Certains matches font basculer une carrière. Loris Karius a vécu cela, en 2018, sur la plus grande des scènes du football européen. Le gardien de Liverpool avait précipité l’échec des siens face au Real Madrid (1-3), commettant deux énormes erreurs en finale de la Ligue des champions. Une relance à la main "coupée" par Karim Benzema, un ballon qui lui glisse entre les gants sur un tir lointain de Gareth Bale. Et des regrets pour l’éternité.
"L’équipe a perdu à cause de moi. Je suis désolé pour le club, pour tout le monde, s’était alors lamenté Karius. Si je pouvais revenir en arrière…" Revenir en arrière est impossible. Mais parfois, le destin se charge d’offrir des occasions de réécrire l’histoire. Reds et "Merengue" vont se retrouver samedi, au Stade de France, pour le dernier acte de la C1 (21h). Et Karius est… toujours là, dans l’effectif de Liverpool.

Karim Benzema ouvre le score après une erreur de Loris Karius

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"Il ne fait rien de mal"

Mais c’est peu dire que le cauchemar de 2018 a tout changé pour lui. Le portier allemand de 28 ans n’a pas joué une seule minute cette saison. Il n’est même pas sur le banc. Derrière Alisson, il y a Caoimhin Kelleher. Il y a Adrian. Puis il y a Karius, dont le contrat s’achève fin juin. "Il ne fait rien de mal, il est en très bonne forme et s’entraîne dur, je lui souhaite le meilleur, j’espère qu’il trouvera un club", déclarait Jürgen Klopp en janvier dernier, au sujet d’un joueur qu’il a longtemps défendu.
En 2017-2018, Karius était en concurrence avec Simon Mignolet. D’abord désigné pour jouer (principalement) en Ligue des champions, il avait glané le statut de titulaire en Premier League, le conservant en C1. Sa carrière était sur une phase ascendante. Jusqu’à cette double bourde, peut-être en partie imputable à une commotion cérébrale, conséquence d’un choc avec Sergio Ramos, intervenu juste avant son premier moment d’égarement.

Loris Karius n'a pas été irréprochable (non plus) avec Besiktas

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Nouvelles cagades et conflit financier

La suite ? Un prêt de deux ans à Besiktas, assorti d’une confiance affichée - "je pense que je peux franchir un nouveau palier" - mais émaillé de quelques boulettes, compilations à la clef. Karius n’y arrive plus et sa réputation est faite. Pour couronner le tout, il saisit la FIFA en 2019, se plaignant de ne plus avoir été payé depuis quatre mois par le club turc. Un autre prêt, à l’Union Berlin, n’est pas plus concluant.
De retour en Angleterre à l’été 2021, Loris Karius évolue donc en marge de la machine à gagner qu’est Liverpool. Il participe à des entraînements, semble passer beaucoup de temps en salle de musculation, et pourrait donc être sans club dans quelques jours. Avant cela, il y a cette finale de la Ligue des champions. Un souvenir douloureux à remplacer par un meilleur, par procuration.
"Nous avons un compte à régler." C’est le message que Mohamed Salah a publié sur les réseaux sociaux. Blessé à l’épaule par Sergio Ramos juste avant le Mondial, lui aussi a une revanche à prendre sur le Real, même si le défenseur central espagnol n'est plus dans le camp adverse. L’attaquant égyptien sera acteur de cette quête de "réparation", samedi. Karius, lui, sera impuissant. Un rôle auquel le match d’il y a quatre ans a contribué à le réduire.
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