Au-delà du score, qui complique la tâche des hommes de Galtier mais qui n’est pas insurmontable, c’est surtout la manière qui a inquiété lors du seizième de finale aller entre Lille et l’Ajax (1-2). Incapables d’imposer leur rythme, dominés dans la possession comme dans le nombre d’occasions, les Dogues doivent tout changer ou presque lors du match retour ce jeudi (18h55). Mais c’est dos au mur que les grandes équipes répondent présent, et le LOSC possède plusieurs raisons de croire à une qualification, pour ne pas d’ores et déjà laisser le PSG comme seul représentant français dans les compétitions européennes.

Le LOSC est plus à l’aise à l’extérieur

Ce n’est pas nous qui le disons, mais les chiffres. Cette saison, les Lillois ont de meilleurs résultats loin du Stade Pierre-Mauroy. Que ce soit en Ligue 1, où les Dogues sont premiers du classement à l’extérieur et restent sur sept succès consécutifs hors de leur base, comme en Ligue Europa, où les Lillois ont signé deux succès en trois matches, avec à chaque fois des victoires par trois buts d’écart. Et pas face à n’importe qui, en témoigne le retentissant 3-0 infligé en novembre à l’AC Milan, alors leader de Serie A invaincu à San Siro. Sur le terrain de l’Ajax, les partenaires du capitaine José Fonte ont tout intérêt à s’appuyer sur leur grande forme à l’extérieur pour aller s'imposer.
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Le retour de Xeka et André au milieu

C’était un des éléments criants du match aller. Le trio Blind-Alvarez-Klassen avait littéralement mangé la paire Soumaré-R.Sanches au milieu de terrain, se baladant dans la conservation du ballon et empêchant les deux dragsters lillois de ressortir proprement et de trouver les flèches de l’attaque nordiste. Avec le retour de son vice-capitaine Benjamin André et de son complément portugais Xeka, tous les deux suspendus à l’aller, le LOSC peut espérer un meilleur rendement au match retour, et plus de sérénité dans la relance et la récupération du ballon.

Yusuf Yazici et Xeka lors de la victoire lilloise à San Siro (3-0).

Crédit: Getty Images

Et encore une fois, les statistiques peuvent être utiles pour susciter l’espoir des supporters et observateurs français. Cette saison, Lille n’a jamais perdu à l’extérieur avec Benjamin André titulaire, toutes compétitions confondues. Ajouté à la défaillance de l’entrejeu lillois lors de la première confrontation, Christophe Galtier serait bien avisé de titulariser sa paire de revenants au milieu de terrain, pour râtisser les ballons plus haut et mettre à mal le milieu hollandais, qui s’est baladé il y a une semaine.

La thèse de l’accident, prouvée par le match à Lorient

A la sortie de leur non-match jeudi dernier, les joueurs comme le coach du LOSC avaient prétexté la thèse de "l’accident de parcours", du match inhabituel qui ne se répèterait pas. Et c’est vrai que la formation en tête de la Ligue 1 avait été méconnaissable, et très loin de celle qui réussissait si bien depuis le début de saison. Très attendus trois jours plus tard à Lorient, les Dogues ont joint les actes à la parole, en s’imposant solidement 4-1 et en reprenant leur marche en avant.

Les joueurs du LOSC célébrant le but de Jonathan Ikoné lors de Lorient-Lille

Crédit: Getty Images

La théorie de l’accident désormais confirmée, il reste aux Lillois à montrer leur vrai visage sur la scène continentale, dans un match à enjeu et face à un adversaire redoutable. Après le succès en Bretagne ce week-end, on est en droit de l’espérer.

Un Ajax pas souverain chez lui, qui plus est sans supporters

Si la Johann Cruyff Arena d’Amsterdam promet habituellement des ambiances électriques qui peuvent entrer en compte dans l’anticipation d’une rencontre, l’enceinte des champions des Pays-Bas sera cette fois-ci vide de tout supporter, et permettra au LOSC de rentrer tout de suite dans sa partie, sans se soucier du public. D’autant plus lorsqu’on sait que l’Ajax Amsterdam n’est pas royal sur sa pelouse cette saison. Défaits deux fois à domicile en phase de poules de Ligue des champions, notamment lors du dernier match décisif face à l’Atalanta Bergame (0-1), les hommes d’Erik Ten Hag ont montré une fragilité dans les gros matches qui pourrait bien servir des Lillois, justement si à l’aise à l’extérieur.

Le contenu ne peut pas être pire qu’à l’aller

Et enfin, les hommes de Galtier peuvent se rassurer en se disant qu’ils pourront difficilement faire pire qu’au match aller dans le contenu. Ainsi, là où les matchs retour demandent habituellement un certain calcul, celui-ci est assez simple pour le LOSC : il faut s’imposer en marquant au moins deux buts. Cela devrait réduire les questions que pourraient se poser les joueurs lillois, et faciliter la tâche de leur entraîneur, qui a déjà promis de tout donner pour la qualification en conférence de presse : "On va tout faire pour sortir un gros match, mais peut-être pas dans le même registre que ce que nous faisons en ce moment, je ne sais pas, on verra."

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Pour éviter que ce match retour soit le dernier d’un club français en Ligue Europa cette saison, les Lillois se doivent de jouer libérés et ne pas trop réfléchir, pour au moins entretenir l’espoir d’une qualification le plus longtemps possible. Et créer l’exploit, marque de fabrique de la Ligue Europa depuis plusieurs années. Aux Dogues de montrer qu’ils en ont le niveau et le cran.
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