Grand Prix de Grande-Bretagne 2026 | Poleman de la course sprint, Lewis Hamilton (Ferrari), le prophète qui n'y croyait plus

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Comme à son habitude, Lewis Hamilton s'est sublimé sur "son" tracé de Silverstone devant un public anglais largement acquis à sa cause. Le pilote Ferrari ne pensait pas pour autant que cela le mènerait jusqu'en pole de la course sprint samedi, alors qu'on annonçait son monture encore à la peine en Angleterre. Le Britannique se prend désormais à rêver d'un nouveau week-end de gloire à la maison.

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"Ce n'est pas que je n'ai pas confiance, c'est qu'il y a de longues lignes droites." On a connu Lewis Hamilton bien plus engageant qu'avant ce Grand-Prix de Grande-Bretagne. En conférence de presse jeudi, le Britannique ne livrait qu'à demi-mot une inquiétude certaine, la même qui transpirait une semaine plus tôt de son après-course en Autriche. Ferrari va un peu mieux oui, en témoigne ce qui a failli être une première ligne toute rouge sur le Red Bull Ring, si George Russell n'avait pas soufflé in extremis la pole position. Mais à l'image d'un Charles Leclerc dans le dur, le Cheval cabré n'est encore que convalescent. Alors à Silverstone, circuit très demandant pour les moteurs, "Sir Lewis" avait remisé l'ambition, ou au moins son affirmation, au placard. Sa pole position pour la course sprint samedi n'en était que plus savoureuse.
Il y avait dans son poing levé juste après son meilleur temps autant de soulagement que de rage. Car à Silverstone, Lewis Hamilton est comme habité, transcendé par des tribunes qui scandent son nom tout le week-end durant. Home sweet home. Mais pas si sweet que cela avant ce vendredi, la faute à un moteur Ferrari dont le manque de vitesse pure s'était fait criant une semaine plus tôt. Les longues courbes pied au plancher ou presque du circuit anglais ne devaient rien arranger à l'affaire, en particulier cette année avec les blocs propulseurs hybrides.

"Is this the real life ? Is this just fantasy ?"

"La perte de puissance n'est pas du tout aussi importante que ce que nous pensions" a concédé Hamilton, comme le premier étonné en zone mixte samedi. "Hier, j'ai eu peur, on m'a dit que nous allions perdre six dixièmes en ligne droite par rapport aux autres, alors que nous en perdions quatre lors de la dernière course. Mais aujourd'hui, nous étions dans le coup. Je me demandais 'est-ce bien réel ?', je pensais qu'ils allaient revenir en qualifications. Mais non, nous nous battons avec eux."
Ils, les Mercedes, Red Bull et autres McLaren qui avaient pris le meilleur à Spielberg quand les Ferrari semblaient parfois se traîner. Cette fois à Silverstone, c'est pourtant bien Lewis Hamilton qui a donné le ton, dès la première séance d'essais libres. Mais avec quelle quantité d'essence embarquée, quel pourcentage de puissance déployée ? L'interrogation, a assez vite été levée avec Hamilton encore dominateur lors de la première, puis de la deuxième partie de la qualification. Et alors que Mercedes a mis un gros quart d'heure à trouver la bonne configuration pour Kimi Antonelli, Hamilton a déroulé. "C'est lui qui a fait la différence, c'était un tour typique de Lewis Hamilton à Silverstone" pouvait lâcher l'ancien pilote Martin Brundle à Sky Sports.

Convaincu d'être au niveau... avec un autre moteur

Sans être résigné, le septuple champion du monde affichait pourtant une sorte de fatalité quant à ses chances. "Il y a beaucoup de courses restantes, mais je suis aussi réaliste" lâchait-il à Sky Sports vendredi, face au déficit de son moteur. "Mercedes a quasiment tout gagné, surtout en début de saison, avec une grande facilité. Même quand les autres écuries amènent des améliorations, ils l'ont quand même emporté sans amener de nouveautés, donc je pense qu'ils en ont encore beaucoup sous le pied. Mais il y a aussi des courses où nous pouvons leur poser des problèmes. Si nous avions la même puissance qu'eux, nous nous battrions avec eux chaque week-end."
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Ce serait donc bien par la foi de son talent et d'une grosse dose de boulot à Maranello qu'il se retrouve ce vendredi en haut de la grille des temps. "Je ne peux pas vous décrire le rêve que c'est encore aujourd'hui de piloter sur ce circuit, le rythme qu'on peut ressentir si on trouve les bons réglages. Mon équipe ne lâche rien, elle continue de pousser et c'est ce dont je suis fier, a-t-il réagi à sa descente du cockpit vendredi. Ce ne sera pas tout le temps comme ça, mais nous ne nous attendions vraiment, vraiment pas à nous battre pour la première ligne."

L'aspiration, nouveau danger pour Hamilton

Et la stupéfaction ne semble pas feinte quand elle trouve écho dans tout le reste du paddock. "Ferrari a fait un incroyable pas en avant, donc ce sera clairement très difficile" estimait Kimi Antonelli, battu pour 11 petits millièmes de seconde. Et Lewis est en grande forme." "Nous sommes extrêmement surpris par sa pole aujourd'hui, mais globalement, nous nous étions préparés à de plus gros écarts avec les voitures de devant" a appuyé Charles Leclerc, cinquième dans le wagon des pilotes à trois dixièmes de la tête en qualification. "C'est un bon pas en avant, mais en tant qu'équipe, nous sommes très, très surpris d'être aussi compétitifs sur une piste comme celle-là."
Le plus dur est pourtant loin d'être fait. Cette pole en course sprint, comme l'an passé à Shanghai, doit maintenant être convertie. En Autriche, les pilotes Ferrari avaient perdu au cumulé six places entre le départ et le drapeau à damier le dimanche. Même si le format sprint raccourci pourrait niveler la perte de performance, Lewis Hamilton reste très méfiant. "La voiture était géniale aussi sur des longs runs. Cela sera évidemment difficile avec ces gars qui sont très, très proches. Je ne crois pas que ce soit impossible, et je suis dans une super position. Il pourrait aussi y avoir beaucoup d'aspiration dans les premiers tours. Cela ne sera pas facile de laisser les moteurs Mercedes ou Red Bull derrière. Mais je vais absolument tout donner pour ces fans." C'est peut-être bien la seule chose en laquelle Lewis Hamilton a invariablement cru.
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