ATP Cincinnati - Pourquoi cette finale vaut plus cher pour Jannik Sinner que pour Carlos Alcaraz

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Difficile de leur échapper. Après Rome, Roland-Garros et Wimbledon, Jannik Sinner et Carlos Alcaraz s'affrontent à nouveau en finale, cette fois à Cincinnati. Au-delà de la conquête d'un nouveau titre de premier plan, c'est aussi la place de numéro un mondial qui est en jeu. Pas dans l'immédiat, bien sûr, mais à plus court terme qu'on ne l'imagine. Et si l'Italien était très vite en danger ?

Atmane veut compléter son Pokédex après avoir brillé en Ohio

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Le tennis n'est pas une histoire d'experts-comptables. Encore moins une rivalité de l'envergure de celle qui implique conjointement Jannik Sinner et Carlos Alcaraz. Mais par-delà les titres, les victoires et les notions de suprématie et de rapport de force entre eux, qu'on le veuille ou non, ce sport tire aussi une part de sa grandeur de sa hiérarchie. Bien sûr, rien ne vaut et ne vaudra jamais le fait de décrocher un trophée, à commencer par les plus majeurs. Mais la conquête ou la reconquête de la place de numéro un mondial est tout sauf neutre. Cet enjeu-là possède aussi sa part de prestige. Et là, les experts-comptables ont toute leur place.
Or Sinner et Alcaraz sont désormais seuls au monde. Souvenez-vous, il y a encore quelques mois, au début de l'année en cours, le classement ATP s'apparentait à une lutte à trois, puisque Alexander Zverev s'étant immiscé dans cette discussion. L'Allemand le clamait : il briguait non seulement un premier titre du Grand Chelem, mais aussi la place de numéro un. Son rush fin 2024 l'avait placé sur orbite et crédibilisé cette ambition. Depuis, le vent a tourné et le Hambourgeois n'a plus son mot à dire. À court et moyen terme, c'est-à-dire au moins jusqu'à la fin de la saison, ce dialogue est uniquement italo-espagnol.
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Un set à lutter, l'autre à dominer : comment Sinner a écarté Atmane

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Lire entre les lignes et derrière les apparences

En apparence, il n'y a d'ailleurs pas de débat. Jannik Sinner, au pouvoir depuis maintenant 16 mois, est le patron et Carlos Alcaraz est son dauphin. En arrivant à Cincinnati, le Transalpin affichait plus de 12000 points au compteur, soit une marge d'environ 3500 points sur son rival. Pourtant, sans avoir l'air d'y toucher, "Carlitos" pourrait très vite devenir une menace directe pour le trône. C'est en ce sens que la finale de ce lundi revêt une importance toute particulière. Quoi qu'il arrive, rien ne changera mardi matin lors de la publication hebdomadaire du classement. Il n'en reste pas moins que Sinner entre dans une zone dangereuse.
C'est là qu'il faut lire entre les lignes et gratter pour voir ce que masquent les apparences. S'il s'impose ce lundi soir dans l'Ohio, Jannik Sinner aura la garantie d'être toujours numéro un mondial à l'issue de l'US Open, le dernier tournoi du Grand Chelem de la saison. Mais si Alcaraz est sacré, le changement de pouvoir pourrait alors intervenir dès New York. Il y aurait alors 1900 points d'écart entre les deux hommes au coup d'envoi de l'US.
Mais en retranchant les points glanés à Flushing en 2024 (2000 pour Sinner, 50 pour Alcaraz, éliminé dès le 2e tour l'an dernier), l'Espagnol serait virtuellement le numéro un en attaquant le Majeur américain. C'est simple : celui des deux qui ira le plus loin à l'US Open sera alors forcément le leader mathématique le 8 septembre prochain. Voilà pourquoi le chassé Sinner joue sans aucun doute plus gros que le chasseur Alcaraz ce lundi.
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Zverev n'avait pas les armes pour faire tomber Alcaraz

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À la Race, le patron, c'est Alcaraz

Comment est-ce possible, tant la suprématie de l'Italien semble solidement ancrée ? Retournons quelques mois en arrière. Lorsque le protégé de Darren Cahill a été écarté trois mois des terrains pour purger sa suspension entre février et mai, une porte s'entrouvrait alors pour Alcaraz (et pour Zverev à l'époque). Il n'en avait rien été. Mais le Murcien n'en avait pas moins posé des petites pierres qui, à l'approche de l'automne, pourraient porter leurs fruits. Pendant que Sinner piaffait, Alcaraz avait engrangé au total 3830 points, notamment via des titres à Rotterdam, Monte Carlo et Rome. Cela n'avait pas suffi entre la sortie de l'hiver et le début du printemps pour aller rechercher la première place, mais ces points-là vont peser dans les semaines à venir.
Les trois mois d'absence n'ont donc certes pas fragilisé la position de Sinner au printemps, mais il doit désormais impérativement galoper s'il veut rester sur le trône. Entre l'Open d'Australie et Wimbledon, ses deux grands triomphes de 2025, l'Italien a totalisé 2000 points (finales à Rome et Roland-Garros, huitième de finale à Halle). Alcaraz ? 5840. À la Race, c'est d'ailleurs bien l'Espagnol qui est aux commandes, avec plus de 1500 points d'avance. Lundi soir, à l'issue de la finale, l'écart en faveur d'Alcaraz sera de 1890 points ou de 1190, en fonction du dénouement de leur 14e duel. C'est donc un match à 700 points qui se joue à Cincinnati...
En réalité, Jannik Sinner et Carlos Alcaraz affichent tous les deux un rythme de numéro un mondial. Là aussi, la rivalité des deux hommes prend une dimension colossale. Ils se comportent l'un et l'autre en patrons, mathématiquement parlant. Alcaraz fait une saison de numéro un, tout comme Sinner. Mais autant ils peuvent partager les titres d'une semaine et d'une surface à l'autre, autant il n'y a qu'une seule place de numéro un. L'actuel détenteur du poste n'avait pas laissé grand-chose dans la dernière ligne droite du calendrier en 2024, avec des victoires à Cincinnati, l'US Open, Shanghai et au Masters. Alcaraz, lui, était davantage resté en retrait. Sa fenêtre de tir est donc maintenant. Pour lui, l'opération reconquête commence aujourd'hui.
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"Il n'y a même pas eu besoin d'un immense Sinner pour venir à bout de cet Alcaraz-là"

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