Mon Gaël à moi - Episode 5 : Paterne Mamata : "Avec Gaël, on a préparé le match contre Federer à Bercy en dansant comme des dingues"

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Des amis de 30 ans. Non, mieux que ça, "des frères, des jumeaux", comme le dit Paterne Mamata, qui a rencontré Gaël Monfils, un matin, à Roland-Garros. Ils ne se sont plus lâchés, parce qu’ils étaient "les seuls joueurs noirs au départ avec Joss Ouanna" dixit Mamata, parce qu’ils ont moins de deux mois d’écart et surtout mille choses et valeurs en commun. Souvenirs.

Bahrami : "Pour moi, Monfils était le seul joueur qui pouvait gagner Roland-Garros"

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Espoir majeur de sa génération, Paterne Mamata était parti pour une carrière à la Gaël Monfils. Toulousain, né dans le quartier du Mirail, très attaché à ses origines congolaises, formé par Philippe Restes (père de Guillaume, gardien du TFC) puis suivi par son "mentor" Yannick Hesse (père d’Amandine, récemment décédé), champion de France des 13-14 ans et demi-finaliste des Petits As en 2000, passé par la filière fédérale (Pôle France de Poitiers, Insep) puis l’Académie de Patrick Mouratoglou, il a vu sa carrière freinée par des blessures à répétition, notamment à l’avant-bras (879e en 2011). Les liens avec Gaël Monfils, eux, n’ont jamais été rompus.
Très impliqué au Congo, où il passe beaucoup de temps notamment comme conseiller de la fédération et dans une académie à Brazzaville, Paterne Mamata s’est aussi mis au coaching. Il lui arrive de filer un coup de main à Hugo Nys (19e mondial en double), il a accompagné Moïse Kouamé (dont l’agent est Daryl, le frère de Gaël) en février dernier à Montpellier quand Richard Gasquet était retenu en Coupe Davis, et il entraîne désormais Alyssa Reguer (20 ans, 680e mondiale).
Paterne Mamata témoigne ici de la fidélité en amitié de Gaël Monfils. Il fait partie de sa très proche galaxie au même titre qu’Alexandre Venturino, connu gamin quand il était au CASG à Jean-Bouin, de Dorian Descloix, désormais son coach et auquel il avait dédié sa victoire contre Fabio Fognini à Roland-Garros en 2014 alors que son ami était touché par un deuil familial, de Jo-Wilfried Tsonga bien évidemment mais aussi de Matt Pokora, rencontré en 2007 et qui chantera ce jeudi soir sur le court Philippe-Chatrier.
Paterne Mamata n’aurait manqué ce moment de partage pour rien au monde. Reste à savoir dans quel rôle on le verra : "Il y a une option pour que j’entre sur le terrain mais je ne sais pas tout encore. C’est Gaël, il est capable de me demander de mettre un short et de prendre une raquette quinze minutes avant le début de la soirée !"
À quel moment avez-vous rencontré Gaël Monfils pour la première fois ?
Paterne Mamata : On a 10 ans. On se retrouve au CNE, à Roland-Garros, sur le "Challenge Reebok", qui était une sorte de championnat de France d’hiver pour les 10/11 ans. Je viens de la Ligue Midi-Pyrénées, lui représente celle de Paris. Gaël, je le repère vite tout simplement parce que c’est le second joueur noir que je vois après Josselin Ouanna, rencontré un peu avant sur Royan. À l’époque, depuis Noah, il n’y a pas eu de joueur noir. Je me souviens juste de Michael Ali Cayol (ndlr : parmi les meilleurs jeunes Français à la fin des années 90). Et là, on se retrouve à trois joueurs noirs d’une même génération, et bientôt quatre avec Jo (Tsonga).
Au tout départ, le lien est celui-là ?
P.M. : Au tout début, oui. Surtout pour moi. Mais on a vite dépassé cela. On ne s’est plus lâché. Sur les regroupements, sur les tournois, dès qu’on se voyait, on ne se lâchait pas. Comme avec Josselin. On était tout le temps ensemble, on voulait tout le temps dormir ensemble, on voulait tout faire ensemble. Le feeling passe direct. Il y a une connexion très rapide. Ruffin, le père de Gaël, est aussi vite venu me voir pour me demander d’où je venais. On n’a pas la même culture, j’ai des origines congolaises, Gaël est Martiniquais et Guadeloupéen par ses parents. Mais des choses nous rassemblent. La musique, notamment. À l’époque, on est sur Kassav, sur de la musique afro mais aussi du rap, de tout. Un melting-pot.
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Monfils en folie : le top de ses plus beaux coups en carrière

