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Interview Eurosport : Jimmy Algerino sur PSG-Juventus 1997 (1-6) : "Del Piero avait été quasiment injouable"
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Publié 06/09/2022 à 01:08 GMT+2
LIGUE DES CHAMPIONS - Le PSG débute sa nouvelle campagne de Ligue des champions à domicile face à la Juventus ce mardi. Il y a 25 ans, en Supercoupe d'Europe au Parc des Princes, la Vieille Dame a infligé l'une des pires corrections de l'histoire du PSG (1-6) sur la scène européenne. Présent sur le terrain ce soir-là face à Deschamps, Zidane ou Del Piero, Jimmy Algerino nous raconte ce naufrage.
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Jimmy Algerino, comment expliquez-vous la déroute du PSG face à la Juventus Turin (1-6) au Parc des Princes en Supercoupe d'Europe vingt-cinq ans après ?
Jimmy Algerino. : "En face de nous, il y avait une très, très grosse équipe. Ce soir-là, le terrain était très dur à cause du froid. Nous avons entamé ce match avec confiance, d'égal à égal avec la Juventus. On se sentait costaud par rapport à notre titre en C2 la saison d'avant mais on s'est laissé surprendre. Notre début de rencontre a été catastrophique, on perdait 0-4 à la mi-temps. La Juventus venait de remporter la Ligue des champions tout en ayant un effectif pléthorique et parfaitement huilé."
Le PSG avait aussi un très bel effectif (ndlr : Raï, Lama, etc...) et était deuxième du championnat de France en janvier 1997. Qu'est-ce qui vous a manqué ce soir-là ?
J.A. : "On a fait beaucoup trop d'erreurs individuelles et collectives pour se mesurer réellement à la Juventus. On a mieux réussi le match retour (ndlr : défaite 1-3) mais le contexte était complètement différent. Paris avait joué une demi-finale de Ligue des champions deux ans auparavant et se sentait au même niveau que la Juventus. En plus, on était au Parc des Princes. Mais ce sentiment de confiance nous a joué des tours."
Vous êtes arrivé l'été précédent au PSG (en provenance de Châteauroux). Comment avez-vous vécu cette rencontre sur le plan personnel ?
J.A. : "C'était une double peine pour moi. J'ai eu la chance de jouer cette rencontre sauf qu'au bout d'une trentaine de minutes, je me suis bloqué un genou. J'ai dû quitter mes partenaires et Ricardo m'en a un peu voulu. Lui aurait préféré que je serre les dents et reste sur le terrain. Pourtant, en tant que fils d'immigré italien, j'abordais ce match avec énormément d'envie. C'était une rencontre de gala et en plus Ricardo me faisait confiance."
Quel joueur turinois vous a le plus marqué sur le terrain ?
J.A. : "Alessandro Del Piero. Il y avait aussi ce milieu de terrain avec Didier Deschamps, Angelo Di Livio, Alessio Tacchinardi et Zinédine Zidane mais également Angelo Peruzzi dans le but. Dans cette équipe, il y avait beaucoup de qualités techniques, physiques et athlétiques. J'étais entré dans le match avec l'idée de marquer Alessandro Del Piero parce qu'il jouait sur mon côté. L'engagement était important dès le début du match pour marquer notre territoire. Mais lui ne s'est pas laissé démonter et impressionner, au contraire même. Il répondait coup pour coup. Au niveau des prises de balle, il était très rapide et orientait ses ballons efficacement. Il était quasiment injouable et nous poussait à défendre en reculant. Sur ce match et à cette période-là, il était largement au-dessus de Zidane, qui venait juste d'arriver mais qui a atteint ce niveau d'excellence ensuite."
Quels souvenirs gardez-vous de la prestation de Zinédine Zidane et Didier Deschamps ?
J.A. : "Didier Deschamps, je l'avais trouvé très solide dans ce milieu de terrain, notamment dans la récupération du ballon. Il avait également été très performant dans le placement et ses déplacements. À ses côtés, Angelo Di Livio avait un volume assez impressionnant. Pour sa part, Zinédine Zidane était un peu plus timide. Marcelo Lippi avait mis en place un plan tactique très cohérent, avec Michele Padovano à la finition. Ils nous avaient beaucoup gênés et bousculés. On ne s'attendait pas à perdre de cette façon-là."
Comment avait réagi Ricardo après cette lourde défaite ?
J.A. : "Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de sa réaction mais moi personnellement, je m'étais fait tout petit par rapport à ma prestation et à ma blessure. Après, Ricardo n'était pas du genre à vociférer après les matches. La Juventus avait été plus forte que nous, tout simplement. Mais on avait ressenti beaucoup de déception en perdant ce match de gala devant notre public sans avoir réellement lutté pour faire jeu égal. Notre préparation pour ce match n'avait pas été optimale car on était parti à l'Île Maurice."
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Cette désillusion a-t-elle eu un effet néfaste sur votre fin de saison ?
J.A. : "Non car derrière on joue une finale de Coupe d'Europe (ndlr : C2) face à Barcelone (0-1). On perd sur un penalty de Ronaldo. Sur le terrain, notre prestation avait été plutôt intéressante. En championnat, on finit deuxième après avoir été premier pendant une partie de la saison. Après personnellement, ça m'avait un peu impacté car je jouais en L2 la saison précédente et j'étais sorti blessé de cette rencontre."
Est-ce que ce PSG-Juventus est le pire match de votre carrière sous le maillot parisien ?
J.A. : "Il y a ce match-là et le déplacement à Sedan (5-1) en 2000 qui avait provoqué le limogeage de Philippe Bergeroo. La rencontre de C1 à La Corogne en 2001 (ndlr : le PSG menait 3-0 et avait perdu 3-4) ? Avant ce déplacement, j'avais été écarté de l'équipe première pendant un mois par Luis Fernandez. C'est peut-être un peu égoïste mais individuellement j'avais fait un match très intéressant au Riazor où j'avais délivré deux passes décisives à Laurent Leroy. Personnellement, je n'avais pas connu de naufrage. En plus, je passais directement de la N2 à la C1. Par contre, contre la Juventus quatre ans plus tôt, c'était quasiment un naufrage du début à la fin. D'ailleurs, j'avais rejoué contre la Juventus lorsque j'évoluais en Série A avec Venise en 2001. Là encore, c'est un mauvais souvenir car on avait perdu 4-0."
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