Grand Prix de Singapour | McLaren - Red Bull : guerre autour des zones grises

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L'écurie à battre s'appelle désormais McLaren. Après le Grand Prix d'Azerbaïdjan, remporté par Oscar Piastri dimanche, l'écurie britannique a devancé Red Bull au classement des constructeurs. La monoplace "papaye" est devenue, en quelques mois, une véritable machine de guerre. Grâce, notamment, à une exploitation parfaite des zones grises du règlement. Ce qui a eu le don d'agacer ses rivaux...

"Le titre constructeurs c’est fichu pour Red Bull, il faut sauver le titre pilote"

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Ces dernières années, McLaren est redevenue très attachée à sa couleur originelle, l'orange "papaye". Mais il y en a une autre à laquelle l'écurie de Woking accorde beaucoup d'importance : le gris. Nulle part il y a 18 mois, l'écurie britannique est redevenue, en un temps record, la référence du plateau de Formule 1, devant Red Bull. Grâce, notamment, à ce qui a toujours fait le succès dans cette discipline : l'exploitation des zones d'ombre du règlement.
Introduit en 2022, le règlement technique actuel était réputé pour être encore plus restrictif pour les ingénieurs en laissant moins de place à l'interprétation. Mais, puisque l'imagination des spécialistes est sans borne, certaines failles demeurent, forcément. Le tout est de les trouver, savoir comment les exploiter et, surtout, le faire avant les autres.
À ce petit jeu, McLaren a marqué de nombreux points ces derniers mois. Alors que Red Bull, sacrée championne du monde la saison dernière, a récemment admis s'être quelque peu perdue dans la complexité de sa monoplace, l'écurie de Zak Brown a elle surfé sur une progression linéaire. Chaque nouvelle pièce mise au point et installée sur les voitures de Lando Norris et Oscar Piastri a servi la performance. Chaque astuce, dénichée dans les fameuses zones grises du règlement, également.
La structure de Woking a encore fait parler d'elle, dimanche, au terme d'un Grand Prix remporté par Oscar Piastri, et où Lando Norris est parvenu à devancer Max Verstappen après s'être élancé depuis le 15e rang sur la grille de départ. Le tout avec un aileron arrière qui a fait grincer des dents les plus éminents membres des écuries rivales.

McLaren flirte avec les limites

Certaines images embarquées tendent à démontrer que celui-ci a eu la fâcheuse tendance à se déformer à haute vitesse, au point même de laisser passer un léger flux d'air entre les volets supérieur et inférieur de l'aileron. De quoi offrir une sorte de mini-effet DRS, que certains observateurs ont même qualifié de "décisif" dans le duel qui a opposé Piastri à Charles Leclerc (Ferrari) pour la victoire.
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Le règlement interdit strictement les déformations "excessives" mais ne peut évidemment pas lutter contre des mouvements que l'on peut qualifier de "naturels", avec les différentes forces s'appliquant sur une monoplace. La FIA réalise des contrôles très strictes, en appliquant d'importantes masses sur les pièces concernées. Mais celles-ci peuvent être extrêmement rigides lorsque la voiture est statique, et beaucoup plus souple lorsqu'elle progresse à près de 350 km/h...
Il est évidemment extrêmement difficile de quantifier le gain de performance obtenu par McLaren grâce à cet aileron, qui pourrait d'ailleurs avoir été utilisé depuis le Grand Prix des Pays-Bas avant de se faire remarquer dans la longue ligne droite de Bakou. Nul doute que Red Bull, et potentiellement Ferrari, vont encore porter le sujet dans le bureau de Nikolas Tombazis, le responsable de la FIA.
Ces dernières semaines, en coulisses, les deux écuries ont pressé l'instance de plancher sur l'aileron... avant de la McLaren, mais aussi de Mercedes. Il est lui aussi jugé trop flexible et permettrait aux deux monoplaces de gagner beaucoup de vitesse en ligne droite.

Red Bull s'agace

Interrogé à ce sujet en conférence de presse vendredi dernier, Christian Horner, patron de Red Bull, a tenté de mettre la pression. "Nous avons vécu cette situation il y a trois ans [Red Bull avait dû modifier son aileron à l'époque, NDLR] mais je pense que ce qui est crucial pour tout le monde, c'est toujours la clarté, a-t-il lâché. Est-ce quelque chose d'acceptable ou non ? Si ça l'est, alors cela nous encouragera à chercher des solutions similaires. Mais je crois que le régulateur a toutes les informations disponibles. Ils ont à disposition de nombreuses analyses...".
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La FIA, elle, continue d'insister sur le fait que les contrôles de conformité font foi. Pendant ce temps-là, la bataille autour des zones grises fait rage, alors que les écarts entre les écuries de pointe semblent encore s'être resserrés. Au début de l'été, Red Bull s'était également attardé sur des trous figurant sur les tambours de freins de la McLaren, comme l'avait révélé le très sérieux Auto Motor und Sport.
Bien que très petits, ceux-là étaient suspectés de limiter la surchauffe des pneus en laissant passer de l'air, ce que le règlement interdit strictement. Mais l'écurie britannique avait assuré qu'ils n'étaient utilisés qu'aux essais - ce qui est autorisé - avant d'être rebouchés pour la course.
"C'est très simple : il s'agit d'un trou nous permettant d'accéder à un capteur et nous avons reçu la clarification de la FIA selon laquelle ce trou n'est pas autorisé, avait confirmé Andrea Stella, patron de l'écurie McLaren, auprès de Sky Sport. Nous l'avons simplement scotché. C'est une question très simple qui, pour une raison ou une autre, semble avoir pris beaucoup d'ampleur." Quelques semaines plus tard, la raison est là : McLaren a doublé Red Bull au classement des constructeurs.
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