Il n’est pas spécialement petit. On ne sait pas vraiment s’il est aussi gentil – on parierait même que les mollets munichois, harcelés comme rarement sur la double confrontation, diraient l’inverse - mais le mimétisme d'Idrissa Gueye avec N'Golo Kanté est parfois frappant. Comme le champion du monde qui avait dompté Messi, le Sénégalais possède un sens de l'interception exceptionnel pour gicler sur ses adversaires et créer un sentiment d’urgence dans les pieds adverses. Face au Bayern Munich, à l'aller comme au retour, l'ancien d’Everton aura été l'une des clés les plus précieuses de l’exploit parisien.
Puisque la récupération de balle est avant tout une affaire de lecture de jeu et de timing, on soulignera que "Gana" a bien choisi le sien. Alors qu’on promettait une asphyxie généralisée au PSG, le Parisien aura été une bouteille d’oxygène à laquelle ses partenaires ont su s’arrimer. "Quand Gana est sorti, je lui ai dit 'Tu as été une machine !' pour le féliciter pour le match qu’il a fait, a d'ailleurs révélé Mauricio Pochettino mercredi soir. Je crois qu’il a livré une très grande prestation".

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"Son moteur à lui consomme beaucoup d’énergie"

Si Neymar a irradié le match de son talent surnaturel, Gueye a fait avec ses qualités à lui : des courses, du flair et de l’autorité pour soulager les siens (6 interceptions, 8 duels remportés et des compensations à la pelle). Le tout dans un match qui sied parfaitement à ses qualités de chasseur, comme l’expliquait Alain Giresse, son ancien sélectionneur au Sénégal, avant la manche retour au Parisien : "Cette configuration de match, durant lequel tu prends des vagues successives en pleine poire, fait appel à toutes ses qualités, avait-il avancé avant que le retour ne confirme ses impressions. Il gicle à droite, intervient à gauche, intercepte dans l’axe, casse les actions, harcèle tout ce qui bouge et relance proprement…"
"La base de son jeu est là, dans l’activité, la présence, avait-il continué. Comme tout joueur, même le plus technique, Gana a juste besoin d’être au top physiquement car son moteur à lui consomme beaucoup d’énergie". Et de l’essence, "Gana" en a parfois manqué depuis son arrivée à l’été 2019. Ardemment désiré par Thomas Tuchel, il avait bluffé son monde pour son premier vrai test.

Angel Di Maria et Idrissa Gueye lors de la victoire du PSG face au Real Madrid, le 18 septembre 2019

Crédit: Getty Images

Casemiro, Toni Kroos, James Rodriguez ou Eden Hazard : tous avaient pu constater l’incroyable activité de la recrue estivale du PSG dans un secteur déplumé au fil des années, où les ombres de Blaise Matuidi et Thiago Motta n’ont jamais vraiment cessé de planer. Sur le coup, tous ses coéquipiers s’étaient félicités d’une telle recrue, à l’image d’un Marco Verratti qui avait su analyser lucidement la situation : "On avait vraiment besoin d’un joueur comme ça, avait expliqué l’Italien. L’an dernier, j’étais un peu tout seul au milieu avec des joueurs plus offensifs, et je devais m’occuper de l’équilibre de l’équipe pour ne pas subir des contres. Là, je me sens un peu plus libre. Je suis vraiment content qu’il soit là".
Mais le charme avait fini par se rompre. Après six mois séduisants, Gueye était rentré dans le rang, entre pépins physiques et prestations irrégulières. "Je reste un humain, ça arrive à tout le monde d'avoir des coups de mou, avançait-il en décembre 2019. C'est mon cas. J'essaie de faire de mon mieux, de rester le plus simple possible, de gratter des ballons même si ce n'est pas facile. Ça va passer".

Remplaçant sur le Final 8

Problème, le coup de mou aura été durable et les questions autour de son apport nombreuses. Double pivot, sentinelle, relayeur dans un 4-3-3 : il aura été testé un peu partout et aura subi plus qu’un autre la vraie montée en puissance de Leandro Paredes en sentinelle reculée. Bien plus à l’aise face au bloc bas, complémentaire de Verratti et apprécié des artistes offensifs pour ses passes en cadence, l’Argentin avait rapidement éteint la hype Gueye.
D’ailleurs, c’est depuis le banc que le Sénégalais avait assisté à la victoire face à Leipzig (3-0) et la défaite face au Bayern (1-0) en finale du Final 8. On pensait que la Ferrari était définitivement rentrée au garage et que le récital du Real n’était que le teasing d’un film finalement décevant. Ce mardi, le box-office s’affole à nouveau. Car le blockbuster Gueye est prêt à cartonner avec son deuxième opus.
L’arrivée de Mauricio Pochettino et son choix de pousser Verratti en nouveau 10 face au Barça avait déjà permis à Gueye de retrouver ses sensations proches de celles qu’ils adorent : des espaces à combler, des ballons à gratter et des transitions simplifiées. L’absence de l’Italien combinée à l’omnipotence de Neymar à l’animation aura grandement favorisé l’émergence de la version la plus utile du Sénégalais : simple à la relance, affamé à la récupération.
Ne vous y trompez pas, le Sénégalais risque encore de se faire discret sur des rencontres nationales où Paris doit percer un coffre-fort adverse arc-bouté devant ses seize mètres. Mais si c’est en échange de la garantie que "la machine" entrevue face au Bayern fonctionne dans les grands matches, Paris est prêt à signer des deux mains. Comme quoi, il n'y a pas que les stars qui brillent quand la pente se fait plus raide. Il y a aussi ceux qui les couvrent dans l'ombre.

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