Pour Fabio Quartararo, tout s'est malheureusement passé comme prévu. Le Français, qui était il y a quelques mois encore l'indiscutable patron de l'exercice, a encore dû se contenter des miettes en qualification. La faute, de nouveau, à la supériorité des Ducati et d'un trio - Bagnaia, Bastianini, Miller - qui a pris un malin plaisir à verrouiller la première ligne depuis trois Grands Prix. Sur l'un des circuits qu'il apprécie le moins, le Motorland d'Aragon, le champion du monde en titre a sauvé ce qui pouvait l'être, à savoir une place sur la deuxième ligne derrière Aleix Espargaro (Aprilia) et une autre Ducati, celle de son compatriote Johann Zarco.
Il aurait effectivement fallu un exploit, ou plutôt un miracle, pour obtenir beaucoup mieux. Le Niçois a concédé 0"730 sur le chrono de référence et à voir les quelques sauvetages "à la Marquez" qu'il a dû accomplir, difficile de trouver les zones où il aurait pu flirter d'un peu plus près avec la limite.
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Encore plus difficile qu'à Misano ?

"Je n'ai fait qu'une erreur au virage N.2, où j'ai étrangement perdu l'avant, alors que la moto était assez droite, a-t-il noté après coup. Mais ça n'a pas changé grand-chose. J'aurais peut-être amélioré mon chrono mais pas ma position. Je n'aurais pas gagné une demi-seconde."
C'est pourtant peu ou prou ce qu'il fallait pour accrocher la première ligne. Et s'éviter, ainsi, une nouvelle course éreintante dimanche, au milieu d'une armada Ducati, puisque Marco Bezzecchi et Jorge Martin sont les deux pilotes suivants sur la grille. À force, "El Diablo" a fini par prendre le pli. Il s'en était même plutôt bien sorti en Autriche puis, dans une moindre mesure, à Misano.
Mais cette fois, la tâche pourrait être encore plus complexe. Il y a deux semaines, Claudine Domenicali avait passé une soufflante à Enea Bastianini, coupable selon lui d'avoir mis trop de pression à Bagnaia dans les derniers tours de course. Alors que l'Italien a encore 30 points de retard à combler sur le leader du Mondial, et "seulement" six courses pour y parvenir, la firme de Borgo Panigale devrait gentiment faire passer quelques consignes pour que ses soldats deviennent de véritables lieutenants.

12 km/h de différence en qualification

D'autant qu'ils auront plusieurs portions largement favorables à leurs surpuissantes machines, avec deux grandes lignes droites. L'une de 630 mètres, l'autre du double. C'est d'ailleurs dans le dernier secteur que le Français a perdu le plus gros, samedi après-midi, puisque dans son dernier tour lancé, il ne comptait "que" 0"378 de retard après trois portions. Au radar, la Yamaha du champion en titre n'a même pas atteint les 342 km/h (341.8 exactement) là où la Ducati d'Enea Bastianini a dépassé les 354 km/h.
Le pilote tricolore est donc, encore une fois, condamné à subir les turbulences italiennes dans la deuxième moitié du circuit. En roulant seul lors de la dernière séance d'essais libres, il a pourtant été capable d'aligner une dizaine de tours autour des 1'47, ce que personne d'autre n'est parvenu à faire, pas même les Ducatistes.
"C'est dommage parce que je suis super content de mon rythme, a-t-il confirmé samedi. Je me sens bien et je pense que je peux encore bien assurer demain. Je vais devoir faire des dépassements agressifs. Et si nous devons avoir des contacts, nous les aurons. Ce sera ma seule solution pour cette course." Pour Quartararo, la meilleure défense reste l'attaque.

Fabio Quartararo (Yamaha) au Grand Prix d'Aragon, le 17 septembre 2022

Crédit: Imago

(Avec AFP)
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