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Quel gamin Gaël est-il ?
P.M. : Un peu réservé au premier abord. Et puis j'ai découvert très vite son excentricité, sa folie. Son rapport aux défis, aux jeux. On n’a jamais cessé de se challenger, dans tout et pour rien du tout, en fait. Et ça s’est intensifié à 14-15 ans. On se défiait au basket, sur des pas de danse, à celui qui pouvait faire un coup entre les jambes, courir plus vite, sauter le plus haut, smasher le plus fort. On a tout de suite eu des rapports fraternels.
On nous confondait, on était les jumeaux
Et sur le court, ça se passait comment ?
P.M. : Après le CNE, où l’on n’était pas dans le même tableau, on se joue à Bressuire (tournoi international 10/12 ans). Ce n'était pas évident de se jouer. La guerre était là (rires). Il me bat. Pas de cadeau. À ce moment-là, il est un peu un cran au-dessus de moi. Puis, je repasse devant, je le bats parfois aussi, c’est le yo-yo tout au long de ces années. Pas de cadeau, jamais de cadeau. On se joue plusieurs fois, au TIM 91, en Coupe de France, à Marcq-en-Barœul et ailleurs. On a fait les 400 coups, quoi ! Je fais les tresses, il fait pareil. On nous confondait. On était les jumeaux. Je me souviens, une année, on va à Blois, il y a une bagarre…
Comment ça ?
P.M. : Sur les tournois, on dormait tous dans des grands dortoirs. Gaël s’était fait embêter. Il était tout seul. Il est venu me voir : "Paterne, il y a des mecs, ils me prennent la tête, ils sont 4-5 sur moi, viens me filer un coup de main". J’ai débarqué comme un fou. Ce genre de moment, ça rapproche. Avec Gaël, on a aussi joué le double aux championnats de France en 2000, on avait perdu contre Julien Gély et Josselin Ouanna. Gaël n’était pas encore en Pôle à Reims. Vu que tout allait bien pour moi à Poitiers avec Jo' (Tsonga), mes parents avaient rassuré ceux de Gaël sur le fait de le laisser partir en structure fédérale. À cette période, on s’appelle tout le temps. Ensuite, il y a l’INSEP, on y est tous les deux. Là, on peut vraiment passer du temps ensemble. Notre relation se renforce. J’y suis resté un an pleinement. Après, je suis parti, cela me convenait moins, même si je suis resté dans le giron fédéral un temps, je passais à l’INSEP tous les deux mois environ. Ce sont des super souvenirs pour les potes, moins pour le tennis. Fin 2004, après ma finale aux France juniors, je devais rentrer au CNE. Finalement, je suis parti dans l’Académie Mouratoglou, avec un contrat de cinq ans, pour m’entraîner notamment avec Guillaume Peyre (ndlr : actuel coach de Terence Atmane et Léolia Jeanjean) pendant que Gaël est parti chez Lagardère avec Champion et Barbarin.
Gaël a souvent dit que Jo' avait était comme un "rôle model" pour lui, pour vous. Cela vient d’où cette reconnaissance, presque cette admiration ?
P.M. : Là, je vais répondre pour moi, même si je pense que Gaël se reconnaîtra aussi dans ce que je vais dire. Dans la culture congolaise, il y a le respect de l’aîné de la fratrie. Jo' est de 85, on est de 86. Il n’y a qu’un an d’écart mais cela suffit. C’est le référent. Il y a un droit d’ainesse. Jo', même si tu le bats sur le terrain, tu le respectes. Avec Jo', en plus, on a de la famille en commun, on s’en est aperçu récemment par hasard à un mariage. Pour Gaël, Jo' a aussi toujours été le grand, le modèle, la locomotive.
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Gaël Monfils et Jo-Wilfried Tsonga pour la dernière du Manceau à Roland-Garros

