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6-0, 6-0, 6-0, Djoko K.-O., 11 balles de match : Le Top 50 des matches marquants de Roland

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Le Top 50 hommes de Roland-Garros.

Crédit: Eurosport

ParEurosport
31/05/2020 à 22:39 | Mis à jour 05/06/2020 à 14:53

ROLAND-GARROS - La semaine dernière, vous avez pu découvrir notre classement des 50 matches les plus marquants du Grand Chelem parisien chez les dames. Place à ces messieurs cette semaine. Esthétisme, suspense, force émotionnelle ou portée historique, les 50 rencontres que vous allez découvrir jusqu'à vendredi sont toutes, pour une raison ou un autre, dans le gotha de Roland.

Dossier réalisé par Maxime BATTISTELLA, Rémi BOURRIERES et Laurent VERGNE

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Roland-Garros

Tout jouer sauf le double mixte et le tournoi des légendes : Forget dévoile son plan

04/07/2020 À 09:49

50. Mats Wilander - Slobodan Zivojinovic

Edition : 1988
16e de finale
Vainqueur : Mats Wilander (Suède)
Adversaire : Slobodan Zivojinovic (Yougoslavie)
Score : 6-2, 6-7, 3-6, 6-3, 7-5

Un match à la fois improbable, haletant et crispant. Un de ceux où personne ne voit rien venir et dont l'issue aurait pu bouleverser non seulement cette quinzaine 1988 mais aussi impacter la hiérarchie mondiale d'alors et même, qui sait, l'histoire du tennis français. Mats Wilander, double vainqueur à Roland-Garros et lauréat de l'Open d'Australie en début d'année, n'aurait jamais dû rencontrer le moindre problème face à Zivojinovic. "Bobo", un des plus grands serveurs de sa génération, double demi-finaliste en Grand Chelem mais toujours sur herbe, ne mettait pas un pied devant l'autre sur terre.

Wilander mène d'ailleurs 6-2, 3-0. Tout est normal. Puis tout devient anormal. Zivojinovic revient, la nuit reporte les débats au lendemain midi. Inexplicablement, le Suédois ne parvient plus à se défaire des griffes de l'ours Bobo, qui ira jusqu'à mener deux sets à un 5-2 dans la manche décisive pour passer à deux points de la victoire. Si vous voulez connaitre les détails de ce drôle de duel, nous l'avions évoqué dans un épisode de "On refait l'Histoire". Ici, version courte : Wilander va s'en sortir, puis remporter son 3e Roland-Garros, en battant Henri Leconte en finale. Il deviendra numéro un mondial trois mois plus tard. A quoi aurait ressemblé le destin de ce Roland-Garros, et celui de Leconte notamment, si Bobo était allé au bout de son braquage sur le Central ?

Slobodan Zivojinovic.

Crédit: Getty Images

49. Pancho Gonzalez - Roy Emerson

Edition : 1968
Quart de finale
Vainqueur : Pancho Gonzalez (Etats-Unis)
Adversaire : Roy Emerson (Australie)
Score : 7-5, 6-3, 3-6, 4-6, 6-4

Voilà sans doute le premier grand moment du tournoi dans l'ère Open. Ce Roland-Garros 1968, lancé le lundi 27 mai, le jour même de la signature des accords de Grenelle. Ce début de quinzaine, disputé alors que Paris vit encore largement sans essence ni téléphone, manque de tourner au fiasco. Deux jours plus tard, De Gaulle s'en va à Baden Baden, avant de regagner la capitale deux jours plus tard. Ce n'est que le mercredi 4 juin que l'activité économique repart. Le même jour, Pancho Gonzalez signe un exploit dont lui seul a le secret. Ce bon vieux Pancho, quelques jours plus tôt, avait molesté Itsvan Gulyas sur le Central, un match que les spectateurs regardaient d'un œil en écoutant les informations d'une oreille collée au transistor. Oui, ce Roland-Garros 1968 a quelque chose de surréaliste.

En quarts, ce 4 juin, Gonzalez affronte Roy Emerson. L'Australien, tenant du titre, est le grand perdant de la nouvelle ère Open, qui voit revenir la horde de stars passées chez les professionnels quand lui était resté chez les amateurs. Parmi ces vedettes, Pancho Gonzalez. S'il ne compte que deux titres du Grand Chelem à son palmarès, il est, pour certains, le plus grand joueur de tous les temps. En 1968, Pancho a 40 ans. Ses jambes s'effritent, sa mèche grisonne, mais son coup de raquette n'a pas pris une ride.

