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GP du Brésil - "On les emmerde tous !" : Au bout du show Hamilton, l'homme qui "ne savait pas ce qui était possible"
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Publié 13/11/2021 à 23:10 GMT+1
GRAND PRIX DE SAO PAULO - Quinze places gagnées en seulement 24 tours, ce sont les chiffres de la remontée fantastique de Lewis Hamilton (Mercedes), samedi lors de la course sprint de qualification sur le circuit d'Interlagos au Brésil, où il est donc parti dernier et a fini cinquième. Ce qu'il ne pensait pas possible et qui a rempli son patron Toto Wolff de fierté expressive...
Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix de Sao Paulo 2021
Crédit: Getty Images
Les deux premières courses spint qualificatives, à Silverstone et à Monza, avaient été d'un intérêt proche du néant. Mais il leur restait une troisième levée, à Sao Paulo, pour faire ses preuves et justifier son extension à six rendez-vous en 2022. Lewis Hamilton lui aura donné ses lettres de noblesse et la crédibilité dont elle manquait pour devenir un spectacle à part entière.
Samedi au Brésil, la course sprint est passée de la saudade à la samba grâce au septuple champion du monde, auteur de 15 dépassements en 24 tours dont quatre dans celui d'ouverture. Relégué en fond de grille pour DRS non conforme vendredi en qualification, l'Anglais a fait étalage de toute sa science du dépassement sans jamais céder à l'impatience, encore moins à la panique. Il le fallait car il savait qu'une autre pénalité de cinq places lui était promise sur la grille de départ du Grand Prix de Sao Paulo pour cause de changement de V6 hors règlement.
Sensationnel cinquième au drapeau à damier après des assauts tantôt spectaculaires tantôt époustouflants de facilité sur Tsunoda (AlphaTauri), Alonso (Alpine), Ricciardo (McLaren), Vettel (Aston Martin), Ocon (Alpine), Gasly (AlphaTauri), Leclerc (Ferrari) et Norris (McLaren), le Britannique aux 101 victoires s'élancera de la dixième place, dimanche à 18h françaises.
"Garder le moral au plus haut" avant le départ
"Je ne savais pas ce qui était possible, a réagi l'Anglais de 36 ans au micro de Sky Sports. Je n'avais pas fixé de limite ou de maximum. En queue de peloton dans le tour de formation, j'ai peut-être entrevu P10 et j'ai pensé que c'était mon but. Soudain, je me suis mis à grignoter des places bien plus vite."
"Je ne peux laisser tomber, a-t-il assuré. C'était éprouvant. Alors que l'équipe travaillait avec les commissaires sportifs, je me concentrais sur le mien avec mes ingénieurs. A garder le moral au plus haut et à simplement me concentrer sur mon job. Sans y penser (à la pénalité). Je ne pouvais laisser ça me freiner, je devais garder la tête froide. Je me suis focalisé sur ce que je devais faire."
En vérité, il n'a négligé aucun détail. Il a usé de sa position de dernier dans le tour de formation pour laisser le peloton languir. Il a pris tout son temps pour chauffer ses pneus et il a immobilisé sa W12 n°44 pas moins d'une cinquantaine de secondes après que Max Verstappen (Red Bull), en pole position, en eût fait de même. Largement le temps pour son rival au championnat de voir ses "medium" se refroidir, et se faire gober par son coéquipier Valtteri Bottas en "tendre".
"On les emmerde tous !"
Au bout de cette épreuve particulière de 24 heures, entre l'examen du DRS de sa W12 et sa disqualification, Lewis Hamilton est resté calme dans son tour de rentrée. Au contraire de ses deux coéquipiers qui ont pris la parole à la radio pour s'exprimer, entre ironie et frustration. "Fais bien attention de ne toucher aucune voiture", lui a lancé son ingénieur de course, Peter Bonnington alias "Bono", en référence aux 50.000 euros d'amende infligés à Max Verstappen pour avoir touché son aileron dans le parc fermé, vendredi. "Travail brillant ! Limitation des dégâts. Allez, on les emmerde tous !", a carrément lâché son patron, Toto Wolff. Ce à quoi Lewis Hamilton a répondu tranquillement : "Ce n'est pas fini !"
Samedi, Lewis Hamilton a perdu deux points sur Max Verstappen, mais Valtteri Bottas lui a évité d'en perdre un troisième en devançant le Néerlandais à l'arrivée. Sans avoir un mot pour cette contribution à son équipe, désormais à égalité de points avec Red Bull à la première place du championnat du monde Constructeurs. "La clé a été de prendre un bon départ, a raconté le Finlandais, content d'avoir quartier libre dimanche alors qu'il se sait normalement au service de son leader. Nous avons parié sur les 'tendre'. Nous savions que ça serait un plus au départ et ça a marché. A la fin, c'était juste de la survie et je suis ravi que ça ait parfaitement marché."
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