La course de Lewis Hamilton avait déjà basculé samedi, à l'issue d'une séance de qualification bouclée au quatrième rang. Et les 71 tours donnés sur le Red Bull Ring, dimanche, ont entériné sa souffrance technique. Le Britannique a fini à la même place, en bas du podium. Il n'a jamais rêvé prendre à revers le futur vainqueur, Max Verstappen (Red Bull), sur un coup de stratégie dont Mercedes a le secret. Il n'en avait pas les moyens à la régulière et l'avait bien dit.
Le film de la course
Ses premiers tours ont ressemblé aux montagnes, non pas autrichiennes, mais russes. Engagé d'entrée dans un combat musclé pour reprendre sa place devant son coéquipier Valtteri Bottas, il a saisi l'opportunité de se faufiler dans le top 3. Au restart du quatrièle tour, après la neutralisation opérée pour évacuer l'Alpine d'Esteban Ocon, Lando Norris a fait le bad boy en sortant sans ménagement Sergio Pérez, sur l'autre Red Bull.
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13 secondes, c'était déjà une éternité

"Il est très dur à suivre", a-t-il avoué à propos de son compatriote, au 9e tour. Décidé à taper dans sa Mercedes dans l'infime espoir de nouvelles circonstances de course à venir, il a fini par doubler la McLaren au 19e passage. En appréciant cette joute d'un nouveau type puisqu'il s'est alors écrié : "C'est un super pilote ce Lando !"
Sur le fil du rasoir, en glissade même au tour précédent, la W12 n°44 était depuis un moment en surchauffe, à tout points de vue. "Les freins arrière d'Hamilton sont en feu", a signala ainsi Lando Norris, après la passe d'arme du virage n°4.
"J'arrive à la limite des pneus" : la confidence tranquille du leader n'a même pas été un répit pour l'Anglais, au 24e tour. Le dimanche précédent, le Hollandais volant aurait eu de quoi faire 10 tours de plus que lui. N'en pouvant plus, le pilote de la W12 n°44 s'est arrêté au 32e tour, suivi par son rival, histoire de ne pas être piégé par une neutralisation à contre-temps.
En pneus "dur", LH44 avait normalement de quoi finir sereinement. Il n'en a rien été. "Il est 13 secondes devant", l'a alors averti Peter Bonington. "Il est si loin !", a soupiré le complice de "Bono". Treize secondes, soit le double de ce qu'il avait déjà cédé sept jours plus tôt au même stade de la course…

"Tu es libre d'attaquer Lewis"

Lewis Hamilton se serait contenté de ce nouveau Grand Prix en mode limitation des dégâts mais, à mi-course, "Bono" est revenu dans ses écouteurs avec une nouvelle bien plus mauvaise. "Tu as perdu une pièce à l'arrière gauche", l'informa son ingénieur de toujours chez Mercedes. "Combien ai-je perdu ?", lui rétorqua le septuple champion du monde, inquiet de savoir combien lui coûtait ce soudain handicap. De plus en plus de temps, et des places bientôt, aurait pu lui répondre son collègue.
Lewis Hamilton en perdition, Mercedes a incité Valtteri Bottas à aller le chercher - "Tu es libre d'attaquer Lewis" -, pour sauver la deuxième place. Au 52e passage, l'Anglais s'est incliné devant le Finlandais, puis Lando Norris (McLaren) au tour suivant. Car l'enjeu était aussi de ne pas fragiliser Bottas face à Norris.
Deux boucles plus tard, Lewis Hamilton est alors rentré une seconde fois, sans crainte pour sa quatrième place. Pour un baroud d'honneur. Car le point de son meilleur tour n'a pas tenu face à l'appétit d'un Max Verstappen décidé à le dépouiller. Après un second arrêt de sécurité, son rival dans la course au titre a battu son chrono à quatre reprises pour le repousser à 32 longueurs au championnat.

"Ils ont apporté pas mal de nouveautés ces dernières semaines et nous non"

Fin d'un après-midi pénible et constat désabusé. "J'avais indiqué avant la course que ça allait être très difficile de battre Max, et bien sûr, c'est frustrant de perdre tant d'appui aérodynamique à l'arrière, et par conséquent la deuxième place", a résumé le champion pour Sky Sports, dans des propos repris par GPblog.com.
"Je n'utilisais pas les bordures plus que le reste (du peloton) et je n'ai pas idée de ce qui est arrivé, a-t-il poursuivi, toujours pour Sky Sports. Il y a beaucoup de dégâts. J'étais deuxième quand ça a cassé et c'était une deuxième place facile, mais je n'avais pas la vitesse pour rester avec les voitures devant moi."
Silverstone accueillera la prochaine course, le 18 juillet, et il ne sera pas question pour lui d'écrire une nouvelle page glorieuse de sa carrière avec une centième victoire. A l'entendre, la 99e reste même un mirage dans l'état actuel des choses. "Nous sommes vraiment à distance de Red Bull et j'ai beaucoup de travail de mon côté, a-t-il dit. Nous devons nous retrousser les manches et je sais qu'ils (Red Bull) bossent dur. Ils ont apporté pas mal de nouveautés ces dernières semaines et nous non. Nous avons besoin de trouver de la performance."
"Apparemment, les dégâts à la carrosserie sont intervenus à la fin du 29e tour (sur la bordure du virage n°10), juste avant qu'il ne rentre, a indiqué Andrew Shovlin, l'ingénieur en chef. La perte d'appui lui a coûté 0"6 à 0"7 par tour car elle était toute sur l'arrière. L'équilibre a commencé à devenir difficile et ça abimait les pneus arrières en glissant."
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