Le compte-à-rebours est lancé. Dans huit semaines, un US Open pas comme les autres devrait être lancé. Organisé sans public, dans une sorte de bulle entre l'aéroport et le site de Flushing Meadows, voilà qui devrait dépayser les joueurs. Mais le fiasco de l'Adria Tour, la situation sanitaire préoccupante aux Etats-Unis ainsi que le test positif au Covid-19 de Frances Tiafoe à Atlanta ne sont pas de nature à rassurer. Certains comme Benoît Paire, Pierre-Hugues Herbert ou même Rafael Nadal doutent de leur venue. Dans leur sillage, Henri Leconte, lui, va plus loin puisque le Majeur américain ne doit pas se jouer cette année, comme il le confie à Ouest-France.

"Ce n’est pas possible, il faut annuler l’US Open. Je pense que beaucoup de joueurs ne vont pas y aller. D’abord pour des raisons sanitaires, la pandémie est loin d’être terminée. Et aussi parce que l’on ne peut pas disputer un tournoi du Grand Chelem à huis clos. Je n’ose même pas imaginer l’ambiance que cela donnerait", fait valoir notre consultant dans le quotidien.

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Leconte favorable à l'idée d'une fusion des circuits ATP et WTA

Une occasion de rationaliser et refondre le calendrier

Il rejoint ainsi l'opinion exprimée (avant son forfait officiel) par Roger Federer qui estimait qu'il serait difficile pour lui de jouer dans un stade vide. Récemment Daniil Medvedev ne disait pas autre chose en évoquant l'immense court Arthur-Ashe et ses 22 000 places vides, une situation incomparable avec certains tournois Futures où certes les spectateurs sont rares, mais les courts tout aussi petits et anonymes. C'est bien le décalage entre la scène immense et l'absence de public pour un événement majeur qui aurait quelque chose d'incongru.

Leconte croit davantage donc aux chances de Roland-Garros, qui devrait accueillir du public (environ 50 % de la jauge habituelle), de sauver les apparences. "On a la chance d’avoir un superbe central à Roland, avec une couverture et des éclairages sur tous les terrains. Ce qui permettra de ne plus interrompre les rencontres. Les conditions de jeu ne seront évidemment pas les mêmes, mais ça fait partie du jeu. Je me souviens d’un match, il y a 6-7 ans, de Serena Williams qui jouait en legging devant deux pelés et trois tondus tellement il faisait froid. Il y aura peut-être moins de monde, mais pas sûr."

La reprise en Europe, moins touchée par la pandémie de Covid-19 que les Etats-Unis, semble également plus sûre sur le plan sanitaire à l'heure actuelle. Pour Leconte, la crise actuelle est également une chance à saisir pour le tennis pour se restructurer et refondre, pourquoi pas, son calendrier. "La WTA et l’ATP pourraient, exemple, se rapprocher pour l’organisation de tournois mixtes. Ça ramènerait plus de monde et ça aiderait le tennis féminin qui en a besoin. On pourrait également envisager de rationaliser les circuits dans un secteur géographique durant une période. Ça éviterait les déplacements et permettrait d’amortir les coûts." Une idée relancée par Federer lui-même voici quelques semaines quand il a évoqué une éventuelle fusion des instances dirigeantes des tennis féminin et masculin. Mais depuis, le soufflet est quelque peu retombé.

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