Thierry Henry a pourtant fait de son mieux. Assis depuis des plombes au bord du terrain à attendre un OL-OM dont on savait depuis au moins aussi longtemps qu’il n’aurait plus lieu, l’ancien international français, aujourd’hui consultant pour Prime Video, s’est montré à la fois magnanime et altruiste.
Henry, dont la moue dubitative a été immortalisée sur Twitter quand il écoutait les explications/justifications de Jean-Michel Aulas, a fait tout le travail pour faire briller le président de l’OL au terme d’une soirée qui avait déjà trop duré. Il l'a relancé, lui a donné une seconde chance de préciser sa pensée. Mais “Titi” a eu beau avoir dribblé le gardien et servi JMA sur un plateau, ce dernier a tout de même trouvé le moyen de tirer à côté. Y a des soirées comme ça...
Ligue 1
Le soir où la Ligue 1 a touché le fond, et pour de bon
21/11/2021 À 23:39
On ne reviendra pas sur la partie de ping pong, interminable, et dont on reparlera beaucoup ces prochains jours, qui s’est jouée entre la Ligue, les pouvoirs publics et Ruddy Buquet. On arrête le match, on n'arrête pas ? On arrête, on n’arrête pas ? Qui décide ? Toi, moi, lui, personne ? Tout le monde s’est renvoyé la balle comme on se balance une patate chaude.

"Violence"

Hier, Jean-Michel Aulas n’était pas décisionnaire en la matière. Mais il n’en reste pas moins qu’il a eu le tort de ne pas saisir la balle au bond. Parce que le président de l’Olympique Lyonnais, premier à venir s’exprimer devant les caméras du diffuseur d’un Championnat de France saucissonné comme jamais par les bas du front depuis le début de saison, n’a malheureusement pas tiré la soirée vers le haut. C’était pourtant le moment ou jamais.
Malheureusement, ce que l’on retient de l’intervention du président Aulas, c’est qu’il a utilisé les expressions "réaction violente" ou "mouvement de violence" quand il a été question des Marseillais et de leur refus de revenir sur le terrain alors que Dimitri Payet avait reçu une bouteille d’eau bouchonnée en plein visage, de la part d’un type dont on espère qu’il ne remettra plus jamais les pieds dans une tribune, à Lyon ou ailleurs. Le débordement en question ? "Un acte isolé", rien de plus. Rien à voir avec l’institution. Passez votre chemin.

Quelles sanctions après OL-OM ? "Cette fois, la Ligue n'a pas le droit de se tromper"

Tout le monde a un immense respect pour Jean-Michel Aulas, possiblement le plus grand président de l’histoire du football français, depuis bientôt 35 ans en poste et indéboulonnable à la tête d’un club dont il a changé la dimension. Mais d’un tel personnage, on attendait plus, on espérait mieux. On imaginait une prise de hauteur, qui n’aurait fait de mal à personne un soir où la Ligue 1 a touché le fond. Pour de bon, on espère. Parce qu’à force de creuser semaine après semaine, on va finir par trouver du pétrole.
On passe, aussi, sur les considérations quant à l’état physique et psychologique de Dimitri Payet, "plus de peur que de mal" selon JMA qui a cité le corps médical et en a remis une couche en conférence de presse, où il a présenté "ses excuses à Dimitri Payet qui a pris une bouteille sur la tête et qui a été choqué au moins psychologiquement". Il aurait voulu minimiser l’incident qu’il ne s’y serait pas pris autrement.
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Là où l’on aurait aimé plus de clarté, de clairvoyance, c’est sur l’arrêt des débats qu’il a plus subi qu’autre chose. Parce qu’il a louvoyé tout au long de ses interventions sur le sujet, sans jamais dire qu’il était à 200% pour. Avec, en point d’orgue, cette déclaration quelque peu lunaire et qui ne pouvait convaincre personne : “Il n'y avait aucun risque de nouveaux jets de projectiles, avec des protections mises en place, et l'auteur a été appréhendé”.

Aulas et le retrait de points

Au fond, et malgré le marasme dans le lequel est plongé le football français depuis l’abandon des droits par Mediapro, le président de l’OL est resté sur son vieux logiciel, celui qui le poussait à traiter Labrune de "guignol" un soir où le président de l’OM d’alors n’avait d'ailleurs guère brillé par sa clairvoyance. Aulas défend sa chapelle. Et ses intérêts. Jamais plus. On en avait d’ailleurs eu plus qu’un aperçu au début de la crise du Covid quand la Ligue 1 avait été arrêtée.
Un soir où il avait une chance de se hisser au-dessus de la mêlée, Jean-Michel Aulas est resté le président de l’OL que l’on connaît, dont la défense du clocher est un art éprouvé. Où était passé, hier soir, le JMA qui donnait la leçon et réclamait un retrait de point après les déjà graves incidents de Nice - OM ? On cite le principal intéressé : "Je fais partie des gens qui pensent que la seule sanction possible pour freiner cet état de fait, que ce soit au niveau des joueurs, des dirigeants, des supporters, c'est la pénalité en points. C'est la seule qui fait vraiment peur. (...) C'est indubitablement la seule solution pour freiner les ardeurs intempestives des joueurs, entraîneurs ou certains supporters. Il faut avoir le courage de le faire". Dimanche, Jean-Michel Aulas n’a même pas eu le courage de le dire. Dommage. L'occasion était unique.
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