US Open 2026 | Finales messieurs – Zverev-Shelton : 5-0, oui, et alors ?

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Sur le papier, la finale messieurs de l'US Open, ce dimanche (à partir de 20h), s'annonce déséquilibrée. Alexander Zverev, qui va jouer sa troisième finale majeure consécutive, n'a jamais perdu en cinq confrontations contre Ben Shelton, qui va vivre sa grande première. Sauf que l'Américain, transfiguré, n'est plus le même joueur. Et semble porté, à New York, par le souffle de l'exploit.

On a vécu le dernier jeu de la demi-finale à côté de Bryan, le père de Ben Shelton

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Tu peux perdre un match une fois. À la limite deux, ou trois, ou quatre... Mais pas plus ! Si tu perds cinq fois sur cinq contre la même personne, et ce en moins d'un an et demi, ça ne peut plus relever du hasard. Tel est le brut constat des faits : Ben Shelton a perdu cinq fois contre Alexander Zverev en autant de confrontations, la première en août 2024 en quart de finale à Cincinnati, la dernière en novembre 2025 aux ATP Finals de Turin. Pis encore : hormis lors du tout premier match dans l'Ohio, où il était passé près de la victoire, l'Américain n'a plus jamais arraché le moindre set à son rival allemand.
Voilà qui n'augure pas, a priori, d'un grand suspense avant les retrouvailles entre les deux hommes dans le plus grand des décors et le plus grand des rendez-vous, ce dimanche soir en finale de l'US Open. Ce face-à-face particulièrement déséquilibré dit juste une réalité : pour le moment, Zverev, qui va disputer là sa sixième finale de Grand Chelem - la troisième d'affilée -, est tout simplement un meilleur joueur, mieux classé, plus expérimenté et plus capé que Shelton, lequel s'apprête à vivre sa grande première à ce niveau.
Sauf que tout ça, c'était avant. Nous sommes en 2026 et, en 2026 – spécialement durant cet été –, Ben Shelton n'est plus le même. "J'ai l'impression d'être un joueur différent aujourd'hui, a-t-il répété après son succès en demi-finale de l'US Open face à Frances Tiafoe. J'ai davantage d'outils à ma disposition, je connais mieux mon identité, je me sens mieux dans ma peau et j'ai le sentiment de savoir davantage ce qu'il faut faire pour évoluer au plus haut niveau. J'ai fait, pour cela, des progrès et des changements importants dans plusieurs secteurs de mon jeu."
On ne saurait taxer Shelton d'auto-flagornerie tant ses dires ont été corroborés par ses actes durant cette quinzaine. Dans la droite lignée de son titre au Masters 1000 de Montréal début août, le bombardier de Géorgie a affiché des progrès criants à New York. On connaissait sa force de frappe au service, moins sa tolérance aux rallyes, sa capacité de concentration et sa qualité de retour, parfois aberrante face à Tiafoe, notamment lors d'un mémorable dernier jeu du troisième set.

Le spectre de la première finale en Grand Chelem

D'ailleurs, inverser les tendances en cours, le futur n°4 mondial – son meilleur classement – n'a fait que ça durant son parcours. "J'étais à 0-1 contre Stefanos (Tsitsipas, qu'il a battu en huitièmes), 0-3 contre Carlos (Alcaraz, éliminé en quarts) et "Foe" m'avait battu lors de notre dernier match ici, a-t-il répondu lorsqu'on lui a rappelé son mauvais bilan contre Zverev. C'était un parcours semé d'embûches. Donc je me sens tout à fait prêt à relever le défi."
On n'a aucun doute sur le fait que le Shelton que Zverev croisera dimanche ne ressemble en rien à celui qu'il a connu par le passé. Reste tout de même une inconnue, et de taille : le spectre de la première finale de Grand Chelem. Beaucoup s'y sont cassés les dents, spécialement à l'US Open. Son compatriote Taylor Fritz, laminé par Jannik Sinner en finale ici en 2024 après avoir lui aussi battu Tiafoe en demie, pourrait lui en parler. Et aussi Alexander Zverev lui-même, qui avait vécu un véritable calvaire mental pour sa première finale majeure à New York en 2020, même s'il était passé à deux points du titre face à Dominic Thiem.
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Zverev face à l'Amérique en finale : "C'est ok, j'ai déjà affronté des Français en France..."

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Pardonnez la comparaison peut-être un brin graveleuse, mais disputer sa première finale de Grand Chelem, c'est un peu comme faire face à la mort. On ne peut pas savoir, tant qu'on ne l'a pas vécu, comment on va réagir. Certains vont s'y révéler. D'autres vont s'effondrer. On ne sait pas. Personne ne sait. Par définition, on se situe là au climax de l'inconnu. Aux portes d'un monde que l'on ne connaît pas, que l'on ne maîtrise pas.
C'est un processus qui peut s'apprendre, aussi. Zverev pourrait, peut-être mieux que quiconque, en témoigner. Battu lors de ses trois premières finales majeures sans jamais parvenir à s'y libérer complètement (US Open 2020, donc, puis Roland-Garros 2024 et Open d'Australie 2025), l'Allemand a fini par inverser la tendance cette année à Roland-Garros. Puis il a été grand lors du dernier dimanche à Wimbledon, malgré sa défaite contre Jannik Sinner. S'il a longtemps été raillé comme le roi des "chokers", aujourd'hui, personne ne doute du fait qu'il sera à la hauteur dimanche. C'est fou, quand même, comme les choses changent vite.
Le trac est de toute façon toujours là, dès le premier tour. Il en sera évidemment de même en finale. C'est un obstacle qu'il faut surmonter.
Concernant Ben Shelton, le doute reste permis, même si les signaux renvoyés durant sa campagne laissent à penser que ça devrait bien se passer. "D'une manière générale, je pense que je gère plutôt bien les grands rendez-vous, a rappelé l'Américain. Le trac est de toute façon toujours là, dès le premier tour. Il en sera évidemment de même en finale. C'est un obstacle qu'il faut surmonter. Je me dis que tout cela n'est que du plaisir. Je joue une finale de Grand Chelem, à domicile, contre la tête de série n°1. Il y a tant de raisons de se réjouir de la perspective. À moi de me dépasser et de voir ce dont je suis vraiment capable."
C'est là, en effet, ici et maintenant, qu'on voit les hommes. Là que se fait la différence entre les bons joueurs et les grands champions. Oublions le passé, oublions les duels précédents à Cincinnati, Munich, Stuttgart ou Turin. Ils existent, mais ils ont été joués dans un autre contexte, ou sur une autre surface. Ce dimanche, les compteurs seront en quelque sorte remis à zéro.
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