US Open 2026 | Simple messieurs – Pour Carlos Alcaraz, opposé à Tommy Paul en 8èmes, le plus dur commence : "Franchement, je suis moi-même surpris"

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Après quatre mois sans jouer, Carlos Alcaraz, encore expéditif face à Yibing Wu vendredi soir, s'est qualifié de manière convaincante pour la deuxième semaine de l'US Open. En soi, c'est déjà un petit exploit. Mais l'Espagnol a conscience que le plus dur arrive, avec pour commencer un huitième de finale face à Tommy Paul, un joueur en pleine forme qui a lui a déjà posé des problèmes.

Alcaraz n'aime toujours pas les manches superflues : son clean sheet contre Wu

Video credit: Eurosport

Est-il humainement possible de remporter un titre du Grand Chelem sans avoir joué le moindre tournoi les quatre mois précédents ? On va dire que oui puisque Roger Federer – mais était-il humain ? – l'a fait, lors de son inoubliable triomphe à l'Open d'Australie 2017, qu'il avait remporté en n'ayant pas disputé un seul match depuis sa blessure au genou survenue six mois plus tôt, à Wimbledon en 2016. Si le Suisse avait signé là l'un des plus grands come-back de l'histoire (celui de Nadal lors de l'Open d'Australie 2022 n'était pas mal non plus), il faut malgré tout préciser qu'il y avait eu, entre temps, une "saison off", durant laquelle les compteurs sont finalement remis à zéro pour tout le monde.
Bref, ne faisons pas de l'affaire un concours qui serait de toute façon beaucoup trop subjectif, et assez peu intéressant. Seule certitude : Carlos Alcaraz, qui sort de quatre mois de "placard" en raison d'une blessure au poignet récalcitrante qui l'a fauché en plein vol, a l'occasion de signer lui aussi un retour magistral sur cet US Open. Quelque part, c'est déjà fait : huitième de finaliste en produisant un niveau certes inégal mais globalement supérieur aux prévisions les plus optimistes, le Murcien a d'ores et déjà surpris son monde. A commencer par lui-même.
"Normalement, quand on reprend après quatre mois sans avoir disputé le moindre match, avec la pression, les nerfs et tout ce que cela implique, on s'attend à avoir le corps très raide juste après le match, ou le lendemain. Mais cela ne m'est pas arrivé, a déclaré le tenant du titre après son succès aisé vendredi soir face au Chinois Yibing Wu (6-3, 6-4, 6-1). Au contraire, jusqu'à présent, je me suis senti de mieux en mieux après chaque match. En fait, j'ai l'impression de n'avoir pas du tout arrêté pendant tout ce temps. Franchement, je suis moi-même surpris de la manière dont je me sens et dont je récupère."
Même après avoir fait le choix vestimentaire, en revêtant un tee-shirt sous son débardeur, de cacher ce téton que l'on ne saurait voir, Carlos Alcaraz continue donc d'étonner. De détonner. Lui-même dit être arrivé à New York, comme tous les observateurs, sans "grande attente" sur lui-même, juste avec l'idée de "voir comment ça se passe". Et force est de constater que jusqu'à présent, ça se passe bien. Très bien, même. Au point que ce qui paraissait déraisonnable il y a encore quelques jours semble maintenant palpable : oui, Alcaraz est en mesure de défendre son titre.

Alcaraz redevient ce favori qu'il n'aurait pas dû cesser d'être

S'il y parvient, ce sera un exploit phénoménal, un de plus à rajouter à rajouter à sa check-list. Un de ces exploits que seuls les extra-terrestres de son espèce sont capables d'accomplir. Mais puisque c'est lui, puisque aussi – il faut bien le dire – le tableau, déjà marqué par l'absence de Jannik Sinner, est de plus en plus dépeuplé au fil des surprises, et puisqu'Alexander Zverev a de son côté déjà laissé énormément de gomme en route, Carlos Alcaraz est redevenu ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : à savoir, le favori du tournoi. Ni plus ni moins.
A un bémol près, toutefois. Pour l'Espagnol, qui a bénéficié d'une première semaine en pente douce quasiment idéale pour se remettre en jambes, un autre tournoi commence. Plus dur, beaucoup plus dur. A commencer par un huitième de finale à venir face à un homme en forme, un homme dangereux, l'un des neuf hommes à l'avoir battu au moins deux fois sur le circuit principal : Tommy Paul (N°20), qui a renversé une situation difficile face à Alexander Bublik vendredi soir (6-4, 3-6, 6-7(4), 6-1, 6-3).
L'Américain, l'un des quatre encore en lice dans la partie basse du tableau (avec Ben Shelton, Frances Tiafoe et Alex Michelsen), n'est peut-être pas le plus clinquant de ses rivaux, si tant est que l'on puisse l'appeler ainsi. Mais certainement pas le moins doué non plus. Ni celui qui a le moins de repères face à Alcaraz, puisqu'il l'a affronté à huit reprises en tout pour deux victoires, les deux fois au Masters 1000 du Canada, en 2022 et 2023. "Carlitos" s'en méfie comme de la peste.
"Tommy est un joueur extrêmement talentueux et très difficile à affronter, a-t-il prévenu. Il a une manière particulière de frapper la balle qui fait qu'il est compliqué de prendre le dessus sur lui à l'échange. Mais je suis enthousiaste à l'idée de l'affronter. On a déjà livré de superbes batailles dans le passé et je prends du plaisir à jouer contre lui, parce qu'il il y a toujours de très beaux points. Ce devrait être un match sympa à regarder et à jouer. Mais si je veux passer, je devrai être à 100%."
J'aime à me considérer comme quelqu'un capable de battre les meilleurs.
Le sera-t-il ? C'est évidemment la question. Physiquement, tennistiquement, les voyants semblent au vert pour le génie de Murcie. Mais l'on sait que dans sa condition, les limites "structurelles" du manque de match, du manque de repères, peuvent rejaillir à tout moment, quand le niveau de l'adversité s'élève. Et il va sans dire que l'Américain fera tout pour placer la barre le plus haut possible. Récent vainqueur d'Alexander Zverev à Cincinnati, il a cette croyance en lui-même nécessaire pour un exploit XXL : "J'aime à me considérer comme quelqu'un capable de battre les meilleurs", a -t-il tancé. Sous ses dehors cools et décontractés, Tommy Paul reste un farouche compétiteur.
On a coutume de dire, dans un éternel poncif, qu'un nouveau tournoi débute à partir de la deuxième semaine d'un Grand Chelem. Pour Carlos Alcaraz, c'est vrai plus que jamais. D'autant que le tableau, s'il respecte – enfin – la hiérarchie, pourrait lui proposer d'enchaîner ensuite en quart de finale contre Ben Shelton. En gros, toute l'Amérique contre Carlos Alcaraz. Pour un retour, il faudra avoir le poignet sacrément solide.  
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