Le Grand Prix d'Emilie-Romagne aura été un sacré ascenseur émotionnel pour Toto Wolff (et pas que pour lui évidemment), dimanche à Imola. Avec une sueur froide au 34e des 63 tours, lorsque George Russell a perdu la maîtrise de sa Williams en voulant dépasser Valtteri Bottas (Mercedes), avec le double avantage du DRS et de l'aspiration dans la courbe de Tamburello.
Le film de la course
La scène a été totalement effrayante : elle s'est déroulée à quelques 300 km/h et elle a conduit à la destruction des deux monoplaces. Au point le plus critique de l'accident, la Williams s'est cabrée, roue avant gauche contre le halo de la Mercedes. Les deux pilotes ont eu la chance de s'en sortir sans blessures. Mais pas sans contentieux : ils se sont rejeté mutuellement la faute. "Tu veux nous tuer ?" a demandé Russell lorsqu'il est allé voir Bottas sur le champ. "C'est 100% la faute de George" lui a répondu le Finlandais, par média interposé.
Grand Prix d'Émilie-Romagne
"Tu veux nous tuer ?" accuse Russell, "c'est 100% la faute de George" répond Bottas
18/04/2021 À 16:45
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Lors de cette course qui avait pris des allures de chaos dès le départ, donné sur piste mouillée, par une visibilité nulle par endroits, chaque place était âprement disputée car les retournements de situations avaient été nombreux jusque-là. Bottas et Russell illustraient parfaitement cette tension, cette ambiance de chaos dans le peloton en se battant pour la neuvième place. Un peu trop peut-être au goût de Toto Wolff.

"Je ne cesse de le motiver"

George Russell a-t-il eu raison de s'engager de façon aussi résolue sur une partie de cette piste réputée étroite ? Il a reproché à Bottas d'avoir eu une manœuvre de défense controversée façon Max Verstappen en 2015, et le Finlandais lui a répondu qu'il n'y avait pas de la place pour deux. La vérité se situe peut-être entre les deux, et on attendait l'avis du patron de Mercedes Motorsport, qui gère aussi la carrière du Britannique chez Williams.
"Il n'y a pas eu beaucoup d'échanges très amicaux entre eux, mais il faut encore regarder l'accident car il faut être deux pour danser le tango, a expliqué l'Autrichien à Sky Sports. Ce n'est peut-être pas du 50-50, peut-être que c'est du 60-40, mais j'ignore dans quelle direction. Je n'ai pas encore vu George. Je ne cesse de le motiver en lui disant que s'il fait du bon boulot il pourra piloter une Mercedes, sinon il ira en Renault Clio Cup. Aujourd'hui, on est plus près de la Renault Clio Cup."

"Il n'a pas à essayer de nous prouver quelque chose"

Un peu plus tard, celui qui est aussi le manager personnel de l'Anglais s'est fait plus précis, pour Autosport : "Cette situation dans son ensemble n'aurait jamais du se produire. Valtteri a fait 30 premiers tours mauvais et il n'aurait jamais du se retrouver là. George n'aurait jamais du lancer cette manoeuvre, considérant que la piste séchait. Ça signifiait prendre des risques et la voiture devant lui était une Mercedes. Dans tout programme de développment de jeune pilote, il ne faut jamais oublier cette perspective globale. Je dirais donc qu'il a encore beaucoup de choses à apprendre."
C'est une certitude, Toto Wolff n'a pas apprécié cette scène dangereuse qui a conduit à d'énormes dommages collatéraux. Et pas que matériels. George Russell a peut-être compromis dimanche ses chances de piloter la seconde Mercedes en 2022 à la place de Valtteri Bottas. "Il n'a pas à essayer de nous prouver quelque chose", a résumé Toto Wolff. En tout cas pas au détriment de la marque qui l'a pris sous son aile en 2017.
C'est peut-être au moins la seule bonne nouvelle de cet épisode désolant : George Russell et Valtteri Bottas ont échappé à des sanctions sportives : après audition des pilotes, les commissaires du Grand Prix d'Emilie-Romagne ont classé l'affaire de leur accident sans suite.
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