Clément Noël, Paco Rassat, Steven Amiez... Et si la France était la meilleure équipe de slalom au monde ?

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Un podium et une victoire : l’équipe de France masculine de slalom a idéalement lancé sa saison olympique. Derrière son champion olympique, Clément Noël, c’est tout un collectif qui semble armé pour viser haut. A Val d’Isère ce week-end, mais également à Bormio, en février, lors des prochains JO. Un an après le "zéro" des Mondiaux, les techniciens tricolores n’ont jamais semblé aussi redoutables.

L'exploit de dingue de Rassat ! Le Français remporte sa 1re victoire à Gurgl !

Video credit: Eurosport

Par François-Xavier Rallet
Le sourire incrédule de Paco Rassat suffit à illustrer l’élan en cours. Pour le 70e anniversaire du Critérium de la Première Neige et à deux mois des Jeux, la presse s’est massée jeudi autour du slalomeur français. Mais pas seulement. À Val d’Isère, jamais les micros n’ont été si nombreux pour interroger le vainqueur de Gurgl et ses coéquipiers. Car avant le coup d’éclat du skieur des Aillons en Autriche, Clément Noël avait déjà lancé la dynamique avec une deuxième place à Levi. Ajoutez à cela le retour au premier plan du phénix Victor Muffat-Jeandet, septième à Gurgl à… 36 ans, et l’équipe de France affiche une santé éclatante en ce début d’hiver. De là à en faire la meilleure nation mondiale de slalom ?
"Non, on n'est pas la meilleure équipe de slalom du monde. Pas encore !", tempère Kevin Page, le responsable du groupe technique tricolore. Mais c'est notre ambition, tout en respectant la trajectoire individuelle de chacun. C'est un leitmotiv affiché depuis un an et demi." Saison après saison, le groupe s’est renforcé derrière son champion olympique, Clément Noël. Page nuance néanmoins : "Restons calmes, il n’y a eu que deux slaloms. Aujourd’hui, une équipe comme la Norvège, avec McGrath, Kristoffersen et Haugan, nous est encore supérieure. Mais viser le statut de meilleure équipe du monde demeure notre moteur." Interrogé lui aussi, Paco Rassat a son idée : "On a une équipe très forte mais dire aujourd’hui qu’on a la meilleure, c’est un peu tôt. Mais notre objectif reste d’être le meilleur groupe du monde, d’aller battre les Norvégiens et les Suisses."

Le slalom, colonne vertébrale du ski français

La France a toujours entretenu une tradition d’excellence en slalom : de Jean-Claude Killy à Jean-Baptiste Grange, en passant par Patrick Russel, Alain Penz, Jean-Pierre Vidal, Sébastien Amiez ou Julien Lizeroux… Une véritable école. "La France a souvent eu un temps d’avance techniquement sur les autres nations", analyse notre consultant Jean-Pierre Vidal. Avec quatorze victoires et depuis son sacre à Kitzbühel en janvier, Clément Noël est devenu le Français le plus titré en Coupe du monde de slalom. Il aura fallu près de sept ans pour qu’un successeur émerge : Steven Amiez semblait tenir le rôle, mais c’est finalement Paco Rassat qui a jailli à Gurgl.
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Rassat toujours incrédule après sa victoire : "Je ne pensais pas que ça pouvait arriver un jour"

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Dauphin de Rassat à Gurgl, le Belge Armand Marchant se dit même "premier fan" du groupe tricolore : "Pour moi, c’est l’une des meilleures équipes du monde. Elle possède Clément (Noël), qui est le meilleur slalomeur des cinq-six dernières années. Il met une 'target' à chaque séance, et ça tire tout le monde vers le haut : Paco (Rassat), Steven (Amiez), Hugo (Desgrippes) ou Antoine (Azzolin)."
Vidal renchérit : "Le niveau à l’entraînement est tellement élevé que chaque séance ressemble à une Coupe du monde. C’est souvent là que se construisent les futures victoires. Cette émulation est un atout majeur. C’est un collectif soudé." Marchant ajoute : "Dès qu’un Français se rate, il est rappelé à l’ordre par le reste du groupe. Avec une telle densité, il y en a toujours un qui brille. Et la diversité des marques de ski dans l’équipe est un vrai plus : selon les conditions, certains skis fonctionnent mieux et ça fait progresser tout le monde."
Les derniers Mondiaux ont fait tache 
Pour orchestrer cette montée en puissance, le boss Kevin Page s’appuie sur Romain Vélez, Thomas Maitre, Max Tissot et Mathias Rolland : "On se répartit de manière équilibrée les séances et les disciplines (géant ou slalom), explique-t-il. Marchand confirme : "L’encadrement est jeune et dynamique. Il y a une super 'vibe' avec Kevin, Romain ou Thomas. Ça compte autant hors des skis que dessus." Page poursuit : "Chacun apporte quelque chose. Varier les coaches crée de la fraîcheur, évite la redondance et constitue une vraie force. On fonctionne ainsi depuis 2023." 
Le souvenir des Mondiaux de Saalbach s’estompe peu à peu. "Pour le grand public, nos performances ont fait tache car on n’a pas ramené de médaille. Mais Clément était le seul vrai candidat au titre là-bas, rappelle Page. Aujourd’hui, tous peuvent viser haut, sans complexe." À soixante jours des JO de Milan-Cortina, l’élan a complètement changé. "Beaucoup de choses ont évolué en dix mois, note Marchant. Mais attention : cette équipe reste jeune. Avant de penser aux médailles olympiques, il faut enchaîner les podiums en Coupe du monde… ce qu’ils font déjà, glisse-t-il en souriant. 
Pour Vidal, le groupe a pris conscience de sa valeur : "Les podiums récents ont libéré les têtes. En ski, la confiance peut faire gagner deux à trois dixièmes par manche. On fera le bilan en fin d’hiver mais cela pourrait être l’une des plus belles années du ski français." Dimanche, les Tricolores défieront la Face de Bellevarde lors du troisième slalom (1re manche à 9h30, la seconde à 13h). Doués, ambitieux… mais pas tous assurés d’aller aux JO. Et c’est précisément cette concurrence interne qui rend l’hiver aussi excitant.
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