Julian Alaphilippe et Liège-Bastogne-Liège, quand le bonheur s'échappe

Eurosport sur Google

C'est la course de ses rêves. Ce devait être le témoin de sa grandeur. Mais Julian Alaphilippe n'a jamais fait mieux que sa 2e place tonitruante de 2015 lors de Liège-Bastogne-Liège. Dimanche, il sera bien au départ du Monument belge qui paraît tant lui seoir, mais plus dans la peau du favori qui a buté sur cette épreuve de moult façons, avant d'y subir une chute aux airs de tournant.

Alaphilippe n'y arrive pas à Liège, c'est f(l)ou

Crédit: Eurosport

Julian Alaphilippe a éprouvé tous les sentiments à Liège. Il a même connu celui de la joie d'y lever les bras… l'espace d'un instant. Le temps de comprendre que Primoz Roglic avait profité de sa célébration anticipée pour lui griller la politesse. Ce 4 octobre 2020, "Loulou" est passé de 1er, dans sa tête, à 2e, sur la ligne, puis à 5e, dans les faits, en raison d'un sprint illicite. Il a en prime fait tout cela vêtu du maillot arc-en-ciel.
Cette péripétie suffirait à faire de la relation entre Alaphilippe et la Doyenne un monument de contrastes. Pourtant, elle ne représente qu'un pan de ce qui se noue, entre ce champion et cette épreuve prestigieuse. Dès 2015, on a su que Liège compterait dans la carrière du puncheur qui a depuis conquis de nombreux cœurs tricolores. Il n'était encore qu'un jeune homme impétueux (22 ans), avec un seul succès en pro au compteur.

Révélation et ambition

Tout juste auréolé de sa deuxième place sur la Flèche wallonne, derrière Alejandro Valverde, Alaphilippe avait récidivé, seulement battu par l'Espagnol. Le monde découvrait un dauphin aux dents longues : "Je suis très déçu de passer très près. J'espère que cela viendra, que je gagnerai un jour une grande course comme ça." Son vœu de triompher sur "une grande course" a été exaucé à plusieurs reprises. Mais celle-ci lui a toujours résisté.
Liège-Bastogne-Liège est pourtant un Monument taillé pour lui. Une évidence qui a laissé place au doute, au fil des années. A la manière de Peter Sagan avec Milan-Sanremo, Alaphilippe a couru derrière un sacre auquel il semblait promis, sans parvenir à lui mettre la main dessus. Quatrième en 2018, il a vécu le bonheur par procuration, quand son coéquipier Bob Jungels a triomphé avec sa bénédiction : "Julian m'a dit à la radio : 'vas-y, vas-y !'"
picture

"Julian me dit à la radio : 'Vas-y, vas-y !'" : Jungels raconte son sacre de 2018

Video credit: Eurosport

Cinquante nuances de déception

L'année 2019 fut celle de l'immense camouflet : 16e, très loin d'un Jakob Fuglsang avec qui il partageait le statut de grand favori. 2020 fut donc l'année du raté mémorable, 2021 celle d'une nouvelle deuxième place, derrière un Tadej Pogacar en pleine ascension phénoménale. De quoi se dire que rien n'y fait, entre Alaphilippe et Liège : quelque chose clochera toujours.
Puis vint l'édition 2022, celle des émotions qui ont dépassé le cadre du sport. Une chute terrible qui a glacé le sang de Romain Bardet. Le Français de DSM a craint que son compatriote ne souffre de paraplégie. Alaphilippe s'en est relevé, mais il a mis du temps à retrouver des couleurs. Et un an plus tard, cet incident semble l'avoir changé à jamais, en tant que coureur a minima.
picture

Bardet est venu en aide à Alaphilippe après sa chute

Video credit: Eurosport

Il ne manquerait plus que ça…

Son choix de donner la priorité au Tour des Flandres, cette année, repose sans doute sur l'avènement de Remco Evenepoel - tenant du titre -, qui fait du Belge un homme fort tout trouvé pour la Quick Step, en direction de Liège. Toujours est-il que voir Alaphilippe faire passer la Doyenne au second plan, sans avoir réussi à l'embrasser, relève de l'incongru. Ce devait être sa quête immuable, avant d'envisager tout virage dans sa carrière. C'était écrit.
Mais le scénario a donc changé. Voilà Julian Alaphilippe au départ de Liège-Bastogne-Liège, ce dimanche, dans la peau d'un outsider voire d'un équipier. Il n'a plus couru depuis trois semaines et un Tour des Flandres achevé à la 51e place, le corps meurtri par une chute. Rien n'indique qu'il puisse enfin conquérir sa promise. Il existe bien un espoir, auquel ses plus fervents supporters peuvent s'accrocher : entre leur idole et la course de ses rêves flotte toujours un parfum d'imprévu.
picture

Une grosse boulette et une énorme chute : Alaphilippe et Sagan à terre

Video credit: Eurosport

Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité