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Saint-Etienne-Lyon : Le derby vu par Lubomir Moravcik, l'ancienne gloire de l'ASSE
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Publié 02/10/2021 à 23:56 GMT+2
LIGUE 1 - Toujours très attaché à Saint-Etienne, un club dont il a fièrement porté les couleurs entre 1990 et 1996, Lubomir Moravcik (56 ans) est désormais conseiller régional en charge des sports à Nitra (Slovaquie). Avant ASSE-OL de ce dimanche, l'ex-idole de Geoffroy-Guichard est revenue sur ses souvenirs de derbies face au grand rival lyonnais, qui a tenté de le recruter en 1995.
Lubomir Moravcik, l'ex-idole de Geoffroy-Guichard.
Crédit: Imago
Lubomir Moravcik, vous avez signé à Saint-Etienne en 1990. Au bout de combien de temps le club vous a fait comprendre que le derby face à Lyon était très important ?
Lubomir Moravcik. : "J'ai compris tout de suite qu'il y avait une rivalité entre les deux villes, qui sont éloignées d'une cinquantaine de kilomètres. Les matches contre le PSG et l'OM étaient également une référence à l'époque, le stade était toujours rempli. A l'époque, Saint-Étienne était un plus grand club que l'OL. En plus, André Laurent, l'ex-président, avait de l'ambition et engagé beaucoup de joueurs en 1990 : Sylvain Kastendeuch, Jean-Pierre Cyprien, Jean-Claude Pagal ou Loïc Lambert. Depuis, les choses ont changé, surtout à partir du moment où Lyon a enchaîné ses sept titres de champion de France."
Quels souvenirs gardez-vous de votre premier derby face à l'OL ?
L.M. : "C'est trop loin, mais je me rappelle notamment de mon but à Lyon en mars 1991 (1-1). Je me suis retrouvé seul face à Gilles Rousset, le gardien lyonnais. Ce n'était pas un beau but mais il a beaucoup compté (rires). A chaque fois, l'ambiance était super. Nous, les joueurs, on sentait cette tension. Moi, j'aimais les matches avec cette intensité et à guichets fermés. Quand le derby arrivait, je me souviens que les gens en ville me répétaient : 'Il faut battre les Lyonnais'. Lyon est une plus grande ville que Saint-Étienne et c'était logique de vouloir les faire tomber."
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Video credit: Eurosport
Dans tous les derbies que vous avez joués, lequel vous a le plus marqué ?
L.M. : "Face à l'OL, on avait du mal à gagner. A l'époque, on enchaînait beaucoup de matches nuls. Donc le derby qui m'a marqué, c'est la victoire (3-0) à domicile en 1994 (ndlr : Doublé d'Etienne Mendy et un but de Pascal Despeyroux). Ça m'avait fait plaisir que Pascal marque car il n'avait pas l'habitude de trouver le chemin du but, c'était normal car il jouait numéro 6. Après ce succès, l'ASSE a mis 20 ans avant de battre de nouveau Lyon à Geoffroy-Guichard. Chaque année, les journaux locaux m'appelaient pour me dire que la dernière victoire datait de mon époque."
En face, il y avait de très bons joueurs lors de ces derbies : Pascal Olmeta, Bruno N'Gotty, Manuel Amoros, Eric Roy, etc... Quel joueur lyonnais vous a posé le plus de difficultés sur le terrain ?
L.M. : "Rémi Garde a longtemps joué à Lyon et c'était toujours lui qui tournait autour de moi. En plus, il a été le capitaine, donc le symbole de cette équipe lyonnaise. Il était chiant à jouer comme tous les numéros 6 que j'ai affrontés en France : Didier Deschamps à Marseille, Raphaël Guerreiro à Auxerre ou Benoît Cauet à Nantes."
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Lubomir Moravcik ici au duel avec l'ex-Parisien Julio Cesar Dely Valdes.
Crédit: Getty Images
Pensez-vous que le projet lyonnais a définitivement dépassé celui de Saint-Etienne lors de cette période ?
L.M. : "Les choses ont tourné vers 1995, quand l'OL a fini deuxième et nous à la limite de la relégation (ndlr : 18e). Marseille avait dû refaire une saison en D2 et on a été sauvé grâce à ça. A l'époque, le président Aulas était là et l'Olympique Lyonnais avait déjà des ambitions. A Saint-Etienne, André Laurent voulait faire la même chose. Mais après son départ en 1993, il y a eu une coupure. Malheureusement, les choses sont allées dans le mauvais sens. Puis il y a cette saison 1995/96 (ndlr : celle de la descente en D2), dont je ne suis pas fier. J'avais été suspendu lors des quatre derniers matches."
Outre votre but en 1991, y'a-t-il une autre action personnelle qui a marqué vos derbies Saint-Étienne-OL ?
L.M. : "Je ne sais pas pourquoi, mais je me rappelle que lors de la défaite à domicile en 1992 (1-2), j'avais tenté une volée extraordinaire. Mais Gilles Rousset avait réalisé un arrêt incroyable. Si Lyon a gagné ce jour-là, c'est grâce à lui. D'ailleurs, j'ai recroisé sa route plus tard en Ecosse, quand j'évoluais au Celtic Glasgow et lui à Heart of Midlothian. J'avais marqué cette fois-ci et on avait discuté après le match. Je lui avais dit : 'Tu vois, t'as fait un grand arrêt quand je jouais à Saint-Etienne et là je t'ai battu' (rires)".
Quel est, en revanche, votre pire souvenir de derby ?
L.M. : "Franchement, je n'en ai pas. Au contraire, j'ai toujours aimé ces matches, il y avait de la tension et plein de supporters motivés. Mais concernant Lyon, un souvenir particulier me revient : Bernard Lacombe m'avait appelé en 1995 pour me dire qu'il voulait me faire signer à Lyon. Je ne sais pas si Bernard s'en souvient, mais moi je m'en rappelle bien (rires). Quand tu es joueur et que tu vis une mauvaise saison sur le plan collectif, c'est valorisant de savoir que tu as toujours une belle cote. Mais moi, j'étais Stéphanois à 100%. A l'époque, il y avait aussi Metz qui voulait m'engager."
Enfin, quel regard portez-vous sur la rencontre de ce dimanche ?
L.M. : "Il y a deux semaines, j'étais à Saint-Etienne pour l'inauguration du centre de formation Robert-Herbin et les 90 ans du Stade Geoffroy-Guichard. J'ai été invité car je suis ambassadeur du club. Aujourd'hui, il y a des difficultés (ndlr : l'ASSE est 20e). Face à Lyon, ça ne sera pas facile. Il faut relever la tête et j'espère que les supporters vont pousser les joueurs pour qu'ils fassent le match qu'il faut. L'ASSE doit marquer des points le plus rapidement possible. J'aime beaucoup ce club et cette région. J'ai encore plein d'amis là-bas. Les premiers résultats que je regarde, ce sont ceux de Saint-Etienne, puis Bastia et le Celtic. J'aime ces trois clubs, mais Saint-Etienne est mon premier club étranger donc ça reste quelque chose de spécial pour moi. J'espère donc que les Verts feront au moins match nul pour repartir de l'avant.
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