Eurosport
US Open : Rafael Nadal se sent-il invincible en Grand Chelem ? "Déclarer forfait, c'est pire que perdre"
Par
Publié 31/08/2022 à 08:47 GMT+2
US OPEN - Rinky Hijikata a donné du fil à retordre à Rafael Nadal pour son entrée en lice dans la nuit de mardi à mercredi. Vainqueur en quatre sets (4-6, 6-2, 6-3, 6-3), le Majorquin n'a donc toujours pas perdu à la régulière en Grand Chelem cette saison. Mais fidèle à lui-même, il n'en tire pas d'excès de confiance dans la perspective d'un éventuel Petit Chelem.
Rafael Nadal à l'US Open en 2022
Crédit: Getty Images
Quatorze mois. Cela fait plus d'un an et sa demi-finale perdue contre Novak Djokovic lors de l'édition 2021 de Roland-Garros que Rafael Nadal n'a plus connu la défaite dans un tournoi du Grand Chelem. En s'imposant face à l'invité australien et 198e joueur mondial Rinky Hijikata (4-6, 6-2, 6-3, 6-3) au 1er tour de l'US Open dans la nuit de mardi à mercredi, le Majorquin a enregistré son 20e match gagné consécutivement en Majeur. Du moins à la régulière. Son retrait avant sa demi-finale à Wimbledon l'empêche ainsi d'être en course pour le Grand Chelem calendaire à New York, comme l'avait été son rival Novak Djokovic l'an dernier.
C'est sur ce paradoxe que le Majorquin a insisté en conférence de presse après ses débuts victorieux. Ce n'est pas parce qu'il s'est toujours imposé au meilleur des cinq sets en 2022 qu'il se sent pour autant invincible sur ce format. "Je n'ai pas perdu un match, mais je n'ai pas gagné les trois premiers (Majeurs, NDLR) non plus, donc… d'une certaine façon, c'est encore plus dur de n'avoir pas pu me présenter sur le court. Abandonner ou déclarer forfait, c'est plus dur que perdre à mon avis. En sport, il s'agit de gagner ou de perdre, mais pas d'abandonner. Quand vous renoncez, vous ne pouvez pas jouer, rivaliser. Le sentiment qui en résulte est bien pire que celui de perdre un match", a-t-il considéré.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2022/08/31/3442445.jpg)
Rafael Nadal à l'US Open 2022
Crédit: Getty Images
Une saison prolifique et paradoxale
Et pour cause. Malgré ses 35 victoires pour 4 petites défaites et ses quatre titres (Melbourne, Open d'Australie, Acapulco, Roland-Garros), la saison de Nadal n'a pas été pour autant un long fleuve tranquille. Le Majorquin s'est d'abord fêlé une côte en fin de tournoi d'Indian Wells en mars, puis quelques jours après sa reprise en mai, c'est son pied gauche qui a refait des siennes du côté de Rome. Avant qu'une déchirure abdominale ne le contraigne donc à renoncer sur le gazon du All England Club…
Dans l'intervalle, il a toutefois trouvé le moyen de triompher une 14e fois à Roland-Garros, et ce avec un pied endormi. Évidemment, l'Espagnol a beaucoup de certitudes dans son jeu, et davantage encore en trois manches gagnantes. Mais il sait que la blessure reste une éventualité, ce qui lui permet de prendre du recul et de ne pas verser dans l'excès de confiance. Le contraire aurait, il est vrai, été étonnant, vu le personnage.
"D'une certaine manière aussi, ça fait partie de ma carrière. D'un côté, je fais une saison fantastique en termes de résultats, mais de l'autre, c'est une saison dure parce que j'ai surmonté des blessures au pied, une fracture de stress à la côte, puis la déchirure abdominale. Il s'est passé beaucoup de choses durant les six derniers mois et demi. Et en même temps, nous revenons d'une période difficile (la pandémie de Covid et ses conséquences : arrêt des compétitions, quarantaines, huis clos, tests à répétition, NDLR), donc on ne peut pas vraiment se plaindre. Malgré tout ce que j'ai traversé, j'ai gagné des tournois", a-t-il encore résumé, philosophe.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2022/08/31/3442434-70233848-2560-1440.jpg)
C'est la gifle finale : la fantastique balle de match de Nadal
Video credit: Eurosport
C'est aussi grâce à cet état d'esprit et à ces épreuves surmontées que sa préparation tronquée pour cet US Open n'a rien de rédhibitoire. Avec son caractère forgé par le combat, Nadal avait peut-être même besoin de ce 1er tour remporté en trois heures pour lancer sa quinzaine. Fort de son expérience et de ses multiples come-backs après des pépins physiques, l'intéressé ne disait d'ailleurs pas autre chose.
"Quand vous revenez après une blessure, le premier match est si important parce qu'après l'avoir joué, on commence à se sentir mieux. Je l'ai perdu (à Cincinnati contre Borna Coric, NDLR) en ayant beaucoup d'opportunités de le gagner. Et puis, mon adversaire a ensuite gagné le tournoi… Donc c'est plutôt positif pour moi d'une certaine façon, non ? Trois heures de tennis, ça va m'aider probablement. Je sais ce que je dois mieux faire dans les jours qui viennent. C'est toujours la même histoire : tout n'est pas parfait quand vous revenez de blessure. Il faut être suffisamment humble pour traverser ce processus et accepter qu'il faut se battre, qu'on va souffrir."
La méthode est éprouvée : ce n'est pas à 36 ans qu'on change les rayures du zèbre. Et d'une certaine manière, Nadal a envoyé un message à la concurrence : un peu rouillé pour commencer, il est désormais bien dans son tournoi. Passé le stress lié à son retour à Flushing trois ans après sa dernière participation, il a finalement vite pris ses marques à l'image de cette balle de match avec une de ses classiques : le passing de coup droit long de ligne. A New York, il n'a plus perdu à la régulière depuis six ans (victoire en 2017, abandon en 2018, victoire en 2019, forfait en 2020 et 2021) et il se verrait bien prolonger la série.
Publicité
Publicité