Jean-Pierre Papin : "Le 7-0 de l'OM face à l'OL en 1991 ? A cette époque, on pouvait taper n'importe qui"

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Désormais entraîneur de Chartres (N2) et consultant beIN Sports pour les matches européens, Jean-Pierre Papin est revenu, pour Eurosport, sur la plus large victoire de l'OM face à l'OL. C'était en 1991 et l'Olympique de Marseille de Raymond Goethals, qui disputait son premier match avec le club phocéen, s'était imposé 7-0. Le Ballon d'Or 1991 avait inscrit un quadruplé à Gilles Rousset. Entretien.

Jean-Pierre Papin, l'ancien buteur de l'OM.

Crédit: Getty Images

Jean-Pierre Papin, à l'époque où vous évoluiez à l'Olympique de Marseille, est-ce que l'animosité envers l'OL était aussi forte qu'aujourd'hui ?
Jean-Pierre Papin. : Absolument pas. C'était l'époque où l'OL revenait au premier plan après un passage en D2 (ndlr : Lyon a obtenu la montée en 1989). Cela correspond au grand départ de l'Olympique Lyonnais sous l'ère Jean-Michel Aulas. C'est un président que j'adore. Il défend toujours son club même quand il y a des tempêtes. Je le respecte énormément.
Le 13 janvier 1991, l'OM a battu Lyon sur le score de 7-0 au Vélodrome et vous avez inscrit un quadruplé. Est-ce que les supporters marseillais vous en parlent encore aujourd'hui ?
J-P.P. : Ça appartient au passé mais c'est vrai que ce match reste particulier pour moi. Dans une carrière, on ne met pas beaucoup de quadruplés. Moi, j'en ai mis deux, et deux fois au même gardien (ndlr : Gilles Rousset). C'est fou ça.
Comment expliquez-vous cette grande efficacité face à Gilles Rousset ?
J-P.P. : Parce que c'est mon pote (rires). On était en équipe de France ensemble et c'est tombé deux fois sur lui. C'est vraiment le hasard. L'année d'avant, il a encaissé six buts lorsqu'il évoluait à Sochaux. Puis il y a eu ce 7-0. Entre-temps, on a fait 2-2 à Lyon où j'ai encore marqué une fois. Lors du match OM-OL de la saison suivante (0-0), Raymond Domenech l'a remplacé par Christophe Breton. Est-ce que je l'ai chambré par rapport à ces deux quadruplés ? Non, pas du tout. Je ne chambrais pas Gilles, c'est quelqu'un que j'aime bien et on ne charrie pas les gens qu'on apprécie.
Est-ce que votre premier but inscrit dans sa lucarne est le plus marquant ?
J-P.P. : Oui. Celui-là est incroyable. La balle rebondit, je la prends de la tête et je la mets au-dessus de Bruno N'Gotty. Il revient trop tard, et moi j'envoie le ballon en pleine lucarne. Un classique dans mon registre (rires).
En 1990-91, l'OL n'était pas encore le club qu'on connaît aujourd'hui mais avait quand même fini cinquième du championnat...
J-P.P. : Je me souviens que c'était un match qui s'était déroulé un dimanche après-midi au Vélodrome. A chaque fois qu'on jouait le dimanche, on mettait quatre buts minimum. On avait rempli le goal-average pour la fin de la saison (rires). A l'époque, l'OM était une machine à gagner. Un rouleau compresseur. Est-ce que c'est la meilleure équipe de Marseille dans laquelle j'ai joué ? Elles ont toutes été belles. On était une vingtaine et peu importe qui jouait, c'était pareil. Je me suis régalé avec toutes les équipes de l'OM. Derrière, on avait une défense de fer. Un gardien de fer. Un milieu et une attaque de feu. Tout allait bien. Il n'y a plus ça aujourd'hui. Il y a des équipes beaucoup plus talentueuses au niveau des noms, mais il n'y a plus cette âme-là. Avec tous les joueurs, on était des frères. Si tu touchais à l'un, tu touchais à l'autre. On s'aimait, c'est tout. C'est le plus important. A cette époque-là, on pouvait taper n'importe qui.
Ce OM-OL est aussi le premier match de Raymond Goethals sur le banc de Marseille.
J-P.P. : Je ne garde que des bons souvenirs du coach. Il connaissait le football sur le bout des doigts. Il avait toujours le mot qu'il fallait pour motiver et désinhiber tout le monde. Il était hyper consciencieux et savait nous faire rire. Ce cocktail fonctionnait bien avec nous. Quand il est arrivé à l'OM, on avait l'impression qu'il avait toujours été au club. A son arrivée, on avait hérité de Milan lors du tirage au sort de la Coupe d'Europe. Il nous avait réunis et avait dit : 'On a tiré Milan, dans deux mois, on jouera de la même manière qu'eux.' Au départ, on se disait que ça serait peut-être compliqué. Mais au final, on a beaucoup bossé, et on a joué mieux qu'eux et à leur manière (ndlr : 1-1 puis 3-0 pour l'OM sur tapis vert). C'est un coach et une personne que je garde en haute estime.
Quelle avait été la réaction de Raymond Goethals et Bernard Tapie après ce 7-0 ?
J-P.P. : Je ne m'en souviens pas. C'est le genre de match où tout le monde est content et où il n'y a pas forcément de discours. Pour nous, c'était juste un match de championnat. L'important, c'était les trois points.
Quelle était votre relation avec Bernard Tapie ?
J-P.P. : Elle était très, très bonne.
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Jean-Pierre Papin aux côtés de Bernard Tapie.

Crédit: Imago

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