Commencer un article en donnant une réponse définitive n'est pas la meilleure manière de donner aux lecteurs d'aller plus loin. C'est même terriblement contre-productif. Il n'empêche : à la question que vous avez découverte en arrivant sur Eurosport.fr et qui vous a donné envie de cliquer pour arriver ici-même, il ne me semble pas nécessaire de tourner autour du pot durant 107 ans.
La réponse est simple : oui, on - les tribunes du Parc des Princes en l'occurrence - a le droit de siffler Lionel Messi. Ça s'appelle la liberté, purement et simplement. Encourager ou désapprouver sont les deux mamelles du supportérisme, qui n’est pas destiné à se limiter à l’une, celle qui arrange les acteurs du terrain et ceux de la communication. On peut aussi marquer sa désapprobation sans l’insulte, soit dit en passant. Dans un monde idéal, ce serait même mieux ainsi.
Ligue 1
Mbappé, Messi, Di Maria et compagnie à l'entraînement
20/05/2022 À 13:48
Dimanche, au cœur d'un morne après-midi, le Parc des Princes avait décidé d'opter pour l'indifférence, la majeure partie du temps. Les rouleaux de papier toilette n'ayant pas passé l'obstacle de la palpation, les virages se sont contentés de suivre le match sans passion. Sauf quand deux des acteurs principaux du club avaient le ballon entre les pieds, Neymar et Messi.
Le cas du Brésilien est à décorréler de celui du numéro 30 argentin, ne serait-ce que parce qu'il est au PSG depuis août 2017 et qu'il n'a pas offert à Paris et ses supporters un investissement personnel et professionnel à la hauteur de l'investissement financier consenti par le club de la capitale pour l'attirer dans ses filets. Cette saison, la grosse goutte d'eau a fini par faire déborder un vase déjà rempli.

Leonardo et Al-Khelaïfi dépassés ? "Tant que le PSG se construira sur les caprices de Doha…"

Ici, le cœur du sujet s'appelle Lionel Messi et c'est le cas du septuple Ballon d'Or qui a ému bon nombre d'acteurs ou d'observateurs, comme Johan Micoud ou Gary Lineker, sur les réseaux sociaux et ailleurs. Parce qu'il est Messi. Parce qu'il est le meilleur joueur du XXIe siècle. Parce qu'il est l'un des meilleurs footballeurs de tous les temps.

Messi, le symbole et le levier

Ceux-ci jugent, en substance, que Lionel Messi ne devrait pas être sifflé, parce qu'il est Lionel Messi justement. Or, la question essentielle n'est pas tant de se demander si l'ancien Barcelonais n'a pas à être conspué mais de se demander s'il l'a mérité, non pas au regard de son immense carrière mais de ses performances au PSG, les seules qui comptent aux yeux des supporters parisiens. Et, surtout, d'essayer de comprendre pourquoi les tribunes du Parc des Princes s'en sont pris à lui.
Plus qu'au joueur Messi, les supporters frondeurs se sont surtout attaqués au symbole et, en filigrane, à Nasser Al-Khelaïfi et Leonardo. S'en prendre à Messi, c'est avant tout envoyer un message fort à la direction du PSG et même à Doha qui, attaché à l'image du club au moins autant qu'à ses résultats, n'a sans doute pas goûté aux événements du Parc, dimanche. Devenir le club qui s'est offert Messi pour qu'il soit sifflé sept mois après n'est sans doute pas un titre de gloire auquel aspirait le Qatar avec son slogan "Dream Bigger".
Depuis des semaines, le CUP (Collectif Ultras Paris) rappelle que ce qu'est devenu leur club, une machine marketée dont la politique sportive se résume à empiler des stars, ne leur sied guère. Or, les événements de Madrid leur ont donné raison dans des proportions spectaculaires. Dimanche, la désertion du Parc des Princes aurait pu être un levier d'action. Pas le bon. La nature n'aimant pas le vide, leur silence aurait laissé la voix aux spectateurs que l'on qualifiera ici de "neutres" ou occasionnels.
En sifflant Messi qui, il faut le dire, n'a pas été le pire Parisien à Madrid mais qui, depuis le début de saison, mérite plus de goudron que de plumes, les tribunes du Parc ont mis le PSG devant le fait accompli et au pied de ses contradictions. Jusqu'ici, la saison de l'Argentin (7 buts, dont 2 en Ligue 1) symbolise l'échec de la politique sportive du Paris Saint-Germain, alors que Kylian Mbappé est sur le pas de la porte avec ses valises.
Pourquoi Messi est-il venu à Paris ? Parce que le PSG était le seul club à pouvoir l'accueillir. L'autre, Manchester City, a passé son tour. Et, pourtant, on ne peut pas accuser Pep Guardiola de ne pas aimer la Pulga. A l'arrivée, c’est l'occasion qui a fait le larron, une fois encore. Comme pour Sergio Ramos. Comme pour Gianluigi Donnarumma. Comme pour tant d'autres. Dimanche, en sifflant le joyau Messi, les tribunes ont simplement tapé Doha là où ça fait mal.
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