Barça ne semblait pas avoir les moyens d'aller chercher cette Ligue des champions tant désirée qui échappe aux Barcelonais depuis 2015. Sur ce point, il y a un consensus.

Ernesto Valverde et Lionel Messi

Crédit: Getty Images

La façon de l'écarter en dit cependant long sur l’état du club. Car elle laisse à désirer. "C'est un peu moche", a critiqué Iniesta. Il est vrai qu'on n'était pas habitué à voir le Barça lâcher un de ses techniciens comme cela. On parle quand même d'un club qui n'avait pas licencié un entraîneur en cours de saison depuis 2003. Alors bien sûr, il fallait sûrement faire quelque chose. Histoire de provoquer un électrochoc avant le retour de la Ligue des champions. Mais le vrai problème, c'est la gestion de cet épisode.
Dans sa quête de renouveau pour retrouver son lustre d'antan, le FC Barcelone semble tâtonner. Là encore, ce n'est pas vraiment digne d'une institution comme celle du Barça. Le vaudeville Xavi en est le meilleur exemple. Tout le week-end, l'ancien cerveau du club blaugrana était ainsi en pole pour prendre la succession de Valverde. Finalement l'ex-capitaine blaugrana, champion du monde en 2010, d'Europe en 2008 et 2012 a repoussé dans l'immédiat la proposition de son ancienne maison. Même chose pour Ronald Koeman.

Rejet des idoles et élections en toile de fond

Ce rejet est un nouveau symbole de manque de vision ou de maîtrise de Josep Bartomeu et de la direction blaugrana, qui avaient déjà essuyé le refus de Carles Puyol pour le poste de manager général en septembre. Ernesto Valverde n'était en effet pas une solution d'avenir depuis longtemps déjà. S'il avait l'avantage de ne pas faire de vagues et de laisser tranquille certains leaders du vestiaire, l'ancien technicien de l'Athletic Bilbao ne pouvait pas s'inscrire sur la durée. Le président du Barça Josep Bartomeu et ses adjoints en avaient forcément conscience. Ils avaient même toutes les cartes en mains pour l'anticiper depuis de longs mois. Ils ne l'ont pas forcément fait de manière efficace. Et ont préféré attendre au lieu d’agir.
Alors que le club catalan est co-leader de la Liga et peut toujours rêver de C1, ce manque de vision plonge ainsi le Barça dans le doute. Pour cette saison déjà un Quique Setién à la réputation flatteuse mais au CV léger. Mais aussi pour la suite. Dans un an, il y a en effet les élections présidentielles du club. Et ces derniers jours pourraient laisser des traces. Surtout si les choix de Bartoméu continuent de ne pas payer.

Josep Maria Bartoméu

Crédit: Getty Images

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