Max Verstappen a manqué de devenir n°1 mondial à Imola pour la première fois de sa carrière. Un point lui a manqué, celui du meilleur tour en course, pour déloger Lewis Hamilton de son piédestal. Mais ça ne change pas grand-chose finalement : en conduisant une course impressionnante de sûreté dans des conditions piégeuses, sans faire preuve de l'accès d'autorité qu'on a parfois pu lui reprocher, le Néerlandais s'est affranchi du Max d'avant, jamais loin de la facilité dans ses manœuvres ressemblant à des ultimatum en piste. Sans parler de sa gestion égoïste, court-termiste que son équipe encourageait au détriment de son image, et accessoirement de ses chances purement théoriques au championnat. Sa Red Bull n'était pas encore la machine de référence qu'elle est (re)devenue, et ça justifiait pour lui de remettre à plus tard ses préoccupations de futur champion du monde.
Depuis dimanche, on sait que le couple Verstappen - RB16B est en osmose, parfaitement raccord avec le binôme Hamilton - W12. On l'a constaté dès le coup d'envoi. En pneus "intermédiaire" sur une piste mouillée comme ses rivaux directs, le Néerlandais a démarré comme une balle derrière le Britannique et son coéquipier, Sergio Pérez, pour profiter du plus long run de la saison (605 mètres) entre la grille de départ et le freinage du virage n°1.
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Le Verstappen de 2015 n'est plus qu'un vestige

Etant donné les piètres statistiques de dépassements de l'édition 2020 - six manœuvres décisives - il savait qu'une grande partie de ses chances se situaient dans ces premiers hectomètres. Mais quelque chose avait changé aussi, qu'il ne soupçonnait pas et qui lui a ouvert de nouvelles perspectives pour la saison entière. "La clé de ma course a été mon super départ, a-t-il confirmé. Je me suis surpris moi-même car cela avait toujours été difficile de démarrer sur une piste mouillée l'an dernier, mais nous avons bossé dur pour améliorer ça, et ça a marché." Un constat à mettre au crédit de Red Bull et peut-être aussi Honda, réputé pour son moteur brutal. Et que les faits de 2020 étayent : sur une piste mouillée, il avait perdu deux places au coup d'envoi du Grand Prix du Portugal et du Grand Prix de Toscane.
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Ensuite, il a pris garde à ne pas aggraver ses statistiques transalpines. Il n'était jamais monté sur le podium en Italie et , sachant qu'un top 3 sera le prérequis cette année face à Lewis Hamilton, il ne pouvait se permettre un écart. Qu'a-t-il fait à côté de la Mercedes n°44 à l'abord du freinage de Tamburello ? Il a gardé sa ligne, sans esquisser ce petit coup de volant dissuasif vers la droite comme Valtteri Bottas l'a fait à l'endroit de George Russell (Williams) au 32e tour. Pour le résultat que l'on sait. C'est d'ailleurs symptomatique, Russell a évoqué le "Verstappen de 2015" pour dénoncer la défense du Finlandais, et tout le monde a compris.
Ce Verstappen-là n'existe plus, c'est une certitude, et son patron Christian Horner s'en est félicité. "Max a piloté impeccablement, s'est réjoui le directeur de l'équipe basée à Milton Keynes. Il était remonté pour la course et son départ lui a donné la vitesse jusqu'au virage n°1. Là, on a vu deux pilotes sans concessions attaquer à la limite et c'est ce que tout le monde veut voir."

D'agitateur à leader assumé

Remonté ? Oui, après s'être fait taxer par Sergio Pérez en qualification au bout de son "plus mauvais tour depuis longtemps", le Batave avait une revanche à prendre sur lui-même. Une revanche froide, méthodique. Au premier tournant, il a laissé Lewis Hamilton poursuivre sur sa ligne, pour se préserver lui-même d'une glissade de la W12. Puis il a poursuivi sur sa trajectoire normale à la sortie, et le piège s'est refermé sur Hamilton. Une petite erreur que le pilote Red Bull aurait peut-être commise facilement autrefois.

Max Verstappen (Red Bull) a remporté le Grand Prix d'Emilie-Romagne en 2021 - Formula 1

Crédit: Getty Images

De là, le pilote RBR a déroulé son plan. "Les conditions étaient très délicates, surtout au début, et c'était dur de rester sur la piste mais j'y suis parvenu sans ennui, a-t-il dit. Nous avons gagné parce que nous avons fait les bons choix de pneus aux bons moments. Les gommes se dégradaient et ce n'était pas évident de passer aux slicks." D'autant qu'en tant que leader pour le deuxième Grand Prix de suite au moment du premier passage au stand, il avait tout à perdre. Par le passé, il avait rarement été le chassé, la proie d'un undercut que Lewis Hamilton lui avait imposé à Sakhir. Deux fois, on dit que c'est une habitude et il a bien pris le pli. Sans l'aide de Sergio Pérez, mais peut-être celle de Yuki Tsunoda qui a joué les éclaireurs. Le pilote de l'écurie B de Red Bull, AlphaTauri, a pris des slick dès le 25e tour (seul Vettel l'avait fait avant), deux tours avant qu'il ne se décide à rentrer. Il le fallait, car Lewis Hamilton allait rentrer.
Ressorti en tête de justesse en tête, il a quand même connu une alerte juste avant le restart du 34e tour, après le crash George Russell - Valtteri Bottas. A l'équerre derrière la voiture de sécurité, il a conservé de justesse sa place, que Charles Leclerc (Ferrari) était prêt à lui subtiliser. "Je me suis fait une frayeur en essayant de chauffer mes pneus à l'accélérateur, mais par chance je n'ai pas effectué de tête-à-queue", a-t-il simplement commenté. La chance du futur champion ?
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