Un potentiel au conditionnel : Arthur Fils, si le corps tient...

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Les consultants d'Eurosport ont décidé de se mouiller un peu à l'aube de cette nouvelle saison. Chacun d'entre eux a dévoilé LE jeune joueur dont ils attendent beaucoup en 2026 et qu'il faudra selon eux suivre de près. Pour Arnaud Clément, c'est Arthur Fils. Un choix osé, dans la mesure où le Français de 21 ans a très peu joué ces derniers mois en raison d'une tenace blessure au dos.

Arthur Fils

Crédit: Quentin Guichard

C'est vraiment ce qui s'appelle être coupé en plein élan. Quand il est arrivé à Roland-Garros à la fin du mois de mai, Arthur Fils était 14e mondial avec une réelle chance d'intégrer le Top 10, il débordait d'envie et d'ambition et si sa première moitié de saison avait été dépourvue de réel coup d'éclat, elle avait confirmé l'ampleur de ses qualités en dépit de son très jeune âge. Puis il y eut cette victoire épique contre Jaume Munar au deuxième tour, très chèrement payée puisqu'il y a contracté cette fracture de fatigue au dos qui allait pourrir le reste de sa saison (il était déjà blessé en arrivant porte d'Auteuil, a-t-il confié par la suite). Il n'a ensuite plus joué que deux matches lors d'un bref retour estival au Canada.
Ce n'est pas un petit bobo dont a souffert le Français. Il sera d'ailleurs à nouveau absent en janvier à l'Open d'Australie, avec un retour à la compétition pour l'heure toujours incertain. La reconstruction risque d'être longue et les points d'interrogation toujours nombreux. Pourtant, Arnaud Clément veut y croire. "C'est à mettre au conditionnel en fonction de son état physique", concède l'Aixois. Un préalable indispensable. Évidemment, si Fils devait être gêné par cette blessure de façon durable, c'est toute sa carrière qui risquerait d'être remise en question. Mais partons du principe que le temps fera son œuvre, même si le dos est une zone à risque et particulièrement sensible.
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"C’est limite une deuxième carrière qui va commencer pour Fils"

Video credit: Eurosport

Printemps prometteur

"En 2025, j'avais également dit que je le voyais bien finir dans le top 10, rappelle l'ancien finaliste de l'Open d'Australie. Il y avait peut-être un côté un petit peu ambitieux et on ne s'attendait peut-être pas à ce qu'il soit si fort et si régulier dès le début de saison. Mais oui, aller s'installer dans le top 10, je pense que c'est tout à fait possible et je ne serais absolument pas étonné." C'est en tout cas la direction qu'il avait prise avant d'être stoppé net à la fin du printemps.
"Bien sûr, il faut pour cela qu'il puisse faire une saison pleine, une saison qui ne sera pas parsemée de blessures, poursuit Arnaud Clément. Mais par rapport au niveau intrinsèque de son tennis, par rapport à son côté athlétique, à la manière dont il bouge, dont il est capable de tenir les longs matches, dont il a été en mesure d'enchaîner les matches régulièrement en début d'année, oui, je le vois tout à fait capable d'être à ce niveau-là pendant une saison entière." Fils avait notamment enchaîné quatre quarts de finale sur des gros tournois, à Indian Wells, Miami, Monte-Carlo puis Barcelone, avec des victoires contre Musetti, Tiafoe, Zverev, Rublev ou Tsitsipas. Il était constant et costaud.
Paradoxalement, c'est surtout une défaite qui reste de cette période. Son quart de finale perdu sur le Rocher face à Carlos Alcaraz. Il avait fini par plier, mais ce qu'il avait montré ce jour-là face au champion espagnol était clairement le potentiel d'un top 10 et même un peu plus haut que ça. "Le match qui m'a vraiment marqué, c'était justement celui-ci à Monte Carlo contre Alcaraz", évoque d'ailleurs le consultant d'Eurosport. Même si on ironise parfois sur les fameuses "défaites encourageantes", c'était bel et bien le cas. Ou plutôt, si l'issue fut frustrante pour lui, le fond, lui, était porteur d'une espérance.
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Face à un Fils combatif, Alcaraz a eu le dernier mot : le résumé en vidéo

Video credit: Eurosport

Alcaraz à Monte-Carlo, sa référence

"Sur ce match-là, il est un petit peu en dessous, il perd à la régulière, mais il est capable d'aller chercher des choses qui gênent vraiment Alcaraz dans son système de jeu, rappelle la Clé. Il l'a mis dans une situation très inconfortable. Il avait trouvé des solutions, un système de jeu qui gênait énormément Carlos Alcaraz, qui l'enlève de sa zone de confort. Par moments, on a pu le voir privé de temps. Je trouve qu'Arthur avait été très fort. Ce match lui avait donné pas mal de repères, de points sur lesquels il devait continuer à travailler contre justement Alcaraz par exemple, et de manière plus générale contre les tout meilleurs joueurs."
Chaque chose en son temps maintenant, pour Arthur Fils. Retombé à la 40e place mondiale, il va devoir afficher beaucoup de patience. À 21 ans, le temps joue encore pour lui. Finalement, c'est parce qu'il a voulu revenir trop vite qu'il a perdu du temps. Cela lui a servi de leçon. Tout de suite en souffrance lorsqu'il a repris, le Francilien a compris que c'était une erreur. Il ne pourra reprendre le fil de ses ambitions que s'il est à 100% physiquement. Si tel est le cas, on ne s'inquiète pas trop pour lui. Il a trop de qualités tennistiques et physiques pour ne pas se rapprocher du niveau qui fut le sien au moment de sa pause forcée.
Alors, le Top 10, dès 2026 ? Le potentiel reste identique à ce qu'il était il y a douze mois. Mais désormais, une incertitude plane. Même si, dans un entretien accordé au mois de novembre à 20 minutes, il assurait n'avoir "aucune inquiétude" pour la suite de sa carrière. "On a posé les bases. On a un plan. Il n’y a plus besoin de s’inquiéter", clamait-il. Dans ce cas, il n'y a pas de raisons qu'on ne le revoit pas à moyen terme sur les hauteurs qui étaient les siennes il n'y a pas si longtemps, et dont chacun espérait qu'elles ne constituaient qu'une étape...
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