Face à Emerson, il mène deux sets à rien avant de coincer physiquement. L'Australien recolle à deux manches à une, fait le break au début du 4e, quand la pluie tombe. La partie ne reprendra que le lendemain. Pancho a bien dormi et il finit par s'imposer 6-4 au 5e. Rod Laver sera trop fort et trop frais pour lui en demie, mais en scalpant Emerson, Gonzalez, de loin la personnalité la plus forte du tennis d'alors, aura trouvé le moyen d'écrire la première grande page de cette ère Open du côté de la porte d'Auteuil.

Pancho Gonzalez à Roland-Garros en 1968.

Crédit: Getty Images

48. Zeljko Franulovic - Cliff Richey

Edition : 1970
Demi-finale
Vainqueur : Zeljko Franulovic
Adversaire : Cliff Richey
Score : 6-4, 4-6, 1-6, 7-5, 7-5

Peut-être la demi-finale masculine la plus folle des cinquante dernières années. Un drôle de match. Du bon tennis, souvent, du grand tennis, parfois, mais aussi du grand n'importe quoi. Notamment dans une dernière manche où les deux joueurs, dans une sorte de Paire-Nishikori avant l'heure, vont donner l'impression de tout faire, à tour de rôle, pour ne pas conclure. Mais quel scénario complètement dingue. A 73 ans, Cliff Richey doit encore parfois se demander comment il a pu laisser filer cette demi-finale. Il en disputera deux autres en Grand Chelem, à l'US Open, mais ne passera jamais aussi près d'atteindre la finale.

Contre Franulovic, le Californien mène deux sets à un et 5-1 dans la 4e manche, service à suivre. Même son adversaire n'y croyait plus. Mais il a perdu ce set et le suivant sur le même score, 7-5 pour rendre les armes après 3h20 de match. Cliff Richey a été victime de Franulovic, mais peut-être plus encore du vent tourbillonnant, qui a fini par le rendre fou, et de ses propres nerfs, qu'il a fini par perdre dans le 4e set après une embrouille avec un juge de ligne. L'arbitre, descendu de sa chaise, lui a donné raison, à la grande colère du public qui, à partir de là, prendra l'Américain en grippe jusqu'à le faire sortir de ses gonds, puis de son match.

47. Marat Safin - Andre Agassi

Edition : 1998
1er tour
Vainqueur : Marat Safin (Russie)
Adversaire : Andre Agassi (Etats-Unis)
Score : 5-7, 7-5, 6-2, 3-6, 6-2

L’acte de naissance d’un golgoth. A 18 ans, Marat Safin vient quasiment de débarquer. Passé professionnel quelques mois plus tôt, il n’a joué avant Roland-Garros que trois tournois sur le circuit ATP : à Moscou fin 1997, puis à Philadelphie et Barcelone où il a atteint les huitièmes de finale quelques semaines plus tôt. Inconnu du grand public donc, il traverse pourtant les qualifications du Majeur parisien comme une tornade pour avoir le redoutable honneur d’affronter Andre Agassi dès le 1er tour.

Un défi d’autant plus grand que l’Américain s’est remis dans le droit chemin après avoir touché le fond la saison précédente. Remonté de la 110e à la 20e place mondiale, Agassi est toujours en quête de la seule levée du Grand Chelem qui lui manque et connaît déjà son adversaire pour l’avoir corrigé quelques semaines plus tôt en Coupe Davis (6-3, 6-3, 6-3). Bref, pas de raison de s’inquiéter a priori. Et pourtant, avec sa démarche chaloupée et son torse bombé, le jeune Russe, avec son mètre 93 et ses 88 kilos, va créer une surprise ahurissante sur un court Suzanne-Lenglen conquis par ses coups de boutoir au service et en revers.

Après avoir arraché le premier set, Agassi semble ainsi dépassé. Lui qui adore dicter l’échange est sur la défensive, sert mal et commet pas moins de 82 fautes directes. Après la défaite, il en dévoile en partie la cause : une inflammation de l’épaule droite. "En temps normal, j’aurais fait beaucoup de volées liftées pour finir le point. Mais avec ma blessure, je laissais ces balles rebondir. Et je ne pouvais pas finir les points."

