Quasi-condamné en avril, le FC Metz est toujours en vie. Avant la 38e et dernière journée de la saison 2021-22 samedi, les hommes de Frédéric Antonetti sont en position de barragiste (18e), à égalité de points avec le dix-neuvième, Saint-Etienne (31 unités), mais comptent une meilleure différence de buts (-29 contre -35). Pour éviter une relégation directe, trois ans après leur titre de champion de L2, les Messins devront se frotter au PSG sur la pelouse du Parc des Princes et espérer un résultat défavorable de l'ASSE à Nantes, en cas de match nul. Un défi extrêmement difficile. Mais pas impossible.
"Metz reste sur deux victoires consécutives, cela va les aider, nous confie Ronny Rodelin, l'actuel attaquant du Servette Genève et habitué des luttes pour le maintien en L1 lorsqu'il évoluait à Caen puis Guingamp. Connaissant Frédéric Antonetti, il va se battre jusqu'au bout. Sur un match, tout est vraiment possible." "Caen l'a déjà fait deux fois", rappelle Romain Genevois, l'ancien défenseur malherbiste.
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Flashback en mai 2017. Caen, dix-septième, joue sa place en L1 sur la pelouse du PSG, second derrière Monaco et encore traumatisé par la remontada de Barcelone, alors que Lorient, dix-huitième avec un point de retard, reçoit Bordeaux. "On savait que ça allait être compliqué mais on avait notre destin en main, souligne Romain Genevois. Dans ces cas-là, il ne faut pas trop compter sur les autres résultats." Et pourtant, le club normand affronte la grande équipe de Paris, qui lui a infligé un cinglant 6-0 à l'aller.
Parfois, ils jouaient à la baballe
Marquinhos, Presnel Kimpembe, Thiago Motta, Adrien Rabiot, Lucas Moura, Angel Di Maria et Edinson Cavani, auteur de 35 buts en championnat (ndlr : 49 réalisations toutes compétitions confondues) et sacré meilleur joueur lors des trophées UNFP 2017, sont dans le onze de départ. Sans oublier Blaise Matuidi et Javier Pastore ("un joueur impressionnant avec ses passes du futur" dixit Romain Genevois) entrés en cours de rencontre. "Pour Paris, la saison était déjà jouée, se souvient Ronny Rodelin. Mais ils avaient envie de finir de la meilleure des façons."
Et pour cause : le PSG démarre fort et Adrien Rabiot ouvre le score dès la treizième minute. En seconde période, les vagues se succèdent encore sur le but de Rémy Vercoutre. Syam Ben Youssef sauve un lob d'Edinson Cavani sur la ligne et Romain Genevois écarte un ballon chaud quelques minutes plus tard. "Si on prend un deuxième but, c'est fini", reconnaît l'ancien défenseur international haïtien, aligné au cœur d'une défense à cinq ce soir-là.

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A 20 minutes du terme de la 38e journée, Vincent Le Goff offre l'égalisation à Lorient face à Bordeaux (1-1). Caen se retrouve barragiste. "Quand on l'apprend, on se dit qu'on doit absolument marquer. Sur le terrain, je n'ai pas le souvenir d'une baisse d'intensité du PSG à ce moment-là. Nous, on essaie donc de construire notre jeu au maximum et on garde notre sang froid. Le fait d'y croire jusqu'au bout nous a vraiment aidés", raconte Ronny Rodelin, héros de cette fin de match.
Pas perturbé, et même "libéré", après son penalty raté à la 76e, l'attaquant offre le maintien à Caen au bout du temps additionnel (1-1). "Les Parisiens ne jouaient pas le match de leur saison, ils n'avaient plus rien à espérer. Mais nous, on n'a pas lâché le steak, on était tellement déterminés et pourtant l'arbitre nous a même refusé un but", confie Emmanuel Imorou, qui a vécu, au Parc des Princes, "l'un des meilleurs moments" de sa carrière.

Rodelin face à Trapp

Crédit: Getty Images

Hasard du calendrier, le Stade Malherbe doit une nouvelle fois jouer sa place dans l'élite face au PSG lors de la 38e journée de la saison suivante. A un mois de la Coupe du monde en Russie, Unai Emery fait tourner. Neymar, sur le chemin du retour trois mois après sa blessure au pied droit, est ménagé. Kylian Mbappé n'est pas sur la feuille de match. Angel Di Maria et Thiago Silva sont sur le banc. Les jeunes Christopher Nkunku et Timothy Weah mènent l'attaque parisienne.

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"En première mi-temps, on a beaucoup subi, ça arrivait dans tous les sens", se remémore Ronny Rodelin. "On avait la sensation qu'ils avaient envie de plier le match d'entrée, corrobore Romain Genevois. Ça restait Paris, une équipe capable d'en mettre quatre même en marchant." Mais après la pause, Caen subit "moins de vagues". "En seconde période, je trouvais qu'on était un peu plus tranquilles. On sentait qu'ils n'avaient pas envie de prendre de mauvais coups. Parfois, ils jouaient à la baballe." Malherbe accroche un nouveau résultat nul contre Paris (0-0) et se sauve encore in-extremis (ndlr : devant Toulouse). Quatre ans plus tard, Metz signerait des deux mains pour un dénouement similaire.

Damien Da Silva et Romain Genevois après le maintien obtenu par Caen face au PSG en 2018.

Crédit: Getty Images

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