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MotoGP - Et si Fabio Quartararo (Yamaha) avait fait le plus dur en vue du titre ?
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Publié 30/09/2022 à 00:07 GMT+2
GRAND PRIX DE THAÏLANDE - C'est le sprint final. A la poursuite d'un deuxième titre de champion du monde, Fabio Quartararo (Yamaha) aborde la première des quatre dernières épreuves avec une avance de 18 points sur Francesco Bagnaia (Ducati), ce vendredi. Pas de quoi sabrer le champagne même si le Français a fait un pas important au Japon.
Fabio Quartararo au Grand Prix du Japon, le 25 septembre 2022
Crédit: Imago
Il a stoppé l'hémorragie. Mis sous une gigantesque pression par Francesco Bagnaia, auteur de quatre victoires et une deuxième place en cinq épreuves avant le Grand Prix du Japon, Fabio Quartararo (Yamaha) a continué de résister, à Motegi, là ou "Pecco" a fini par craquer. Le Français a repris des points à son rival italien et peut maintenant envisager la fin de saison avec plus de sérénité. La preuve.
Le contexte : Des gros points et des arbitre
18 unités. De loin, l'avance de Fabio Quartararo sur Francesco Bagnaia ne lui offre aucune marge d'erreur. De près, elle apparaît (légèrement) plus confortable. D'abord parce que l'homogénéité du plateau va encore faire perdre beaucoup de points à l'un et à l'autre, ce qui est forcément un désavantage pour le chasseur italien.
Ensuite parce que deux pilotes ont toutes les armes pour se mêler à la lutte : Marc Marquez, déjà performant au Japon, débarrassé de ses douleurs au bras et souvent très à l'aise sur certaines épreuves de fin de saison, et Aleix Espargaro, plombé par une grosse boulette à Motegi mais encore en course pour le titre et revanchard.
On peut également citer Enea Bastianini, seul Ducatiste capable de battre Bagnaia à la régulière, ou encore Jack Miller qui, compte-tenu des conditions climatiques attendues, pourrait lui aussi avoir une carte à jouer. Plus il y a de fous, plus Quartararo a de bonnes raisons de sourire. Même s'il devra, dans tous les cas, figurer aux avant-postes.
Le mental : Un gros coup sur le casque
À Motegi, Francesco Bagnaia est brutalement retombé de son petit nuage. Intouchable ou presque durant plusieurs semaines avant le rendez-vous nippon, l'Italien avait, pensait-on, dissipé les nombreuses interrogations portant sur sa résistance à la pression.
"Pecco" avait affiché certaines limites la saison dernière et lors de la première moitié de l'exercice en cours. Elles ont soudainement refait surface lors d'une tentative de dépassement trop ambitieuse en toute fin d'épreuve au Japon.
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Francesco Bagnaia
Crédit: Getty Images
Lui aussi très fragile sur ce plan au début de sa carrière en MotoGP, Quartararo s'est construit, depuis deux ans maintenant, un mental d'acier. Sa malheureuse chute en Aragon aurait pu le faire dégoupiller. Mais ce ne fut pas le cas. Les expériences de 2020 et 2021 lui ont offert un sacré bagage.
Les circuits : Deux paradis pour Ducati, mais...
Thaïlande, Australie, Malaisie, Valence. Voici, dans l'ordre, les quatre Grands Prix restants. Si l'on tient compte des caractéristiques des circuits, deux sont plutôt favorables à Ducati et donc à Francesco Bagnaia : Buriram et Sepang.
Les deux tracés proposent de longues lignes droites et de nombreux virages lents. Un paradis pour la machine italienne, un enfer pour la Yamaha de Fabio Quartararo. Les circuits plus techniques de Phillip Island et de Cheste permettent d'équilibrer le rapport de force sur ce plan-là ou, au moins, d'atténuer la supériorité de la Ducati. Voilà pour la théorie.
En pratique, il faut se souvenir que la dernière fois que le MotoGP s'est rendu en Thaïlande, Quartararo s'était battu pour la victoire. C'était en 2019, face à Marquez, avec une monture et un moteur différents. À l'époque, la nature du bitume avait permis à Yamaha de gommer certains de ses défauts, notamment à l'accélération.
Difficile de savoir si ce sera encore le cas trois ans plus tard. Mais le Français a également appris à faire de la résistance sur des circuits hostiles à sa M1. Le Grand Prix d'Autriche a véritablement agi comme un déclic.
La météo : Fin de mousson et incertitudes, cocktail infernal
En Thaïlande, la fin du mois d'octobre correspond aussi à la fin de la mousson. La pluie va donc, d'une manière ou d'une autre, perturber le Grand Prix ce week-end. La reverra-t-on ensuite ? C'est probable en Malaisie et envisageable en Australie puisque le circuit de l'île de Phillip Island est exposé à de nombreux changements climatiques. Bref, difficile de tirer des motifs encourageants pour le Français.
Le champion du monde en titre n'a jamais été particulièrement à l'aise sur les pistes gorgées d'eau, ce pour des raisons qui remontent à ses premiers tours au guidon d'une minimoto. Le Grand Prix de France 2021, où il avait terminé deuxième sous le déluge, a mis fin au blocage. Mais la Yamaha, elle, ne supporte pas d'être entre deux eaux, sans mauvais jeu de mots.
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Fabio Quartararo (Yamaha Factory) au Grand Prix du Japon 2022
Crédit: Getty Images
Pour permettre à sa M1 de trouver du rythme, "El Diablo" espère du tout ou rien. Beaucoup de pluie, ou un temps sec. Mais surtout pas de séchant.
Contrairement à son coéquipier Jack Miller, Francesco Bagnaia n'est pas un maître des averses mais il dispose de la machine la plus polyvalente et la plus avancée aérodynamiquement. C'est un avantage considérable. Même si ses performances sur l'ensemble du week-end au Japon, dans des conditions changeantes, ont semé quelques doutes.
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