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Serie A : Comment Benitez s'est mis le Napoli et les Napolitains dans la poche
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Publié 08/03/2014 à 16:53 GMT+1
Cela fait neuf mois que Rafael Benitez a pris place sur le banc du Napoli. Dans ce laps de temps, il a su imposer son style et conquérir l'exigeant public napolitain.
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Au niveau des caractères, le Napoli et Rafael Benitez n'ont pas grand-chose en commun. D'un côté, un public passionné, prêt à s'enflammer à n'importe quel moment et pour n'importe quelle raison. De l'autre, un technicien posé, réfléchi, patient et qui aime expliquer tranquillement sa conception du football. Mais comme dit si bien l'adage : les opposés s'attirent. Les deux tourtereaux ont eu un véritable coup de foudre cet été, donnant naissance à un environnement bien équilibré. Il faut dire que le contexte initial a bien aidé l'adaptation de l'Espagnol, une configuration totalement différente de celle vécue à l'Inter il y a quatre ans lorsqu'il avait succédé à un Mourinho adulé par les joueurs et supporters.
A Naples, Benitez emboîte le pas de Mazzarri qui n’est jamais vraiment entré dans le cœur des généreux Napolitains malgré les bons résultats. Ces derniers lui ont également reproché de n'avoir vu en Naples qu'un tremplin pour aller plus haut, tout le contraire de Benitez, arrivé de Chelsea avec son Europa League dans l'escarcelle et neuf autres titres remportés depuis 2002 pour construire un projet durable. Symbole de cette intégration réussie, on retrouvait le santon de Rafa dans les traditionnelles crèches napolitaines quelques semaines après avoir signé tandis que Mazzarri avait dû attendre plusieurs mois.
Un beau bébé
Evidemment le tempérament de l'Espagnol ne fait pas tout, il a aussi et surtout convaincu footballistiquement. Mais il a dû avant tout façonner son bébé. Certes, il arrive au Napoli dans des conditions rêvées puisqu'il dispose d'une enveloppe de 100 millions d'euros à utiliser durant le mercato estival, fruit d'une gestion économique exemplaire et de la vente de Cavani au PSG. Le risque de dépenser ce trésor n'importe comment était bien réel, mais il n'y a eu aucune erreur d'un casting en grande partie hispanophone et donc géré en premier lieu par Benitez. 37 millions sur Higuain, 9,5 sur Callejon et autant sur Mertens, 12 sur Albiol, les gardiens Gabriel et Reina, tous ont justifié ces importants investissements, le seul demi-couac étant le Colombien Zapata. Toutes ces recrues ont été choisies dans le but d'évoluer dans une tactique et avec un style de jeu bien précis.
Et le challenge le plus compliqué était assurément celui-ci : passer du jeu toute en rapidité et en contre-attaques de Mazzarri à celui constructif et léché de Benitez, articulé autour de son 4-2-3-1. La mayonnaise a tout de suite pris non sans faire quelques illustres victimes comme le capitaine et Napolitain Paolo Cannavaro, parti à Sassuolo, ou le Slovaque Marek Hamsik, pas encore à l'aise dans ce système de jeu. D'aucuns lui reprochent cependant cet immobilisme tactique qui serait responsable de certaines contre-performances contre les petites équipes de Serie A (17 points laissés en route, soit l'écart qui sépare le Napoli de la Juventus). "Le Barça joue avec la même tactique et la même idée de jeu depuis des années, pourquoi devrions-nous changer ? Et en Europe les équipes les plus fortes jouent en 4-2-3-1", se défend Benitez. Un entraîneur cohérent et dont les résultats parlent en sa faveur.
Le faire grandir
Le Napoli avait été désigné l'été dernier comme l'adversaire numéro un de la Juventus dans la lutte pour le Scudetto et l'actuel troisième alimente les débats concernant la réelle réussite du club cette saison. Seulement, l'année stratosphérique de la Vieille Dame fausse tout jugement de valeur. En effet, le Napoli a exactement le même nombre de points que l'an passé après vingt-six journées lorsque les hommes de Mazzarri avaient disputé l'Europa League avec une équipe B (sortant dès les 16es) et non la Champions League face aux meilleures équipes d'Europe. D'autant que lors de la phase retour, les Azzurri doivent encore recevoir la Roma et la Juventus, les deux seules équipes qui les devancent. Benitez justifie l'écart avec les deux premiers du classement par "les buts encaissés" concernant les Giallorossi et la "puissance économique" des Bianconeri. On valide le premier constat et c'est par ailleurs le chantier auquel il s’attelle, moins le second, excuse trop facile et attitude un brin fataliste.
Les plus tatillons d'entre vous souligneront également l'élimination en Champions League, oubliant qu'on n'avait jamais vu un club se faire sortir avec 12 points au compteur, une poisse incroyable qui faisait suite à un tirage au sort très malchanceux (ndlr : Arsenal et Borussia Dortmund - par ailleurs tous deux battus au San Paolo - et Marseille). Reversé en Europa League, le Napoli est maintenant un des favoris de la compétition. N'oublions pas non plus la finale de Coupe d'Italie en mai prochain, avec le scalp de la Lazio tenante du titre en quart et de la Roma en demie.
Des supporters qui ont été sevrés de trophées pendant vingt-deux ans ne peuvent se permettre de faire la fine bouche, tout titre est donc bon à prendre même si ce n'est pas le Scudetto. N'allons cependant pas trop vite en besogne, nous sommes en mars et rien n'est acquis. Mais peu importe le final de la saison, cela ne changera pas d'un iota la volonté de poursuivre ce projet. "Quand je travaille pour une équipe, je me dis que j'y suis pour dix ans", a déclaré Benitez. Après avoir donné naissance à son bébé, il faut maintenant le faire grandir et lui apprendre à gagner prochainement le Scudetto.
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