Il y a longtemps, Jacques-Henri Eyraud a fait un rêve : faire de l'Olympique de Marseille un club comme les autres. Lisse. Sans aspérité. Or, l’OM n’est pas et ne sera jamais un club comme les autres. Ce doux rêve s'est sans doute définitivement envolé un samedi de cauchemar, du côté de la Commanderie. Et si tant est qu'il y ait cru encore un peu, Andre Villas-Boas est venu éteindre ses derniers espoirs, mardi à la mi-journée. A l'occasion d'une conférence de presse lunaire, pas la première mais possiblement la plus surréaliste depuis belle lurette - au minimum depuis le passage de Marcelo Bielsa -, l'entraîneur portugais de l'Olympique de Marseille est venu annoncer tout de go qu'il voulait s'en aller. Maintenant. Et sans argent.
On savait déjà qu'il n'irait pas plus loin que l'été. Ce mardi, AVB a décidé de raboter son bail et de zapper le printemps. Pourquoi ? Parce qu'il n'a pas aimé voir Olivier Ntcham arriver sur les bords de la Canebière. Il avait dit non. Longoria est passé outre. "Je n’ai rien à voir avec cette décision, je l’ai apprise ce matin, par la presse. C’est précisément un joueur auquel j’ai dit non. J’ai présenté ma démission à la direction. Sans rien voler à OM. Je ne suis pas d’accord avec la politique sportive".

A qui la faute ?

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AVB a également assuré que sa décision n'avait rien à voir avec ce qu'il s'est passé samedi. Il a le droit de le dire mais on a le droit d’imaginer, aussi, que ce n'est pas totalement vrai. Si ça n'a pas pesé beaucoup dans la balance, cette goutte d'eau a sans doute aidé à faire déborder un vase qui ne cessait de se remplir ces dernières semaines. Tout autant que l'arrivée de Ntcham qui, pour le coup, en a pris pour son grade sans n'avoir rien demandé. Tout autant, enfin, que tout le reste.
A cette heure, l'Olympique de Marseille n'a pas encore accepté la démission de l'entraîneur, qui a été mis à pied, mais celle-ci est évidemment inéluctable. Depuis des semaines, AVB le sympa avait laissé place à un AVB plus sombre. Parce que les critiques avaient fini par lui tomber dessus. Parce que les choix de sa direction et l'orientation prise ne lui plaisaient guère. Parce que les résultats sportifs, enfin, n'étaient pas à la hauteur de cette première saison inachevée mais réussie.

"Je ne peux pas accepter ça" : le moment où Villas-Boas a annoncé sa démission

A l'heure de le voir quitter le navire, deux écoles de pensée vont s'affronter : la première va applaudir des deux mains le technicien portugais, droit dans ses bottes et franc du collier depuis le début. La seconde lui reprochera d'avoir demandé (une deuxième fois) de quitter le navire au moment où la tempête redoublait de violence. Où est la vérité ? Entre les deux, assurément. Les fautes sont largement partagées et Villas-Boas a déjà commencé à reconnaitre les siennes. Le Portugais ne peut se dédouaner d’avoir fait passer l'OM, longtemps minimaliste dans le jeu, de leader virtuel de L1 à une équipe qui n'avance plus. "Les résultats, c'est ma faute. Je ne peux rien dire sur les autres aspects".
Eyraud doit comprendre qu'il n'est pas à sa place
Pour parler des autres aspects, pas besoin de chercher bien loin. Les regards sont plus que jamais tournés vers Jacques-Henri Eyraud. Le président de l’OM a reçu une nouvelle pierre dans son jardin ce mardi. Dès l'intersaison, de la friture était venue parasiter la ligne entre les deux hommes. Le départ de Zubizarreta, les moyens à disposition en vue de la Ligue des champions, rien ne semblait convenir à ABV, qui était finalement resté. Pour ses joueurs. Comme Perrin et Baup à d'autres époques - et dans une atmosphère différente il est vrai -, le Portugais a été victime de l'incapacité de l'OM à enclencher la seconde après une première réussie au-delà des plus folles espérances.
Lens et le PSG se profilent à l’horizon, et la situation olympienne est plus que jamais. La mise à pied aujourd'hui, le départ bientôt. Viendra alors le temps de se pencher sur les autres problèmes de l’OM. Interrogé par France Info, Bernard Tapie, qui n’a jamais rêvé de faire de l’OM un club comme les autres, a mis les deux pieds dans le plat. "L'entraîneur, s'il veut démissionner, de vous à moi, on s'en fout, qu'il parte. S'il n'est pas content, on peut le comprendre. Mais maintenant, il y en a un autre qui doit l'imiter, c'est celui qui est en train de foutre cette pagaille. Jacques-Henri Eyraud doit comprendre qu'il n'est pas à sa place."
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