Ce week-end devait être mémorable pour la Scuderia. Il le sera finalement pour Red Bull. Après un début de saison dominé par Ferrari, l'écurie du champion du monde en titre a réagi de manière éclatante, ce week-end, à Imola. Max Verstappen a gagné, Sergio Pérez a assuré le doublé. Et le tout a été orchestré autour de cinq temps forts.

Qualification : De la réussite, de la volonté et du timing

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20/06/2022 À 01:09
Le début de week-end n'avait pas donné d'indice. Après une première séance d'essais libres disputée sur une piste détrempée, Red Bull avait vraisemblablement décidé de masquer son jeu en vue de la qualification. Mais on a vite compris que Max Verstappen serait candidat à la pole. Tout au long d'une session interminable, rythmée par les averses et les drapeaux rouges, le champion du monde en titre n'a pas tergiversé.
Pas franchement aidé par les différentes péripéties, le Néerlandais s'est concentré sur une seule tentative, ce qui constituait la meilleure stratégie durant une qualification aussi incertaine. Même lorsque Valtteri Bottas a dû ranger son Alfa Romeo sur le gazon : sous drapeau jaune, Verstappen a suffisamment lever le pied pour échapper à une sanction... tout en améliorant le temps de référence.

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Avant cela, Leclerc, lui, avait préféré coupé son effort dans un tour lancé pour préparer une meilleure tentative dans la boucle suivante. La transformation du drapeau jaune en drapeau rouge l'a finalement empêché d'aller au bout d'une idée qu'il a finalement regrettée. "Max a fait un tour parfait au moment crucial", a parfaitement résumé Christian Horner sur Sky Sport.

Course sprint : Un gros couac puis un sursaut

"Belle synchronisation de boîte de vitesses, dis donc !" C'est par ce message, plein d'ironie, que Verstappen a lancé sa course sprint samedi. Le champion du titre ne le sait pas encore mais ce pépin technique sera le seul qu'il rencontrera tout au long du week-end.

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La défaillance lui a coûté la tête de course au départ mais, depuis plusieurs saisons déjà, le Néerlandais a une qualité très importante dans sa panoplie de pilote : sa gestion des pneumatiques. Sans laisser Leclerc filer à plus d'une seconde et demie, le leader de Red Bull a su maintenir le bon état de ses gommes tout au long des 21 tours, alors que la mise en température des gommes est l'un des axes d'amélioration de la RB18.
Averti de l'apparition de graining sur l'avant-droit de la Ferrari du Monégasque, Verstappen a haussé le ton au bon moment pour ne laisser aucune chance à son rival. Le champion en titre a sécurisé la pole. Pérez le troisième rang. Et c'est idéal en vue de la course.

Le départ du Grand Prix : Le coup parfait

Tombée de manière abondante avant le Grand Prix, la pluie a donné encore plus d'importance à la course sprint disputée la veille. Les tours d'installation ont dessiné une trajectoire plus sèche sur la droite de la piste. Ce qui, pour les numéros pairs de la grille, constitue un désavantage avec des pneus "intermediaire".

Le départ du Grand Prix d'Emilie-Romagne 2022

Crédit: Getty Images

Verstappen en a profité à plein, puisqu'il a pu garder un avantage net sur Leclerc dont le temps de réaction fut pourtant le même que le sien. Sergio Pérez a également saisi sa chance pour faciliter sa course de ministre de la défense. Et poser les bases d'un doublé en terres italiennes.

Le moment décisif : Le chef d'oeuvre aux stands

Fin du 49e tour. Ferrari pense avoir suffisamment de marge sur Lando Norris pour offrir un arrêt gratuit à Charles Leclerc et lui monter des "tendre" en vue d'une fin de course agressive. Ce n'est finalement pas le cas, puisque le pilote McLaren lui a chipé la 3e place à sa sortie des stands.
Red Bull décide tout de même de couvrir la stratégie de la Scuderia malgré le risque de relancer le Mexicain derrière Norris et Leclerc. Pour le minimiser, l'écurie doit réussir l'arrêt parfait. C'est ce qu'elle fait. "Checo" est relancé après 2"2 d'arrêt. Un petit exploit. Au total, Pérez a passé 29"627 dans la voie des stands. Leclerc ? 30"042. Avant son tête-à-queue, le leader du Mondial s'était rapproché à 6 dixièmes du pilote Red Bull...

Le meilleur tour : Verstappen intouchable

Dans un fauteuil durant toute la course, Max Verstappen s'est attaqué au meilleur tour au 55e passage. Charles Leclerc en était alors le détenteur avec une marque établie en 1'19"206. Le Néerlandais l'a abaissé de huit dixièmes, en 1'18"446. Suffisant pour sécuriser le point attribué... même après le dernier passage aux stands du Monégasque pour changer son museau. Le leader de la Scuderia terminera sa course avec un dernier tour bouclé en 1'18"574.

"Une faute comme celle de Leclerc quand tu joues le championnat, c'est pas possible"

Pole position, meilleur tour, victoire et course menée de bout en bout : Max Verstappen s'offre le deuxième Grand Chelem de sa carrière, auquel il faut ajouter les 8 points du succès en course sprint. Il répond ainsi à Leclerc, auteur de la même performance... à Melbourne. Avec la deuxième place de Pérez, Red Bull réussit son premier doublé depuis le Grand Prix de Malaisie 2016. Un week-end au plus que parfait.

Max Verstappen (Red Bull) et Sergio Pérez sur le podium du Grand Prix d'Emilie-Romagne, le 24 avril 2022 à Imola

Crédit: Getty Images

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