De Lisbonne à Barcelone, il y a une péninsule entière à parcourir. A croire que les Parisiens ont mis six mois à la traverser. On ne sait pas encore si l’histoire leur donnera raison d’avoir abandonné si longtemps leur contrée nationale, toujours est-il que le PSG est bien arrivé à destination ce mardi. Du Final 8 achevé par une finale frustrante au coup de force du Camp Nou, Paris a fini son exil footballistique. Ce mardi, on a retrouvé une troupe unie, soudée, parfois géniale, un peu brutale mais surtout convaincue de son destin.
Bien sûr, certains astres prennent la lumière plus facilement que d’autres. Mais l'essentiel pour Mauricio Pochettino, pèlerin arrivé sur le tard dans cette longue odyssée, est ailleurs. Au Camp Nou, c’est une rencontre fondatrice qui s’est déroulée : celle d’un coach qui découvre enfin ce dont ses nouveaux joueurs sont capables. Celle d’un capitaine en bataille qui touche enfin au vrai, au brut, au caractère de son régiment.
On disait cette armée criblée de défauts, vivant sur un formidable "one-shot" portugais et dépendante de son meilleur chevalier. Elle l’est sans doute. Mais ce mardi, la formation parisienne a de nouveau prouvé qu’elle avait basculé dans une autre catégorie : celle d’une équipe plutôt qu’un amoncellement de stars. Ronald Koeman, qui en a quelques-unes dans son effectif, notait d’ailleurs la vraie différence à ce niveau-là : "C'est une équipe accomplie". On ne saurait dire si ce PSG est une version définitive. Mais son logiciel n’a pas été effacé.
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Des stars dans le ton, des remplaçants au niveau

Symbole de cette unité, le héros du soir a d’abord évoqué le collectif parisien et les vertus d’une montée en puissance à laquelle certains ne croyaient plus/pas. "Le coach (Mauricio Pochettino) a fait un merveilleux travail depuis qu'il est arrivé, mais il a continué le travail de Thomas Tuchel, qui a fait un travail extraordinaire avec la finale, a ainsi noté Mbappé. On a été un peu chahutés, il y a eu le Covid, l'absence de préparation…". Sûr qu’il préfère son chahut au chaos dans lequel le Barça plonge désormais.
De ce caractère, mot qui jusqu’à peu ne collait pas particulièrement à l’ADN du PSG version QSI, Pochettino peut être fier. Dans un match qui aurait pu basculer dans un scénario cruel et cauchemardesque si Ousmane Dembélé n’avait pas croqué le but du break, ses hommes n’ont jamais renoncé au combat et au plan de jeu initial.

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A voir Verratti courir comme un dératé pour aller au pressing, à voir Moise Kean montrer une telle personnalité dans tous les secteurs de jeu, à voir Laywin Kurzawa relever la tête après sa première demi-heure compliquée, à voir Ander Herrera remplacer Gueye au pied levé sans dénoter, à voir Mauro Icardi briller dans la mise en avant des autres plutôt que penser avec son égoïsme de numéro 9, on se dit que les leçons de Lisbonne ont été bien retenues. Mieux, qu’elles semblent devenir une norme à laquelle Paris ne peut plus se soustraire à de telles hauteurs.
"Aujourd'hui, on a montré que quand on veut, quand on joue compact, en bloc, comme une équipe alors on a la personnalité et l'attitude pour faire de belles choses, s’est réjoui le capitaine Marquinhos, conscient que tout ne fut pas parfait dans ce domaine au PSG cette saison. Il faut garder cet état d'esprit, et pas le sortir seulement pour les grands matches. On doit trouver cette régularité même si c'est difficile, il faut conserver cet état d'esprit et cette attitude pour tous les matches de la saison".

Marco Verratti face au Barça

Crédit: Getty Images

Mbappé: "On n'est pas encore au pic de notre forme"

Tête froide et sur les épaules, Mauricio Pochettino, architecte d’un schéma qui a su mettre en valeur ses guerriers et ses artistes, ne disait pas autre chose après coup : "La perfection n'existe pas, mais nous la cherchons, nous progressons, mais il y a encore beaucoup de choses à améliorer, à travailler, soufflait-il. Mais je suis très fier des joueurs ce soir, ils ont réussi un grand match".
Dans un contexte compliqué, sans deux de ses meilleurs créateurs, c’est une performance à ne pas négliger. Voilà donc Paris rassuré : les vertus d’un groupe ne disparaissent pas subitement en un hiver, aussi rude soit-il. Avant de penser à l'été qui se profile, c’est surtout un printemps qu’il espère radieux qui attend la troupe parisienne. Et, cette fois-ci, plus question de traîner pour rejoindre Istanbul en mai prochain.
"Si on arrive à conserver cet état d'esprit on sait qu'on a de grandes choses à aller chercher", a judicieusement souligné Marquinhos. "On commence à être de mieux en mieux physiquement, on n'est pas encore au pic de notre forme, a complété Mbappé. On va essayer de continuer à progresser". "Avec la concentration dont nous avons fait preuve, c'est le minimum que nous pouvions obtenir", a conclu Pochettino. Si le minimum ressemble à ça…

La joie des joueurs du ¨PSG face au Barça

Crédit: Getty Images

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