Sortie du film "F1" au cinéma | Comment Brad Pitt est devenu un (bon) pilote

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C'est aussi ça, être un grand acteur : savoir vivre son rôle pleinement. Pour le film "F1", au cinéma dès ce mercredi, Brad Pitt a effectué une longue et minutieuse préparation physique et technique pour être en mesure de piloter de véritables monoplaces, et ainsi rendre les scènes de course ultra-réalistes. Pour cela, il a été accompagné de plusieurs spécialistes, dont Lewis Hamilton.

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Video credit: Eurosport

Tom Cruise n'est pas un "vrai" pilote de chasse. Le temps d'un long-métrage - "F1", en salles ce mercredi -, Brad Pitt est lui devenu un "vrai" pilote de course. Joseph Kosinski, réalisateur du film et de "Top Gun : Maverick" en avait fait une condition sine qua non. Question d'authenticité. De réalisme. "Il tenait à tourner le meilleur film de course automobile jamais réalisé, a raconté le producteur Jerry Bruckheimer. Pour y parvenir, il fallait que les acteurs pilotent eux-mêmes les voitures. C'était exaltant, c'était dangereux. Mais c'était le seul moyen de le faire."
Bien entendu, il n'était pas question de mettre une véritable Formule 1 entre les mains de Brad Pitt et de Damson Idris, les deux héros du film, pour tout un tas de raisons évidentes. Mais ils ont tout de même tourné les scènes de courses au volant de F2, maquillées en F1 avec l'aide de Mercedes. Des voitures capables d'atteindre les 320 km/h.
Forcément, ce drôle de défi a nécessité une énorme préparation. D'abord sur le plan physique. À 61 ans, Brad Pitt a dû se reconstruire les mêmes atouts que les jeunes pilotes de l'antichambre de la F1, dont les corps et les organismes s'adaptent aux charges imposées par la vitesse dès le plus jeune âge.

Préparé comme un pro

Pour l'accompagner, la production l'a entouré de Barry Sigrist, préparateur britannique réputé ayant collaboré avec des écuries comme Haas ou des clubs de Premier League. "Avec Brad et Damson, il a fallu condenser en quelques mois un processus qui prend normalement plusieurs dizaines d'années", a-t-il confirmé.
L'acteur américain a donc eu droit aux tests de V02 max, qui mesurent la capacité à consommer de l'oxygène, aux entraînements sur le BATAK pour travailler les réflexes et, bien entendu, aux exercices de renforcement musculaire, en particulier le cou, le dos et les abdos, pour encaisser les G. "Ces voitures ont une telle force, a raconté Brad Pitt. On la ressent énormément dans les virages à haute vitesse. On a le sentiment que notre tête va se décoller du corps. La puissance de ces monoplaces est stupéfiante. Je n'avais jamais connu une telle montée d’adrénaline."
"C’est bien plus éprouvant qu’on ne l’imagine, a insisté Kosinski. La tête pèse cinq fois son poids habituel, donc la première chose qui lâche, c’est la nuque. Et la seule manière de la renforcer, c’est de rouler, encore et encore, tour après tour." C'est donc ce que les deux héros du film ont fait, puisqu'ils auraient parcouru pas moins de 10.000 km sur différents circuits. Soit autant qu'Andrea Kimi Antonelli pour préparer son arrivée chez Mercedes.
Je crois que Lewis a vite compris que Brad avait un talent naturel
Pour le reste, l'acteur américain a eu droit à d'autres professeurs (très) particuliers. À commencer par Lewis Hamilton, coproducteur du film qui a, dès la naissance du projet, évalué les capacités de pilotage du sexagénaire sur un circuit de Los Angeles. "Je crois que Lewis a vite compris que Brad avait un talent naturel pour le pilotage, a révélé Kosinski. Il fait de la moto depuis toujours. Il maîtrise déjà la gestion de l’adhérence, la trajectoire idéale et l’usage d’un embrayage manuel. On partait d’une base très solide."
En l'espace de quelques mois, Brad Pitt est passé de voitures de sport à des Formule 3, puis des Formule 2. "Au début, il s'agit surtout de se familiariser, de se convaincre que la voiture tiendra la route et qu'elle s'arrêtera même quand on aura l'impression de foncer droit vers un mur, a-t-il souri. Avec ces monoplaces, plus on s'engage, plus elle adhère et plus on peut aller vite dans un virage... même si chaque fibre de votre corps vous hurle : 'Non ! NON ! Elle va décrocher'!"

Seulement 5 secondes moins vite que les temps de référence ?

En compagnie de Luciano Bacheta et Craig Dolby, deux pilotes cascadeurs, Brad Pitt est passé par toutes les étapes techniques pour apprendre à se comporter dans des conditions réelles... ou presque. "Il devait piloter mais aussi jouer son rôle, ce que les pilotes professionnels ne font évidemment jamais, a souligné le premier de ces deux formateurs. Ils devaient exprimer des réactions et des émotions liées à l’histoire tout en pilotant, uniquement avec le regard, à travers la visière."
En l'espace de quelques mois, l'Américain est passé du simulateur à la piste dans une F2. Rapidité pour atteindre le freinage maximal, vitesse d'entrée dans les virages, rythme de course... rien n'a été négligé pour rendre les nombreuses scènes de courses le plus réaliste possible. "Au début, on progresse à grands pas, on gagne des secondes entières, a observé le héros du film. Et au fil des mois, on se bat pour des quarts de seconde." La précision a été poussée si loin que Lewis Hamilton a même été sollicité pour indiquer les zones où les pilotes de F1 privilégient le passage des rapports.
Tout ce travail a porté ses fruits, puisque le rendu visuel est franchement réussi et tranche avec d'autres longs-métrages qui ont tenté de se pencher sur ce sport. Il a aussi participé à créer une drôle de légende selon laquelle certains de ses chronos étaient relativement proches (5 secondes) des meilleurs temps réalisés en F2. À tel point qu'il aurait même reçu des offres pour rouler en Endurance au volant de GT. Après avoir donné le départ des 24 Heures du Mans, en 2016, Brad Pitt aurait donc désormais la possibilité d'y rouler...

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