À Misano, il y avait 25.000 spectateurs en tribunes et 22 autres pilotes en piste mais Fabio Quartararo et Francesco Bagnaia semblaient pourtant bien seuls. Le Français, dominant et régulier depuis le début de saison, et l'Italien, brillant vainqueur des deux derniers Grands Prix, ont livré le premier duel de ce qui ressemble à une rivalité naissante. Et certainement pas le dernier.
C'est parce qu'ils ont tant de points communs, mais que tout les oppose, que le leader du Championnat du monde et son dauphin pourraient construire un antagonisme durable, de ceux qui ont animé le XXIe siècle. Il y avait eu Rossi - Biaggi, Lorenzo - Stoner, Marquez - Dovizioso (et Rossi... face à tous ceux-là aussi), il y aura peut-être Quartararo - Bagnaia.

Francesco Bagnaia et Fabio Quartararo - MotoGP

Crédit: Getty Images

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Le Français ne s'en plaindra pas, mais jamais cette saison un pilote n'avait été capable de lui opposer une telle résistance, à la régulière et dans les conditions les plus habituelles. Misano, c'était "chez" Bagnaia mais c'était aussi et surtout un circuit sur lequel le Niçois était à l'aise. Et cette année, avant le Grand Prix de Saint-Marin, Quartararo n'avait pas eu de concurrence sur des terrains qui lui étaient propices.

Les précoces Quartararo et Bagnaia désormais au sommet

Le pilote tricolore a enlevé cinq succès, sur quatorze manches, et le reste de la meute s'est répartie les autres victoires comme elle a pu. Aucun autre pilote ne s'est offert plus de deux Grands Prix. Et avant le coup double de Bagnaia, seul Jack Miller avait gagné deux fois de suite, en Espagne puis en France, en profitant notamment du déluge du Mans. "Pecco", lui, a résisté coup sur coup à Marquez puis à Quartararo en l'espace d'une semaine.
Les deux victoires du pilote de 24 ans rappellent d'ailleurs quelque peu ce qu'avait réussi Quartararo à Jerez, en début de saison dernière. Lui aussi, a débarqué très jeune - 16 ans - en championnat du monde, porté par un talent précoce. Lui aussi, a bourlingué dans les catégories inférieures, même s'il s'est couronné lors de sa deuxième saison en Moto2, en 2018... année où le Français décrocha son premier succès en carrière.
"El Diablo" et "Pecco" ont découvert la catégorie reine ensemble, même si l'adaptation du premier fut autrement plus pressante. Et lorsque les constructeurs ont lancé leur vaste cure de jouvence, les deux firmes les plus performantes ces dernières années, Yamaha et Ducati, les ont élus. Les successeurs de Valentino Rossi, ce sont eux ; le Niçois a hérité de la machine de la superstar italienne, que tant d'autres avaient convoitée avant lui. Le Turinois est un produit de la VR46 Academy, et le plus talentueux.

Que Ducati et Bagnaia soient en MotoGP ce que Ferrari est en Formule 1

"Nous sommes un petit constructeur qui investit beaucoup dans la technologie, et ces résultats sont très importants, disait au journal AS Paolo Ciabatti, directeur sportif de Ducati, après la victoire de Bagnaia à Misano. Dans les tribunes, les fans étaient vêtus de jaune pour célébrer l'avant-dernière course de Rossi en Italie. Nous espérons que l'an prochain, ce jaune se transformera en rouge. Parce que 'Pecco' est un pilote de l'académie de Valentino, il est jeune, italien, et roule sur une machine italienne. Souhaitons que dans le futur, Ducati et Bagnaia soient en MotoGP ce que Ferrari est en Formule 1."
L'un comme l'autre ont toujours décliné les comparaisons avec "Le Docteur", alors que leur style de pilotage se rapproche bien plus de celui... de Jorge Lorenzo. Le triple champion du monde avait lui-même fait du Français son successeur. Et certains membres de l'écurie Ducati avaient révélé que Bagnaia utilisait encore certaines données recueillies par le Majorquin lors de son passage en rouge.
"Nous avons superposé et examiné des photos de Bagnaia et Lorenzo dans certaines zones du circuit, confiait récemment le Team Manager Davide Tardozzi, sur Sky Italia. À part le casque et le cuir, il n'y avait pas de différence. Le style et les positions sur la machine sont similaires." Bref, Quartararo et Bagnaia se ressemblent. Leur objectif aussi. Mais l'un a un peu plus d'avance. 48 points précisément.

Fabio Quartararo (Yamaha) dans le sillage de Francesco Bagnaia (Ducati) au Grand Prix de Saint-Marin, le 19 septembre 2021

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