Crédit: Getty Images

Gaël, il a le cœur sur la main, il est généreux en temps
Humainement, qu’est-ce qui vous rapproche avec Gaël ?
P.M. : Humainement, Gaël, c'est quelqu'un de très généreux. Il a le cœur sur la main. Moi, je suis comme ça aussi. Mes parents sont comme ça, donc c'est un truc d’éducation qu’on a reçu. Il est généreux en temps. Il est généreux en amitié. Il est là quand il faut être là. Et ça n'a pas bougé, même quand il est devenu le joueur qu'il est devenu. On s’est aussi beaucoup frittés mais c’est toujours revenu comme si rien ne s’était passé. On se fritte toujours. C'est chien et chat. C'est comme les frères. Cette relation de compétition, elle est restée intacte, en fait. Demain, même là, au tennis, il va me mettre, je ne sais pas combien, mais dans ma tête, je peux toujours gagner. C’est idem sur des challenges de pas de danse.
Quand vous faites votre finale des France juniors en 2004, Gaël gagne trois Majeurs (Australie, Roland-Garros, Wimbledon). Comment vivez-vous cet écart ?
P.M. : Très bien. Je me blessais, je revenais et dès que j’étais en forme, j’étais dans les 3-4 meilleurs. Gaël ne fait pas les France car il est blessé. Et moi, je le chambre, je lui dis : "T’as gagné Melbourne et Roland mais tu flippes de me jouer aux France, donc t’es mytho, t’as rien du tout, t’as juste peur que je te batte". En réalité, il prépare déjà l’US Open, il est vraiment diminué. Moi, je passais mes tours aux France sur terre en début de journée et dans l’aprèm, je descendais avec lui au CNE pour taper sur dur et le préparer pour l’US Open. Je voulais qu’il fasse le Grand Chelem. C’était du grand n’importe quoi. Gaël ne voulait taper qu’avec moi et il était hors de question que je le laisse en plan, même si j’avais mon championnat sur terre à gérer. Il perd à Flushing contre Viktor Troïcki car il n’est pas à 100%.
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Gaël Monfils à Roland-Garros 2004

Crédit: Getty Images

On arrive, on casse les codes du tennis, on est dans une culture rap, on est en mode baggy
À partir du moment où vos niveaux n’ont plus été les mêmes, où les carrières ont pris deux chemins différents, la relation aurait pu s’étioler. Pourquoi est-elle restée si forte ?
P.M. : Parce que nous, c’est différent. Notre histoire, il n’y aucune comparaison possible avec n'importe quelle amitié qui arrivait dans le tennis ou autre. Nous, c'est du jamais vu. J’y reviens mais on est les premiers joueurs noirs à être quatre de la même génération. C'est nulle part. C'est-à-dire que même les Américains n’avaient pas ça. Donc, on ne peut pas avoir les mêmes liens que les autres. C'est au-delà de l'amitié. Pour moi, Gaël, Jo', Joss', ce sont mes frères. Quoi qu'il se passe, quoi qu’il arrive, c'est à vie.
Qu’avez-vous changé ?
P.M. : On arrive, on casse les codes du tennis. On est dans une culture rap, une culture musicale qui est autre que tout ce que les gens du tennis écoutaient. On a une tenue vestimentaire qui est autre. On est en mode baggy, ultra large. On est en maillot de basket. On arrive en tournois comme ça. On avait une image qui était d’ailleurs difficile à capter pour les entraîneurs, à accepter culturellement.
Vous êtes dans une forme de revendication. Mais, sauf erreur, Gaël n’a jamais été là-dedans…
P.M. : Non, là-dessus, il est différent, c’est sûr. Mais le lien que j'ai avec lui, en partie, pour moi, il est là.
Quel type d’ami est-il ?
P.M. : Si j'ai besoin de lui, il est là. Je suis en galère, il est là. Quand j'ai eu ma grosse blessure au niveau du bras, Gaël et Jo' m’ont demandé tout de suite si j’avais besoin de quelque chose, d’argent. Ils voulaient que je reste dans le tennis alors ils m’ont demandé de faire des semaines sur des tournois avec eux. J’ai préparé des Roland avec Gaël, j’ai fait sparring-partner plein de fois, je suis allé faire des blocs d’entraînement en Suisse de trois-quatre semaines quand il était avec Roger Rasheed. On a même joué deux doubles ensemble avec Gaël, sur l’Open 13 en 2010 et à Umag en 2015.
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Paterne Mamata et Gaël Monfils en double en 2015