Il n’empêche, Safin, lui, impressionne. Malgré son insouciance et son talent indéniable, il la joue modeste et cache bien son jeu. "Je ne suis pas prêt à gagner ce tournoi. Je suis très content d’être au 2e tour, c’est sûr que je ne battrai pas Kuerten. Je suis trop fatigué", estime alors le Russe... avant de confirmer son exploit en sortant "Guga", pourtant tenant du titre, au tour suivant, encore en cinq sets. Il faudra un excellent Cédric Pioline pour mettre fin à son aventure en huitième de finale, toujours au bout du suspense. Déjà charismatique, le grand Marat avait trouvé une scène à sa mesure.

46. Sergi Bruguera - Thierry Champion

Edition 1993
2e tour
Vainqueur : Sergi Bruguera (Espagne)
Adversaire : Thierry Champion (France)
Score : 6-0, 6-0, 6-0

C’est un record dont il se serait bien passé. Et le tennis français avec lui. Ce 27 mai 1993, Thierry Champion, alors 172e joueur mondial, a vécu le cauchemar redouté par tout joueur professionnel au 2e tour de Roland-Garros. Sur le court central, devant le public tricolore, ses amis et ses partenaires de club, il n’existe pas. Pire, il ne parvient pas à inscrire le moindre jeu face à l’Espagnol Sergi Bruguera, 11e à l’ATP et futur vainqueur de cette édition 1993. L’affaire est pliée en tout juste une heure, le match le plus rapide (en trois sets gagnants) de l’histoire du tournoi.

L’ironie, c’est que son bourreau catalan détenait lui-même le précédent record. L’année précédente, au 1er tour, il avait été pulvérisé par Ivan Lendl (6-4, 6-2, 6-1) en 1h07. Pour Champion, le traumatisme est immense et il ne s’en cache pas dès sa sortie du court. "J’ai envie de rentrer chez moi, d’aller me cacher sous la couette pendant un jour, deux jours, une semaine… Je ne sais pas." La pilule est d'autant plus difficile à avaler qu'il avait atteint les quarts de finale en 1990 sur la terre parisienne où il aimait se produire. Mais la déception ne l’empêche pas de faire preuve d’une sportivité exemplaire.

Eloigné des courts pendant trois mois à cause d’une blessure au coude en début d’année, Champion avait le prétexte tout trouvé pour expliquer cette raclée. Avant Roland et sa victoire au 1er tour contre l’Italien Oscar Camporese (71e mondial), il n’avait d'ailleurs plus gagné le moindre match depuis l'Open d’Australie. Mais la douleur était partie, il n’était juste pas au niveau ce jour-là. "3-0, puis 6-0, les jeux s’enchaînaient et je ne voyais plus comment j’allais faire pour gagner un set, et même un jeu. Il a essayé de me le donner et je n’ai même pas réussi à le gagner", témoigne-t-il encore.

Et pour l’anecdote, ce jour-là, un peu avant toujours sur le Central, Arantxa Sanchez avait infligé une correction similaire (6-0, 6-0) à la Japonaise Naoko Sawamatsu. "Je regardais l’évolution du score dans les vestiaires et je me disais qu’il y avait une très grande différence de niveau entre les filles. Mais de là à imaginer que j’allais subir la même correction...", se souviendra quelques années plus tard Thierry Champion. Il ne fut pas le seul à prendre une bulle face à Bruguera cette année-là. En demi-finale, Andrei Medvedev avait aussi été passé à la moulinette (6-0, 6-4, 6-2). Maigre consolation.

45. Fabio Fognini - Gaël Monfils

Edition : 2010
2e tour
Vainqueur : Fabio Fognini (Italie)
Adversaire : Gaël Monfils (France)
Score : 2-6, 4-6, 7-5, 6-4, 9-7

Gaël Monfils contre Fabio Fognini, c'est l'assurance de donner lieu à un match pas complètement linéaire. Mais ce mercredi 26 mai 2010, le Français et l'Italien vont pousser le paranormal à son paroxysme... Contre un Fabio encore assez méconnu, Gaël part favori. Au début, tout se passe conformément à ses attentes puisqu'il se détache deux sets à rien, break dans le 3ème. Puis 4-1 double break dans le 4e.

