Angers a vu le bout du tunnel face à Brest. En battant les hommes de Michel der Zakarian (1-0) le 20 mars dernier, le SCO a mis fin à une terrible série de sept défaites. La pire depuis sa remontée en Ligue 1 en 2015. Avant le match, Gérald Baticle a décidé de lancer Anthony Mandrea, pourtant troisième gardien dans la hiérarchie du club de l'Anjou au coup d'envoi du championnat. Mais les différentes péripéties des Blanc et Noir ont permis au portier de 25 ans de regoûter au parfum de l'élite... huit ans et demi après l'avoir connu sous les couleurs de Nice.
Arrivé à Angers en 2016, Anthony Mandrea est d'abord resté dans l'ombre de Ludovic Butelle, puis son horizon s'est encore plus assombri lorsque le SCO a dépensé 7 millions d'euros (record de l'histoire du club) pour attirer Paul Bernardoni à l'été 2020. C'est alors que le natif de Grasse est prêté à Cholet, le voisin du Maine-et-Loire. Coup gagnant : Anthony Mandrea réalise une saison pleine et revient à Angers auréolé du titre de meilleur gardien du National.
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C'est donc avec le statut de numéro 2 qu'il entame la saison 2021-22. Mais Anthony Mandrea ne convainc guère Gérald Baticle lors de la préparation estivale qui lui préfère Danijel Petkovic dans le rôle de doublure. Début novembre, le Monténégrin remplace Paul Bernardoni, victime d'une infection pulmonaire, et brille dans les buts angevins. "Quand Paul Bernardoni est revenu à la mi-décembre, le staff lui a fait comprendre qu'il n'allait pas revenir numéro un tout de suite, qu'il devait regagner sa place. Et lui n'a pas accepté cette situation-là, nous confie un proche du club. Dans sa tête, il était numéro un". L'opportunité d'être prêté à Saint-Etienne arrive en janvier pour Paul Bernardoni. Une nouvelle hiérarchie est alors établie dans les buts du SCO : Danijel Petkovic titulaire et Anthony Mandrea numéro deux.

Danijel Petkovic (Angers) auteur de deux grosses erreurs face à Lens.

Crédit: Imago

Mais lors des déplacements à Marseille (2-5) et Nice (0-1) puis face à Lens (1-2) et Reims (0-1) à domicile, la responsabilité de l'ex-Lorientais est directement engagée sur cinq buts. Six points potentiels s'envolent pour Angers et la marge, pourtant très large en janvier, se réduit considérablement avec le barragiste (ndlr : 5 points avant la 30e journée). Après avoir maintenu Danijel Petkovic contre vents, marées et parfois moqueries du public de Raymond-Kopa, Gérald Baticle décide finalement d'accorder sa confiance à Anthony Mandrea contre Brest (1-0).
"C'est comme ça, c'est le sport, il faut savoir donner la chance au garçon qui est derrière et qui doit être prêt lui aussi", souligne Grégory Malicki, ex-gardien du SCO, aujourd'hui entraîneur au centre de formation de Niort. Et en effet, Anthony Mandrea n'a pas failli. Sur les rares interventions qu'il a eues à réaliser, l'ancien Choletais les a assurées avec sobriété et assurance. Un clean sheet qui devrait enfin lui permettre d'enchaîner à Lyon ce dimanche.
J'ai pris un peu la grosse tête et j'ai coulé à Nice
Car il fallait remonter à novembre 2013 pour retrouver la trace du dernier (mais aussi seul et unique) match d'Anthony Mandrea en L1. Face à Bordeaux, celui qui était alors 5e gardien du Gym avait profité d'une cascade d'absences et de la blessure de David Ospina pour entrer en jeu l'âge de 16 ans, 10 mois et 9 jours, devenant à l'époque le plus jeune portier de l'histoire à jouer dans l'élite et détronant le record de Mickaël Landreau (ndlr : Alban Lafont le battra en 2015, en jouant avec Toulouse à 16 ans et 10 mois). Un épisode sans lendemain donc. "J'ai pris un peu la grosse tête et j'ai coulé à Nice", dira-t-il quatre ans plus tard à Ouest-France.
Pourtant, Anthony Mandrea a laissé de bons souvenirs du côté du club azuréen. "Que ce soit lui ou Neal Maupay par exemple, j'étais agréablement surpris par les jeunes joueurs niçois de l'époque, nous confie Romain Genevois, l'ex-défenseur du Gym. On pouvait facilement imaginer leur réussite dans le monde professionnel même si on sait que plein de facteurs comptent pour percer dans le football. Anthony, je le trouvais talentueux et avec une bonne mentalité. C'était un bon gardien, vif et mature pour son âge. Quand il était dans le but, on ne se sentait pas pénalisé même s'il avait 16 ans. Je me souviens que les entraîneurs des jeunes en disaient beaucoup de bien."

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Trois ans après son baptême du feu en L1, le jeune portier débarque dans l'Anjou. "A l'époque, on cherchait un gardien pour être numéro 3, nous rappelle Stéphane Moulin, ex-entraîneur d'Angers. C'était un garçon qui avait déjà montré des choses dans sa jeune carrière. On pensait qu'avec le travail, on pouvait en faire un numéro 2 et c'est pour ça qu'on l'a prêté à Cholet afin qu'il s'aguerrisse."
L'actuel technicien du Stade Malherbe Caen, qui le qualifie "d'homme discret mais avec du caractère", lui décèle de nombreuses qualités même s'il doit faire face à la concurrence. "C'est un garçon très souple, agile, bon sur sa ligne et doté de bons réflexes. Je trouvais que son jeu aux pieds était tout à fait correct et qu'il était capable d'être décisif. Mais il n'a pas eu l'opportunité de jouer à l'époque où j'entraînais Angers car j'estimais que Paul Bernardoni et Ludovic Butelle étaient supérieurs, renchérit Stéphane Moulin. Parfois, il pouvait avoir des sautes de concentration du fait qu'il restait un jeune gardien par l'âge et l'expérience."
Désormais lancé, Anthony Mandrea peut-il durer en Ligue 1 ? "Je le pense au regard de ses qualités techniques individuelles", répond son ex-entraîneur au SCO. "Dans le foot, il faut compter sur le facteur chance. Pour les gardiens, ça peut prendre plus de temps afin de se faire une place, souligne Romain Genevois. Vous pouvez être performant mais il faut aussi qu'il y ait le besoin à l'instant T. Il faut que les planètes soient alignées. Si aujourd'hui, il est de retour en Ligue 1 c'est qu'il a beaucoup travaillé." Pour résumer la trajectoire d'Anthony Mandrea, qui est cependant en fin de contrat en juin, Stéphane Moulin a trouvé la bonne formule : "Elle fait partie des belles histoires du foot".
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