US Open : Djokovic, Alcaraz, Musetti et Auger-Aliassime, les quatre demi-finalistes des JO ont chuté d'entrée

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Novak Djokovic, Carlos Alcaraz, Lorenzo Musetti et Félix Auger-Aliassime, soit les quatre demi-finalistes du récent tournoi olympique à Paris, sur terre battue, ont tous chuté dès la première semaine sur le dur de l'US Open, où ils se sont présentés les batteries complètement à plat. Une succession de "flops" qui rend la thèse accidentelle peu crédible.

Djokovic sur son "match horrible" : "Si vous jouez sur surface rapide sans service…"

Video credit: Eurosport

Tous les joueurs répétaient depuis longtemps que le tournoi des Jeux olympiques de Paris, disputé au cœur de l'été sur la terre battue de Roland-Garros, ressemblait à un pavé dans la mare. Un pavé d'une taille dont on n'avait en revanche pas mesuré l'ampleur, apparue gigantesque en cette première semaine de l'US Open marquée par une vague de surprises sans précédent.
Le constat est lapidaire : les quatre demi-finalistes dudit tournoi olympique ont disparu avant même les huitièmes de finale à New York. A Flushing Meadows, ils n'ont été que l'ombre d'eux-mêmes. C'est surtout vrai pour le champion olympique Novak Djokovic, terrassé dès le troisième tour vendredi par Alexei Popyrin - son plus mauvais résultat à l'US Open depuis 2006 -, mais aussi pour le médaillé d'argent Carlos Alcaraz, fantômatique contre Botic van de Zandschulp au 2e tour. Le médaillé de bronze, Lorenzo Musetti, a lui sauvé deux balles de match au 2e tour contre Miomir Kecmanovic, avant de tomber face à Brandon Nakashima. Quant à Félix Auger-Aliassime, également demi-finaliste (mais médaillé en chocolat) à Paris, il a sombré d'entrée face à Jakub Mensik.
Pour tous, c'était un peu la stupeur, voire l'incompréhension. "L'un des pires tennis de ma vie", a résumé Djokovic, aussi fataliste que sonné. "C'est peut-être à cause des Jeux olympiques, je ne sais pas. Pour l'instant, je n'ai pas vraiment envie d'analyser tout ça. "Je n'avais pas suffisamment d'énergie" , confiait de son côté Carlos Alcaraz, tout en reconnaissant n'avoir sans doute pas suffisamment coupé après les Jeux. "Personne, ni moi, ni mon équipe, n’aurait pu imaginer pareil scénario", a soufflé pour sa part Auger-Aliassime à la presse canadienne. "Dernièrement, pourtant, je faisais les choses plutôt bien mais là, il n'y a rien qui allait. Cela faisait longtemps que je n'avais pas ressenti ça."
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Alcaraz, humain après tout ?

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Des chocs en stock qui paraissent en tout cas trop répétitifs pour relever de la simple coïncidence. Revenu un peu sur la pointe des pieds au programme officiel des JO en 1988, après 64 ans de boycott du CIO en raison d'un professionnalisme jugé trop exacerbé à l'époque, le tennis olympique a pris, depuis, beaucoup d'épaisseur. Au point d'être devenu aujourd'hui, aux yeux de beaucoup (pas tous, mais beaucoup), un tournoi quasiment aussi important qu'un Grand Chelem, tout en étant très différent. Comment faire entrer une épreuve aussi énorme dans un calendrier déjà surchargé ? Manifestement, c'est compliqué… Voire impossible.
Les précédents Jeux olympiques de Tokyo, disputés en 2021 (au lieu de 2020) en raison de la pandémie de coronavirus, avaient déjà eu un impact certain sur l'US Open qui avait suivi. Les médaillés d'argent et de bronze, Karen Khachanov et Pablo Carreno Busta, avaient perdu d'entrée à New York. Novak Djokovic, toujours lui, avait "explosé" émotionnellement lors d'une finale chargée d'histoire, puisqu'il visait le Grand Chelem calendaire face à Daniil Medvedev, qui l'avait terrassé en trois sets. Pour certains, à commencer par son entraîneur de l'époque, Goran Ivanisevic, le Serbe avait probablement laissé filer le Grand Chelem en tenant absolument à jouer à Tokyo, où il était en plus rentré "chocolat" après avoir perdu la demi-finale puis le match pour la troisième place.

Le précédent 1992

Mais cette année, à Paris, il y avait une contrainte supplémentaire, et de taille : l'épreuve se jouait sur terre battue, au sortir de la saison sur gazon et juste avant le passage au dur. Une équation quasi-insoluble, obligeant tous les prétendants olympiques à sacrifier leurs vacances de juillet sur l'autel d'une vraie préparation sur ocre. Puis à zapper tout ou partie de leur tournée nord-américaine pour une pause nécessaire, bien que manifestement insuffisante.
C'était la deuxième fois de l'ère moderne que les Jeux avaient lieu sur terre battue. Et, comme le souligne notre partenaire Jeu, Set et Maths sur son compte "X", après Barcelone en 1992, le constat était similaire. A l'époque, les quatre médaillés olympiques, à savoir Marc Rosset (or), Jordi Arrese (argent), Andreï Cherkasov et Goran Ivanisevic (bronze tous les deux) avaient disparu d'entrée à New York. Certes, hormis pour ce dernier nommé qui était dans le top 5 mondial, le podium étaient moins prestigieux à l'époque. Mais la problématique restait la même.
Cette année-là, la plupart des meilleurs mondiaux étaient pourtant présents à Barcelone. Mais sans forcément y afficher une ambition maximale, à l'image du numéro 1 mondial et vainqueur de Roland-Garros, Jim Courier, tombé en trois petits sets en huitièmes contre le futur champion olympique. Quant à Stefan Edberg, il avait expliqué avoir fait une sorte de préparation foncière avant les Jeux, où il avait perdu d'entrée contre Cherkasov, avant de triompher quelques semaines plus tard lors d'un US Open héroïque, après un véritable parcours du combattant marqué par trois victoires d'affilée en cinq sets.
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Alcaraz balayé en 3 sets : les images de l'exploit spectaculaire de Van de Zandschulp

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Outre le changement de surface déjà extrêmement délicat à gérer, il faut probablement souligner l'engagement émotionnel énorme qu'impliquent les Jeux olympiques, étant donné leur rareté et leur charge symbolique, sûrement alourdie cette année dans le cadre grandiose de Paris et de Roland-Garros. Et pour trouver des circonstances atténuantes à sa déconfiture new yorkaise, il n'est pas impossible que le tennis français ait aussi laissé beaucoup de plumes sur le plan mental lors de ces JO, même s'il n'y a pas brillé davantage (aucun représentant en quarts).
Curieusement, ce constat semble pour l'instant moins s'appliquer aux femmes, puisque les trois médaillées olympiques sont toujours en course à l'US Open (Qinwen Zheng et Donna Vekic, qui s'affronteront en huitièmes, ainsi qu'Iga Swiatek). Reste que ceux qui s'annoncent désormais comme les deux grands favoris de cet US Open, Jannik Sinner et Aryna Sabalenka, sont aussi les deux grands absents des Jeux Olympiques. Coïncidence ?
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