Cyclisme - Après Paris-Nice et Tirreno-Adriatico : Primoz Roglic et Tadej Pogacar, deux recettes de la victoire

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CYCLISME - Cherchez l’erreur. Deux Slovènes ont emporté les prestigieuses courses d’une semaine disputées cette semaine. Primoz Roglic sur Paris-Nice et Tadej Pogacar sur Tirreno-Adriatico ont prolongé l’heure de grâce du duo sur les courses par étapes ces dernières années. Outre la victoire, chacun y a mis sa patte. Si l’un a tremblé, l’autre a déroulé. Bilan d’une semaine à l’accent slovène.

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L’un brûle les étapes et convoque nombre d’épithètes lors de chacune de ses sorties. L’autre se languit dans un schéma de course conservateur, sans couleurs, ni étincelles, mais avec une certaine réussite au bout. Leur point commun, ils ont déboulé dimanche sur le podium final en vainqueur, les bras levés et la concurrence à leurs pieds. C’est peu dire que Tadej Pogacar (UAE Team Emirates) et Primoz Roglic (Jumbo-Visma) dominent outrageusement les courses par étapes depuis quelques saisons. La mécanique ne s’est pas rouillée en 2022. Les trois courses d’une semaine accrochées au calendrier World Tour en ce début d’année sont toutes revenues au duo slovène. Récit d’une domination.

Les petits calculs de Roglic

Après une rentrée discrète en Ardèche (26e) et dans la Drôme (28e), Primoz Roglic a étiré son début de saison sur les routes françaises. Sur la Course au soleil, le Slovène a souvent joué placé (2e de la première étape et du chrono à Montluçon), à la recherche d’une forme ascendante. Ce n’est que sur le sommet saupoudré de flocons du col de Turini (7e étape) que le maillot jaune a ouvert son compteur en 2022. Un succès à la symétrie récurrente chez le Slovène, acquis au prix d’un finish tout en puissance. Même s’il lui arrive d’écraser les courses qu’il dispute, Roglic a la mauvaise habitude de ne pas forcer les choses, se contentant de petits profits pour faire gonfler gentiment son capital temps. Une tenue de compte qui ne l’abrite pas d’un final explosif. L’avertissement du Paris-Nice 2021 a servi, du moins sur le plan stratégique. Cette fois, pas question de débouler sur les derniers versants de l’étape sans soutien.
Bémol, l’entreprise ne peut mener au succès qu’à condition que la forme du maillot jaune soit à la hauteur de l’événement. Rajoutez à cela une météo capricieuse, un froid à s’en réchauffer les extrémités, ainsi qu’une chaussée changeante, et vous obtenez le cocktail parfait pour faire déjouer un métronome averti. L’alerte sonnée par Simon Yates dimanche sur les rampes sévères du col d’Eze a suffi à faire basculer le leader de la Jumbo-Visma face à ses démons. Cette fois, la léthargie s’est estompée sous les massages d’un Wout Van Aert de gala, toujours plus épatant de polyvalence. Au final, le triple tenant de la Vuelta a conservé 29 secondes sur la ligne pour briser la malédiction et lancer pour de bon son opus 2022.
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Pogacar comme un air de Merckx

De l’autre côté de la frontière, là où les gestes articulent la parole des plus passionnés, un ovni invincible a rasé la concurrence. Chez Tadej Pogacar, chaque course est un défi qu’il convient de dompter. La mèche rebelle du natif de Komenda a de son côté visité en avant-première la ligne d’arrivée à Bellante (4e étape) et Carpegna (6e étape). Il ne manquait pourtant pas de cracks en puissance sur les Apennins ou les pourtours de la mer Adriatique. Remco Evenepoel (Quick-Step Alpha Vinyl) s'est écroulé à Carpegna, et Jonas Vingegaard (Jumbo-Visma) a accepté sans broncher son rôle de dauphin (à 1’52’’ au classement final). A chaque fois, il lui a fallu une attaque, ou presque, pour faire exploser la poudrière et répandre un sentiment d’impuissance sous des casques interdits.
Sur le plan comptable, deux étapes et le général qui font trois, plus les quatre succès enregistrés plus tôt dans l’année, et vous obtenez un total record de sept bouquets avant la mi-mars. Le double vainqueur de la Grande Boucle (2020-2021) affiche des temps de passage éclairs. Il faut tout simplement remonter à Eddy Merckx pour trouver trace d’un vainqueur du Tour affichant un total de victoires aussi conséquent à ce stade de l’année. Une comparaison, une de plus, avec le "Cannibale".

Retrouvailles à San Remo

Alors que Pogacar s’affirme comme le grand favori de Milan-San Remo (19 mars), le double tenant de la Course des deux mers a préféré relativiser les effluves de compliments l’entourant : "J’ai peut-être l’air imbattable mais je ne le suis pas," confiait-il après l’arrivée à San Benedetto del Tronto. Quelques mots lâchés sur un ton mièvre qui ne tromperont personne. Le Slovène est invaincu cette année, et il compte bien le rester le plus tard possible.
Séparés depuis leur joute sur le Tour de Lombardie (remporté par Pogacar), les deux premiers du Tour de France 2020 vont célébrer leurs retrouvailles sur un autre Monument de la Botte. Dans un rôle de lieutenant pour Van Aert, Roglic aura pour mission de rendre la pareille au Flamand qui vise la conquête d’une deuxième Primavera après celle enlevée en 2020. Son compatriote, flanqué d’une immense pancarte de favori, n'exclut pas de secouer les orangers dès la Cipressa. Le panache face à la sobriété, le choc des philosophies a de quoi faire saliver.
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Démare : "Pogacar ? il sera favori de Milan-Sanremo"

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