Mais le Français encaisse alors 8 jeux d'affilée pour se retrouver mené 3-0, balle de 4-0 au 5e set. Et c'est là que ça devient épique. Monfils, après avoir fracassé une raquette - geste rare chez lui -, se remet dans le sens de la marche et revient à 4-4. Le juge-arbitre fait alors une première apparition pour jauger l'obscurité tombante mais décide de laisser jouer, à la grande fureur de l'Italien, qui insulte la terre entière et écope d'un point de pénalité.

A 5-4, Monfils est mis en demeure de sauver trois balles de match sur son service, alors qu'il est gagné par les crampes et ne peut quasiment plus pousser sur ses jambes ! Mais Fognini les vendange toutes. Le match est finalement interrompu à 5-5. Il est 21h57, ce qui en fait - officieusement – la "fin" de partie la plus tardive de l'histoire de Roland Garros. Fin de partie, pas tout à fait puisqu'il faut donc revenir le lendemain. Et là, malgré plusieurs balles de break, Monfils finit par céder après 4h16 de jeu. Inoubliable...

44. Jim Courier - Andre Agassi

Edition : 1991
Finale
Vainqueur : Jim Courier (Etats-Unis)
Adversaire : Andre Agassi (Etats-Unis)
Score : 3-6, 6-4, 2-6, 6-1, 6-4

Entre 1989 et 1992, Andre Agassi et Jim Courier se sont affrontés lors de quatre éditions consécutives de Roland-Garros. Avec en point d'orgue la finale de 1991 lors de laquelle les deux frères ennemis de l'académie Bolletieri se livrent à une solide castagne de 3h19 interdite aux âmes sensibles. Finale qui constitue la première 100% américaine depuis 1954. Et la dernière à ce jour.

A priori, Agassi est favori. Il a déjà joué deux finales de Grand Chelem – certes toutes deux perdues – tandis que Courier, lui, se trouve pour la première fois à ce stade. Cela se ressent nettement, d'ailleurs, lors d'un début de match où il fait preuve d'une grande nervosité. Le Kid se détache 6-3, 3-1, balle de 4-1 double break.

Alors que Courier vient juste de sauver cette quasi-balle de deux sets à rien, il profite d'une interruption pluvieuse pour se refaire la cerise. S'il sauve une nouvelle balle de 4-1 à la reprise, Jim revient transfiguré, notamment grâce à son coach Jose Higueras qui lui a conseillé de modifier sa position en retour de service, désormais plus reculée.

Un nouveau match commence. Il se dénoue lors d'un 5e set très intense. Après avoir effacé un premier break de retard, Agassi craque une nouvelle fois à 4-4 en sortant un smash enfantin. Quelques minutes plus tard, un ace lui file aux oreilles. C'est la première levée (majeure) de Courier.

43. Gustavo Kuerten - Magnus Norman

Edition : 2000
Finale
Vainqueur : Gustavo Kuerten (Brésil)
Adversaire : Magnus Norman (Suède)
Score : 6-2, 6-3, 2-6, 7-6

Une finale assez quelconque pendant trois sets, dont il ne reste pas grand-chose, mais dont le 4e acte, à lui seul, suffit à lui donner une dimension spéciale. Le dénouement de ce Kuerten – Norman est un des plus formidables de l'ère moderne. A 5-4, 15-40, le Brésilien a deux balles de match dans sa raquette. La première suffit. Le revers de Norman semble sortir des limites du terrain. Sauf que l'arbitre descend de sa chaise, et la donne bonne. Pour le challenger suédois, un sursis, qui se prolongera sur... trois quarts d'heure.

Soudain magnifique, Norman sauve sept balles de match sur son service au cumul des 10e et 12e jeux. A 5-6, il lui faut 24 minutes pour sauver sa mise en jeu. Dans le tie-break, il en écarte trois de plus à 6-3. Ce n'est qu'à sa 11e balle de titre que Guga met fin à son calvaire psychologique. Il était le plus fort et sa victoire apparaît logique. Mais par ses prises de risque, parfois folles vu le contexte, Magnus Norman a sublimé cette rencontre. Si les trois premiers sets avaient été à la hauteur du dernier, nous parlerions là d'un des plus grands matches de l'histoire du tennis. Nous en sommes loin mais, sauvée par sa dernière ligne droite, cette finale 2000 mérite amplement sa place dans ce Top 50.

42. Novak Djokovic - Marco Cecchinato

Edition : 2018
Quart de finale
Vainqueur : Marco Cecchinato (Italie)
Adversaire : Novak Djokovic (Serbie)
Score : 6-3, 7-6(4), 1-6, 7-6(11)

Assurément l’une des plus grandes sensations de ces dernières années à Roland-Garros, sinon la plus grande. Dans une époque verrouillée par le "Big 3", assister à la chute de l'un des trois monstres en quart de finale face à un anonyme 72e joueur mondial relève du surréalisme. Peut-être plus encore que de voir Roger Federer tomber face à Sergiy Stakhovsky au 2e tour de Wimbledon en 2013 (malgré le symbole), car il ne s’agissait plus là d’un début de quinzaine, mais du milieu de la seconde semaine d’un tournoi du Grand Chelem.

Un exploit d’autant plus ahurissant pour Marco Cecchinato qu’il n’avait alors jamais réussi à franchir le 1er tour dans un Majeur, et ne l’a plus fait depuis. D’ailleurs, il s’en était fallu de peu pour qu’il ne passe à la trappe d’entrée lors de cette édition 2018 face au Roumain Marius Copil, seulement battu 10-8 au cinquième set après un combat de plus de trois heures et demie. Mais en faisant éclater ce plafond de verre, l’Italien s’était ensuite lâché, écartant successivement Pablo Carreno Busta et David Goffin sur le chemin des quarts de finale où l’attendait un Novak Djokovic en reconstruction.

Opéré du coude en début d’année et au plus bas lors de la tournée Indian Wells-Miami, le Serbe avait abordé Roland-Garros en qualité de 22e joueur mondial, un classement incongru quand on connaît le pedigree du bonhomme. Et alors qu’il remontait doucement la pente, il s’est fait piéger sur le court Suzanne-Lenglen, par un adversaire en feu, aussi enthousiaste que percutant avec son revers à une main d’esthète.

Mené deux sets à rien, Djokovic s’est pourtant bien révolté dans la troisième manche et semblait parti pour effectuer une belle remontée. Mais il a payé un niveau de jeu encore sinusoïdal et un certain manque de confiance dans un tie-break du quatrième acte inoubliable perdu 13 points à 11 dans une ambiance de corrida. Furieux, il expédiera sa conférence de presse dans une salle annexe, se disant incertain de jouer Wimbledon. Un écran de fumée en fait puisque cette défaite marquera le début de sa renaissance et des triomphes à Wimbledon et l’US Open suivront. Le "Djoker" avait retrouvé le feu intérieur et la haine de l’échec qui lui manquaient pour retrouver les sommets.

L'incroyable signore Cecchinato : Les temps forts de son exploit contre Djokovic

00:03:15

41. Yannick Noah - Henri Leconte

Edition : 1985
Huitième de finale
Vainqueur : Henri Leconte (France)
Adversaire : Yannick Noah (France)
Score : 6-3, 6-3, 6-7, 4-6, 6-1

Le "derby" tricolore le plus chaud, à tous les sens du terme, et le plus passionnant vu en Grand Chelem depuis l'époque des Mousquetaires. Yannick Noah, deux ans après son sacre historique, rêve de remettre ça. Vainqueur à Rome, il se relance au bon moment alors qu'il était redescendu à la 20e place mondiale. Face à lui, Henri Leconte, pas encore 22 ans, est l’étoile montante mais reste encore dans l’ombre du grand Yann. Rarement Roland-Garros aura attendu avec une telle impatience un match.

Si proches et si différents, Yannick et Riton divisent le public français autant qu’ils l’enflamment. Le match sera somptueux. Un bijou tennistique. Du tennis comme on n’en fait plus, et encore moins sur terre. Offensif, audacieux. Du service-volée en veux-tu, en voilà. Cinq sets de bonheur pour les pupilles. L’effronté gaucher domine la première moitié du match. Mais Noah refuse de mourir. Il gagne le troisième set au tie-break, puis le quatrième. Le dernier set est peut-être le plus beau, malgré le score. Le match s’achève sur neuf coups gagnants lors des dix derniers points.

Leconte breake deux fois et, comme un symbole, conclut sur un service-volée parfait. C’est la première très grande victoire de sa carrière en Grand Chelem. Il s’affranchit alors d’une forme de soumission. Reste un dimanche pas comme les autres, inoubliable. Même avec l’actuelle génération tricolore, Roland-Garros n’a plus jamais vécu un moment si particulier, si privilégié.

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