C’est le propre des plus grands, paraît-il. Savoir se faire oublier. Zoner aux abords de la surface, guetter sa proie pour mieux jaillir au moment opportun. On ne sait pas s’il l’a fait exprès. On en doute, à dire vrai. Mais Mauro Icardi ne pouvait pas mieux choisir son moment. De retour de blessure face à Saint-Etienne le week-end dernier, l’Argentin a marqué un but qui ressemble à s’y méprendre à un tournant dans la course au titre (3-2). Et si le grand oublié avait planté le pion le plus important de la saison du PSG ?
Oublié, Icardi l’a été un peu. Relégué, beaucoup plus sûrement. Face à la fougue de Moise Kean, face à la constance de Kylian Mbappé, l’ancien de l’Inter n’a eu qu’à opposer pépins physiques et manque de rythme pour lutter. Alors, le PSG a avancé, tant bien que mal, sans lui ou presque. Sa feuille statistique avant le tournant stéphanois, son seul baromètre, faisait tache (19 matches, 9 buts) pour la recrue principale d’un été où Paris s’était serré la ceinture pour se permettre la folie Icardi.
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Covid contracté à Ibiza, blessure au genou ou problèmes aux adducteurs : rien n'aura été épargné au buteur parisien sur la saison. Si efficace et fiable lors de ses premiers mois parisiens, Icardi a pris la courbe inverse pour fêter son transfert définitif. Les "4 fantastiques" se retrouvaient sans leur arme la plus létale, et c’est le PSG qui a fini par se gripper.

Angel Di Maria, Kylian Mbappé, Neymar et Mauro Icardi, les Quatre Fantastiques du PSG

Crédit: Getty Images

Final 8 frustrant et Camp Nou alléchant

La faute à un Final 8 qu’il aurait mal vécu selon les retours ? Possible. Laissé sur le banc en demi-finale mais surtout lors d’une finale face au Bayern où le choix de Thomas Tuchel a surpris, Icardi a semblé mal vivre cette relégation au moment le plus important de la saison. Jusqu’en décembre et le départ du coach allemand, sa saison fut quasi-blanche. Et puis…
Revenu en forme avant les 8es de finale de C1, Icardi fut l’un des seconds rôles majeurs de la grande nuit de Kylian Mbappé au Camp Nou. Une soirée passée à remiser, orienter, peser et embêter qui aura rappelé que sa palette ne se limite pas uniquement à marquer, même s’il a parfois du mal à s’en convaincre.
On imaginait l’antre barcelonaise comme le début d’une rédemption. Ce fut une exception, avant de retrouver à nouveau l’infirmerie. Alors, à l’échelle de sa saison, Saint-Etienne fut un sommet. Un pion de buteur où son timing aérien fut parfait. Face à Angers mercredi, ce fut autre chose encore : on a retrouvé sa facilité déconcertante face aux gardiens adverses et cette impression d’irrémédiable quand il se retrouve en face à face.

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Et maintenant ?

Après coup, c’est avec un certain soulagement qu’il analysait cette réussite retrouvée. "C’est toujours très dur pour un joueur d’être blessé, il faut jouer, expliquait-il à notre micro. Cela a été une année très difficile pour toutes les équipes. On joue tous les trois jours, on n’a pas le temps pour récupérer. On le voit dans tous les clubs, avec beaucoup de blessures. Cela a été très difficile pour moi, mais je suis maintenant de retour et je cherche à donner le meilleur de moi-même lors des opportunités offertes par l’entraîneur."
Elles risquent d'être nombreuses. S’il a les défauts de ses qualités, avec un travail défensif parfois limité et une implication pas toujours démontrée sur les phases de jeu lointaines, Icardi reste précieux. Son profil est unique dans l’effectif parisien et magnifie surtout un Kylian Mbappé qui hérite souvent de son travail de sape sur les défenses adverses. A l’heure où Neymar fait tout, sauf la finition, Icardi apporte aussi une garantie certaine dans le secteur. Et si les bruits le concernant en Italie sont fréquents, l'arrivée de Mauricio Pochettino pourrait bien avoir changé la donne.
On a donc eu tort de l’oublier. Comme les défenseurs qui lui laissent le moindre espace. Après tout, les grands chasseurs réveillent leur instinct au moment le plus propice. Pour Paris, pas de doute, c’est maintenant. Pour Icardi aussi. Dans une phrase joliment tournée, Carlo Ancelotti balayait souvent les critiques autour de Pippo Inzaghi lors de son séjour milanais. "Inzaghi fleurit toujours au printemps", glissait-il dans un sourire entendu, comme pour rappeler que les plus grands frappent au meilleur moment. A Icardi d’en faire sa nouvelle maxime.

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