DR

Bonus-malus : Colère rouge et tapis vert

Bonus-malus : Colère rouge et tapis vert

Le 10/06/2019 à 03:16Mis à jour Le 10/06/2019 à 13:44

GRAND PRIX DU CANADA - Sebastian Vettel (Ferrari) a couru à sa perte dimanche et Lewis Hamilton (Mercedes) a hérité d'une victoire impossible à savourer. Daniel Ricciardo (Renault) a survécu aux "tendre", au contraire de Pierre Gasly (Red Bull) et Lance Stroll (Racing Point) a régalé son public.

La note : 2/5

On a la désagréable sensation de se répéter. La course montréalaise s'est déroulée sur les mêmes bases que celle Monaco et le résultat a été similaire. Une course à un arrêt, peu d'opportunités. Le salut est venu des déçus du samedi, patiemment partis en "dur" pour finir en trombe en "medium". Max Verstappen (Red Bull) est passé de P9 à P5 et Lance Stroll (Racing Point) a fait encore mieux, de P17 sur la grille à P9 au damier. Evidemment, ce qui restera de tout ça est le traitement du cas Vettel et sa conséquence sur le classement final.

Le vainqueur : Lewis Hamilton (Mercedes)

Battu en qualification par Sebastian Vettel et incapable d'esquisser une attaque sur la Ferrari en course, le Britannique repart avec les 25 points de la victoire. Mais il n'a rien volé et on n'aurait même pas eu droit à tout ce pataquès sur une piste standard. LH serait juste passé en profitant des dégagements. Cela dit, il a joué sur du velours en compatissant au malheur de Vettel dans un parfait numéro politiquement correct.

Au tiers à l'agenda, il mène le championnat avec 31 points d'avance sur son coéquipier, Valtteri Bottas, et 62 sur Vettel.

Le déçu : Pierre Gasly (Red Bull)

Sa situation devient franchement préoccupante pour le Normand, "forcément déçu". Il avait le handicap de démarrer en "tendre", choisi sciemment en Q2 pour passer le cut. On comprend encore moins pourquoi il n'a fait que sept tours avec ce type. "Ça a été compliqué, on a essayé de s'arrêter tôt aux stands et au final on s'est retrouvés dans le trafic", a-t-expliqué. La même erreur que celle commise par Daniel Ricciardo (Renault) à Monaco. L'Australien, justement, qui a précipité ses problèmes. "Il fallait essayer quelque chose, vu qu'on était derrière Daniel, a-t-il exposé. On a commencé à tout surchauffer : les freins, le moteur… Et on a perdu beaucoup de performance." Huitième à un tour, trois rangs derrière son coéquipier. Un Grand Prix pas dans les standards d'un pilote Red Bull. Tout comme le seul Top 5 qu'il affiche depuis le début de la saison.

Le Monsieur Plus : Daniel Ricciardo (Renault)

Le Losange l'a signé par le type de performance qu'il a réalisée en qualification (quatrième). Pour sa résistance acharnée à Valtteri Bottas (Mercedes) aussi en course. Dommage qu'il ait eu à partir en "tendre" pour seulement 8e tour.

Le perplexe : Sebastian Vettel (Ferrari)

L'Allemand avait fait un tête-à-queue qui l'avait ressenti comme un échec personnel à Sakhir. Ce serait sans doute l'accabler de considérer qu'il est le premier coupable de sa mésaventure du 48e tour. La Ferrari est pointue, elle a un gros moteur et on avait oublié qu'il avait réalisé un véritable exploit en qualification. Manifestement impossible à reproduire sur 70 tours sans multiplier les risques.

Il n'a pas accepté sa pénalité mais il a muri en entourant sa protestation de formes acceptables. A Mexico en 2016, il avait craqué à la radio en insultant le directeur de course, le regretté Charlie Whiting. L'affaire du tampon de Bakou 2017 est aussi passé par là, et il nous a offert la scène culte du "P1" changé en "P2" devant la Mercedes. En imaginant peut-être au passage le "P1" disposé devant sa Ferrari là où elle aurait dû l'être.

Dans tout ça, on retient cette occasion manquée pour tous les tifosi de voir Ferrari casser (un peu) la dynamique Mercedes.

La question : Fallait-il sanctionner Sebastian Vettel (Ferrari) ?

Oui. D'abord, il faut souligner l'indépendance d'esprit et le professionnalisme d'Emanuele Pirro dans cette prise de décision au nom des commissaires sportifs. L'Italien aux 37 Grands Prix en Formule 1, chez Benetton et BMS, et cinq victoires aux 24 Heures du Mans a de toute évidence fait le constat brut que l'Allemand avait opéré un retour en piste imprudent. Contraire à la règle qui impose de laisser la place à une voiture de passer.

Pour prouver la bonne foi de son pilote, Ferrari peut toujours révéler les données télémétriques de la voiture. Montrer si Vettel a freiné ou accéléré une fois revenu sur le bitume… Ce qui nous éclairera sur ses intentions. Car en vue embarquée, le pilote ne braque pas vers la gauche pour laisser la trajectoire naturelle libre.

Le bonus : Renault

Le début de saison d'Enstone et Viry ressemblait quand même à un énorme gâchis. Daniel Ricciardo et Nico Hülkenberg sixième et septième à un tour, ce n'est pas dingue mais c'était necessaire pour faire redescendre la pression avant le Grand Prix de France. L'écurie passe de 9e à 5e au championnat du monde des constructeurs, à deux points de McLaren. Déjà plus présentable car ça reste à des années-lumière de Red Bull que l'équipe devrait challenger avec plus de régularité.

Le malus : Le point du meilleur tour

Valtteri Bottas (Mercedes) a roulé dans un no man's land et il était le seul à pouvoir reprendre des gommes neuves pour faire le chasseur de prime. Charles Leclerc (Ferrari) à Sakhir et à Bakou, Pierre Gasly (Red Bull) à Shanghai et à Monaco… Ce point est la plupart du temps un accessit pour frustré, un lot de consolation dérisoire qui ne pèse même pas sur le classement du championnat du monde. Heureusement finalement.

La news : L'appel de Ferrari

La direction de la Scuderia a indiqué à la FIA son intention d'interjeter appel de la décision d'ajouter cinq secondes de pénalité au temps de course de Sebastian Vettel pour retour en piste imprudent au 48e tour.

La stat

C'est la première fois que les deux Renault sont dans les points cette année.

La déclaration : Lewis Hamilton (Mercedes)

" J'ai un peu comme une sensation de vide. Ça a été une course vraiment géniale entre deux équipes différentes et ça s'est terminé sur une note un peu négative."
0
0