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PSG - "C'est devenu Disneyland" : Le Parc des Princes est-il en train de mourir à petit feu ?
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Publié 30/04/2023 à 00:52 GMT+2
Ce dimanche, le PSG retrouve le Parc des Princes face à Lorient (17h05) pour la 33e journée. Ce sera sans le Virage Auteuil, fermé totalement pour ce match. L'ambiance sera-t-elle au rendez-vous ? Le doute est permis tant le Parc tend à perdre son identité passée. Entre les prix exorbitants, un afflux touristique toujours plus important et des directives surprenantes, l'enceinte n'a plus la cote.
L'intérieur du Parc des Princes
Crédit: Getty Images
Au moment de lire le mail, Benoît s'y est pris à deux fois. Membre d'une section française Fan Club du PSG, cet amoureux du club depuis la fin des années 90 a halluciné. En cause, un texte envoyé par le service communication du club à destination des présidents de ces associations, qui bénéficient de places spéciales dans la tribune Boulogne du Parc des Princes, pour rappeler les bonnes conduites à tenir. S'asseoir à son siège, rester assis, interdiction des drapeaux et demande de ne plus porter de T-shirt noir avec la mention "Ultras Paris".
"Il faut qu'ils se mettent à notre place : certains font 600 bornes pour voir un match de foot dans lequel on leur dit : tu n'as pas le droit d'être debout, pas le droit de chanter, de t'habiller comme tu veux, tu restes à la place où on t'a demandé d'être. Même au travail, on ne nous donne pas autant de règles", estime Benoît. La missive, relayée notamment par France Bleu Paris, a fait réagir mais le club est resté sur sa ligne : les Ultras, c'est à Auteuil.
Pourtant, aucun débordement n'a été constaté ces dernières semaines en tribune Boulogne. Simplement quelques tentatives de réchauffer une ambiance timide. "Effectivement, certains sont venus avec des drapeaux, ils voulaient mettre un peu d'ambiance. Mais je pense que ce n'est pas du tout la politique que veut mettre en place le PSG à l'heure actuelle, avance-t-il. En tribune Boulogne, on est juste à côté du parcage visiteur. Donc on passe le match à se faire chambrer par le parcage adverse. A un moment, tu veux répondre par des chants. C'est l'essence même du foot. Heureusement que les Lyonnais nous chambrent quand ils gagnent ici d'ailleurs. Mais les dirigeants ne veulent pas ça. Ils ne veulent pas qu'on bouge, qu’on chante. J'allais dire comme à l'anglaise mais même pas, pire qu'à l'anglaise".
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Le Collectif Ultras Parisiens
Crédit: Getty Images
Prix exorbitants
La tendance n'est pas nouvelle. Autrefois bouillonnantes jusqu'à exploser dans des proportions dramatiques, les tribunes du Parc sont devenues de paisibles rangées de spectateurs en quête d'un show sportif plus que d'une ambiance enivrante.
Supporter depuis ses six ans alors qu'il en 40 aujourd'hui, Christophe a vécu ce basculement historique. "S'il se passe quelque chose aujourd'hui au Parc, c'est simplement à Auteuil, avoue-t-il. Quand QSI est arrivé, ils ont repris le dialogue avec les Ultras après le plan Leproux, ce qui a permis au CUP de revenir. Mais là, ils sont en train d'aseptiser le Parc pour le tuer petit à petit".
Alors que le projet sportif navigue à vue, le public parisien a changé d'identité. Fini les Parisiens pur jus et autres banlieusards amoureux du club, place aux touristes et loges VIP. Si l'entraînement ouvert au public avant d'affronter l'OM avait eu autant de succès, c'est aussi parce qu'il était abordable financièrement. "Ça faisait longtemps que je n'étais pas venu, nous avait expliqué Lucas, la vingtaine. Les places coûtent de plus en plus cher en réalité".