Crédit: Imago

Je plante tout, je monte dans l’avion pour le frérot 
Vous avez aussi fait des tournées communes en Guadeloupe et en Martinique ?
P.M. : Oui, quatre ans d’affilée, à partir de 2009, je crois. C’est son père qui organisait ça avec la ligue de Guadeloupe. Je dormais chez Ruffin. D’ailleurs, Ruffin, je l’appelle Papa. C'est pour dire le lien que j'ai avec Gaël. Gaël, c'est comme mon frère jumeau. Daryl, c'est mon petit frère. Sa sœur Maelie, jusqu'à ce qu'elle ait huit ans, elle pensait que j'étais vraiment son frère biologique.
Comment Gaël a-t-il vécu sa carrière ? Est-ce que vous aussi, de temps en temps, vous êtes allé le repêcher ?
P.M. : Il y a eu des moments durs, oui. Des moments de doute, complètement de "down". On a eu beaucoup de conversations au téléphone. À n’importe quelle heure. Une année, il est en Australie. Il ne voulait pas trop y aller, il ne se sentait pas bien. Il m'appelle de là-bas, il n'est pas bien du tout. C’est le 29 décembre. Il me dit : 'Pat, je me sens bizarre, je ne suis pas bien, je ne sais pas ce qui se passe'. J’ai quitté ma famille sur le champ, j’ai pris de suite un billet d’avion pour le frérot, pour aller le sauver. On a fait le 31 sur place ensemble, on est restés ensuite enfermés près d’une semaine. Et derrière, il a fait un Open d’Australie plus que correct. À Bercy, en 2010, il s’est aussi passé un truc de dingue.
Quoi ?
P.M. : On est ensemble et il me dit : "Pat, putain, je ne sais pas comment jouer Roger. À chaque fois, il me démonte (ndlr : 5-0 pour Federer à ce moment-là, un seul set gagné par Monfils). Qu'est-ce qu'on fait demain ? Comment on va le battre demain ?". Il ne dit pas "je", il dit "on". Je lui réponds : "Écoute, à chaque fois, tu prends des doudounes. Demain, tu joues à 19h, donc ce soir, on arrête de parler tennis". La seule manière de battre Federer était de lui rentrer dedans. Et il fallait donc amener Gaël dans une sorte de folie, qu’on fasse vibrer et naître cette folie, qu’on le conditionne à cet état. Et pour ça, on a appris tous les pas de danse qu’on n’arrivait pas à faire, jusqu’à en transpirer. Avec Gaël, on a préparé le match contre Federer à Bercy en dansant comme des dingues jusqu’à 2h du mat’. Le lendemain, on est arrivés en mode guerrier. Et dès le premier point, Gaël est super agressif, met un gros coup droit, j'ai su qu'il y avait un truc qui se passait. C’était une manière de dire à Roger : "Hey, là, tu es à la maison". Et Gaël s’est qualifié (7-6, 6-7, 7-6).
Gaël, s’il veut sortir, il te harcèle et finit par t’envoyer un taxi à 3h du matin
C’est dur de lui dire non ?
P.M. : Ah, mais Gaël, il peut te convaincre de faire n'importe quoi. Quand il a envie de sortir et qu’il veut que tu viennes, rien ne peut l’arrêter. Il va te harceler au tel, te faire du chantage du genre "si tu ne sors pas, je ne te parle plus, je te déteste". Il va finir par t’envoyer un chauffeur à 3h du matin, qui va klaxonner en bas de chez toi pour t’amener en boîte (rires). Il me l’a fait des tas de fois, ça, jusqu'à 25-30 piges. Et une fois que t’as le taxi en bas, bah tu sors.
Est-ce qu'il vous arrive de verbaliser votre amitié ? De vous dire que vous vous aimez, en fait, comme des amis de 30 ans ?
P.M. : On se connaît, on se regarde, on n'a pas besoin de se parler.
Est-ce qu'il a changé en rencontrant Elina Svitolina, avec la paternité ? Et est-ce que votre relation a changé ?
P.M. : Il est un peu assagi, moins foufou qu'il était en fait, quand même. Il a toujours son ADN mais c'est plus dosé, disons. Il y a moins cette folie. Mais bon, quand on se voit, ça peut toujours partir dans tous les sens pour un défi tout con. La présence d’Elina, que j’ai d’ailleurs connue avant Gaël, n’a absolument rien changé à nos rapports, même si on se voit moins ces derniers temps, à cause de nos activités. Mais on s’appelle, on se fait des visios, on s’est tous retrouvés chez Jo, en Suisse, l’an dernier.
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Gaël Monfils et Elina Svitolina après leurs exploits à l'Open d'Australie

Crédit: Getty Images

Est-ce qu’il parle un peu de sa fin de carrière, est-ce qu'il appréhende ce Roland si particulier ?
P.M. : Non, franchement, il est vraiment tout dans le plaisir et tout dans le kiff. Il est en mode : "ça y est, j'ai fait ce que j'avais à faire". Il veut vraiment être proche de sa petite (Skaï), de construire encore d'autres choses.
Avez-vous envie de faire certaines choses ensemble, impossibles jusque-là, une fois qu’il aura raccroché ?
P.M. : Gaël a ses idées, pense prendre une direction complètement "hors tennis", mais oui, on va partager des moments, c’est sûr. Cela fait assez longtemps que j’essaie d’amener Jo' avec moi au Congo. Cela va finir par se faire. Et Gaël viendra avec nous. Cette fois, c’est moi qui ne lui laisserai pas le choix (sourire).
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