Grand Prix d'Azerbaïdjan | Pourquoi Max Verstappen et Red Bull n'y arrivent plus

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Quelque chose a changé. Max Verstappen n'a plus remporté le moindre Grand Prix depuis le 23 juin dernier, en Espagne. Intouchable la saison dernière, encore dominant en début d'année, le Néerlandais patine au volant d'une Red Bull désormais capricieuse. Conséquences de mauvaises décisions sur le plan technique ? Sans doute. Et d'un climat tendu ? Peut-être aussi.

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Voilà six Grands Prix que Max Verstappen et Red Bull n'ont plus décroché le moindre succès. C'est évidemment loin d'être un drame à l'échelle de son histoire mais, sur un échantillon plus réduit, c'est une drôle d'anomalie. Il faut remonter à 2020, année où le Néerlandais n'était ni champion du monde ni même un véritable prétendant à la couronne, pour retrouver trace d'une telle série. Quelques mois seulement après avoir bouclé la saison la plus dominante de l'histoire, la firme autrichienne et son pilote fétiche traversent un gros trou d'air dont certaines causes sont connues, et dont les conséquences pourraient finir par être très lourdes.
Ces dernières semaines, le conseiller de Red Bull Helmut Marko, ainsi que Verstappen lui-même, ont tous deux admis que la quête des deux titres mondiaux était désormais sérieusement menacée, même si la marge au classement Pilotes est bien plus confortable qu'au tableau des Constructeurs (62 contre 8). La tendance est effectivement très défavorable à l'écurie autrichienne, désormais laminée par McLaren, et elle s'est encore accentuée à Monza.
Longtemps intouchable, Red Bull semble désormais fragilisée. En début d'année, elle avait jugé que le concept gagnant cuvée 2023 ne présentait pas de grandes marges de progression et avait donc choisi de le renouveler en profondeur pour se prémunir face aux avancées des rivaux. Finalement, ce choix semble plutôt l'avoir menée dans une impasse : les évolutions, déployées massivement, ne fonctionnent pas et ont plutôt rendu la RB20 plus difficile à régler.

Impasse technique

"Il y a un problème d'équilibre, a détaillé Horner dans des propos relayés par Sky Sports. Dès que l'on parvient à stabiliser l'arrière de la voiture, on compromet l'avant. Ça crée donc du sous-virage, ça augmente la dégradation des pneus, etc. [...] Si vous regardez la McLaren, elle ressemble à une évolution de celle de l'année dernière. Elle paraît plus simpliste que la nôtre. Peut-être que nous nous sommes orientés vers quelque chose de trop complexe, et peut-être que nous avons besoin de simplifier."
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C'est ainsi que la machine digne d'une horlogerie suisse est devenue "une sorte de monstre", comme l'a qualifiée Max Verstappen. Le lien entre ce déclin et le départ d'Adrian Newey est sans doute ténu. Le déficit de temps de soufflerie par rapport à la concurrence, imposé par le règlement, semble être une justification plus plausible. D'autant que les têtes pensantes de l'écurie ont constaté, à plusieurs reprises, d'importantes différences observées entre les simulations et la réalité de la piste.
Reste l'incertitude autour d'un audacieux système de freinage (qui exploitait une zone grise du règlement) désormais interdite par un nouvel amendement, et qui a fait émerger la rumeur d'une utilisation par certaines écuries - dont Red Bull - en première partie de saison. Ce que la FIA a formellement démenti.

L'impact du climat

Il est aussi plus difficile de connaître le réel impact de l'affaire Christian Horner, dissipée le 9 août dernier avec le rejet de l'appel de la plaignante, mais qui a durablement semé la zizanie dans le box, en particulier dans celui du clan Verstappen. Depuis, Jos, père de Max, ne manque plus une occasion de critiquer publiquement le dirigeant britannique, et même les opérationnels.
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Le climat de sérénité nécessaire à la conquête d'un titre mondial est désormais une utopie et affecte, directement ou non, le rendement. Depuis plusieurs Grands Prix, certains arrêts au stand sont bien moins exécutés qu'ils ne l'étaient il y a encore quelques mois, et Red Bull n'est désormais même plus la référence en la matière cette saison.
À Monza, Verstappen avait réclamé à son équipe de "se réveiller", insatisfait de ne pas avoir reçu l'information selon laquelle il pouvait utiliser un mode de déploiement de l'énergie plus agressif. Un autre de ces nombreux symptômes sans doute plus significatifs qu'ils n'en ont l'air. À huit Grands Prix du baisser de rideau, et avant l'importantissime rendez-vous en Azerbaïdjan ce week-end, Red Bull n'est plus tout à fait une impressionnante machine de guerre.
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