"Les prix sont exorbitants, confirme Benoît. J'ai connu le Parc avec des places à 10 ou 15 euros. Aujourd'hui, en-dessous de 60 euros, tu ne rentres pas en tribune Boulogne. C'est une étape en plus vers la fin et personne ne dit rien". 60 euros, pourtant c'est presque une bonne affaire aujourd'hui. Face à Lyon, des places atteignaient 150 euros. Face à Munich, des touristes mexicains croisés avaient payé 350 euros pour assister au match de l'année au Parc.
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Les supporters du Bayern Munich se plaignent du prix des places au Parc des Princes lors du 8e de finale aller
Crédit: Getty Images
Justement, ces dernières années, surtout avec la présence de Messi et Neymar, le détour au Parc des Princes est devenu un lieu de passage touristique à part entière. "Le Parc, c'est devenu Disneyland, lâche encore Benoît. Mais même en tribune Auteuil ! J'y ai été cette saison, je me suis retrouvé avec des Asiatiques qui voyaient ça comme une attraction touristique. C'était une partie de leur séjour en fait". Fatalement, l'ambiance s'en fait ressentir. "Maintenant, on voit des Chinois, des Japonais, des Américains. Même à Auteuil, qui doit faire 6000 places, tu as peut-être 300 touristes… Ils ne sont pas supporters, ils ne chantent pas mais ils prennent des selfies. C'est devenu un stade Instagram", complète Christophe.
En cause, notamment, le système de revente des billets, via la plateforme Ticketplace, qui a déréglé un marché désormais hors de contrôle. Le PSG, pourtant, est gagnant dans l'affaire. "Ticketplace, c'est simple. Quand tu es abonné et que tu ne peux pas aller au Parc, tu as le droit de revendre ta place, explique Christophe. C'est positif quand c'est de temps en temps, car on se fait un petit billet dessus. Mais aujourd'hui, il y a des mecs qui prennent des abonnements uniquement pour revendre. Donc ils font de la spéculation et ils font de l'argent. S'il vend sa place 300 euros, le PSG prend une commission sur le vendeur et l'acheteur. Donc en plus de l'abonnement initial, le club reprend de l'argent dessus".
Auteuil fermé, ambiance en berne ?
Le Collectif Ultras Paris, regroupement d'associations d'Ultras, a bien demandé à changer cette méthodologie, rien n'y fait. Paris a trop à y gagner. Ce CUP, justement, a parfois été critiqué pour sa trop grande proximité avec la direction actuelle. Leur retour au Parc en tant qu'Ultras, ils le doivent à Nasser Al-Khelaifi, alors, forcément… Reste que la grève des encouragements l'an passé et les nombreuses banderoles offensives ont rappelé que leur place dans la défense de l'identité du Parc et donc du PSG restait primordiale.
Au sein du groupe, pourtant, le découragement est prononcé. D'où ce sentiment de renoncement, presque de fatalisme qui règne. "On peut faire grève comme l'an dernier mais quoi qu'on fasse ça changera rien, avance Lucas, 24 ans et abonné depuis 2017. "Si le PSG avait fait ces matches il y a quinze ans, ça aurait été bronca générale à chaque sortie, estime Christophe. Je ne pense pas qu'à l'intérieur du CUP la situation soit acceptée. Mais c'est vrai que c'est bizarre que ça soit aussi sage".
Entre la nécessité d'encourager les leurs et la volonté que les choses changent, les cœurs balancent. "J'étais à Munich, j'étais halluciné qu'à la fin du match il y ait des applaudissements de la part de certains supporters du PSG", avoue-t-il. Dimanche, toutes ces questions n'existeront pas. Face à Lorient, conséquence des festivités pour les 15 ans de la K-Soce Team face à l'OL (0-1), la tribune Auteuil sera totalement fermée. Qui prendra le relais pour faire monter la température ? La question est rhétorique…
Avec Gabriel BALDI
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Les festivités de la K-Soce Team lors de PSG-OL
Crédit: Getty Images
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