GP du Qatar - Verstappen encore sonné par Hamilton : Red Bull "manquait de vitesse" et la pénalité a fait mal

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GRAND PRIX DU QATAR - Max Verstappen (Red Bull) est revenu à la deuxième place en cinq tours seulement, dimanche sur le circuit de Losail. Mais à cet instant, Lewis Hamilton (Mercedes) s'était déjà envolé vers sa deuxième victoires consécutive. Qu'est-ce que le Néerlandais en retient ? Que sa RB16B n'avait pas le rythme de la W12 pendant les trois jours dans le Golfe.

Max Verstappen (Red Bull) au Grand Prix du Qatar 2021

Crédit: Getty Images

Vingt-quatre heures après son plus gros revers de la saison en qualification (0"455), Max Verstappen est sorti sonné de sa Red Bull après 57 tours d'une nouvelle lutte vaine contre Lewis Hamilton (Mercedes), dimanche à Losail. Pas totalement quand même, puisqu'il lui fallait revenir de la septième place sur la grille, conséquence d'une pénalité de cinq places dont il avait hérité le matin pour non-respect d'un drapeau jaune en Q3, et que tout ceci comportait des risques.
On en attendait pas moins de lui et il a grillé Valtteri Bottas (Mercedes), Carlos Sainz (Ferrari) et Lando Norris (McLaren) à l'extinction des feux sous les projecteurs du premier Grand Prix du Qatar de l'histoire. Pierre Gasly (AlphaTauri) prié de se ranger à travers un appel radio au 3e tour signalant qu'il était "bloqué" derrière le Français de l'équipe B de Red Bull Racing, il a réglé son compte au 5e passage au revenant Fernando Alonso (Alpine), qui lui avait fait mordre la poussière dans les premiers hectomètres.

"Amusons-nous un peu"

A cet instant, il pointait déjà à 3"7 du leader, Lewis Hamilton (Mercedes), et ce fut, après ces temps forts, beaucoup de gestion de sa part et des conseils venus du muret. "Reste loin des bordures", lui a surtout recommandé son ingénieur, Gianpiero Lambiase. Sa RB16B équipée des mêmes "medium" que la W12 de Lewis Hamilton, il a vu tout ce qui le séparait du combo anglo-allemand. Environ trois dixièmes par tour en plus du retard pris au début. "Verstappen souffre plus que toi sur ce circuit", n'a d'ailleurs pas manqué de signaler Peter Bonnington à son pilote, chez les septuples champions du monde.
Relégué à 9"0 après 17 tours, le n°1 mondial a donc anticipé son premier pitstop et a été bien déçu de constater que l'undercut tenté n'avait pas l'effet escompté. Pire, que son retard avait enflé à 10"2.
A coups de meilleurs tours en course avec ses gommes "dur", il a alors challengé son adversaire pour le point bonus, et s'est fait rappeler à l'ordre. "Ne glisse pas trop. Fais gaffe à ton pneu avant. Tu es capable de revenir", lui a lancé son ingénieur italien au 28e des 57 tours. "Amusons-nous un peu. Nous allons finir deuxième de toute façon. Essayons donc d'attaquer pour réduire l'écart", lui a répondu "Super Max". Dimanche, une intervention de la voiture de sécurité représentait une forte probabilité et il fallait être prêt à tout.

Le meilleur tour, seule réelle satisfaction pour Verstappen

A ce titre, la crevaison de Valtteri Bottas (Mercedes) à l'avant gauche, au 33e passage, a donné l'alerte. "Doucement, les vibrations arrivent (dans les pneus)", a-t-il signalé, au 38e tour. Soit trois tours avant son deuxième pitstop (pour des "medium"), parfaitement exécuté (2"1). Mais là encore, il a été imité sans délai par le leader, dès lors à l'abri de tout.
Toujours à 8"9 au 44e tour, MV33 a alors du meilleur tour en course une affaire personnelle, d'autant plus aisée que Fernando Alonso (Alpine) naviguait à environ une demi-minute derrière lui. Chronométré en 1'24"031 au 54e tour juste avant de rentrer, il a mis un point d'honneur à claquer un 1'23"196 dans le 57e et dernier passage pour finalement fixer son avance au championnat à huit points sur Lewis Hamilton, à deux meetings de la fin de la saison.
"Cela a été un week-end assez difficile pour toute l'équipe et nous avons manqué de vitesse, a-t-il reconnu. Nous avons tout essayé après la pénalité de cinq secondes et finir deuxième avec le point du meilleur tour (son quatrième en 2021) est vraiment bon. J'ai eu un départ excitant et je savais que les premiers tours seraient très importants. Je suis remonté assez facilement à la deuxième place et, de là, j'ai essayé de minimiser l'écart et ça a plutôt bien marché."
Néanmoins, il restait le seul auteur des trois quatre cavaliers seuls en tête de course (Abou Dabi 2020, Monaco, Spielberg 1 et 2), et son meilleur ennemi a mis fin à la série, dimanche.

5 points de retard sur Mercedes

"Le retour de Max dans le premier tour a été superbe et ses deux premiers virages sensationnels, a apprécié le directeur d'équipe Christian Horner, sanctionné dimanche pour avoir évoqué l'action d'un "commissaire voyou" samedi en Q3. Mercedes avait une voiture plus rapide avec Lewis aujourd'hui mais nous sommes revenus sur eux dans le deuxième et le troisième relais. Nous n'étions pas les plus rapides mais notre Vmax était compétitive et le fait que Max a pu établir le meilleur tour avant de passer les 'tendre' est encourageant."
Seul Sergio Pérez a donc manqué à l'appel sur le podium, empêché dans les derniers tours par les conséquences de l'abandon de Nicholas Latifi (Williams). "Je pense que sans la voiture de sécurité virtuelle, nous aurions été juste derrière Alonso dans le dernier tour, mais il nous a rapporté de précieux points."

"Gagner l'une des deux dernières courses"

Effectivement, les 19 unités amassées par le Néerlandais complétées par les 12 du Mexicain ont permis à Red Bull Racing de revenir à seulement cinq longueurs de Mercedes. "Nous devons rester concentrés, il reste deux courses et beaucoup de choses peuvent arriver. Tout est possible", a rappelé Max Verstappen.
Néanmoins, RBR a subi la loi de Mercedes pour la deuxième fois de suite, ce qui ne lui était arrivé qu'une fois cette saison, à Portimao et à Montmelo. L'écurie allemande est bel et bien dans une dynamique d'autant plus difficile à stopper que Lewis Hamilton n'utilisait pas ce week-end le fameux V6 qui avait fait tant de ravages au Brésil. Ce bloc n°5 sera à l'œuvre à Jeddah et à Abou Dabi et l'association Red Bull-Honda devra être au diapason pour inverser une tendance inquiétante.
"Nous sommes encore en tête (au championnat du monde Pilotes) mais nous ne nous sentons vraiment pas encore à l'aise, a commenté Helmut Marko, le conseiller de Red Bull Racing, à The Telegraph. Nous devons gagner l'un des deux dernières courses, c'est aussi simple que ça. Le moteur de Hamilton n'aura pas autant de puissance que le week-end dernier au Brésil." Info ou intox ?
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