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Grand Prix d'Australie | Pour Max Verstappen, le simracing est "bien plus qu'un jeu" : voici pourquoi
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Publié 23/03/2024 à 14:39 GMT+1
Max Verstappen aime la Formule 1. Mais il est aussi passionné par un autre type de compétition : le "simracing", c'est-à-dire des courses disputées sur des jeux vidéo. Le pilote Red Bull y investit un temps fou, parfois même entre une qualification et un Grand Prix de F1. Et comme d'habitude, il ne compte pas ralentir le rythme. Il imagine même en faire sa priorité après sa carrière.
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Video credit: Eurosport
Samedi 9 mars 2024, Djeddah, 3h30 heures du matin, heure locale. Tous les pilotes se reposent avant l'une des courses les plus exigeantes de la saison sur le plan physique, qui fera vivre un supplice au jeune débutant Oliver Bearman. Tous, sauf un. Max Verstappen, lui, est bien éveillé. Le triple champion du monde est encore devant son écran, échangeant avec certains de ses amis sur Twitch, la célèbre plate-forme de streaming vidéo en direct.
Samedi 9 mars 2024, Djeddah, environ 22h, heure locale. Max Verstappen décroche sa deuxième victoire de la saison au bout d'une course qu'il a complètement survolée. Il sourit, le visage légèrement marqué par une épreuve difficile mais qui ne lui donne pas l'air d'un homme dont la nuit a été courte.
Dans d'autres disciplines, chez d'autres athlètes, ces longues heures passées sur les jeux vidéo ont parfois posé problème, et ce ne sont pas ceux qui ont côtoyé Neymar qui diront le contraire. Pour le triple champion du monde de Formule 1, ce n'est même pas un sujet. "Je suis un peu resté sur le créneau européen, a simplement justifié le Néerlandais en conférence de presse. Je me suis couché vers 4h du matin et je me suis réveillé tard. [...] Je n'ai juste pas besoin de penser à la Formule 1 tout le temps. J'aime aussi passer du temps avec des amis. Donc dès que je le peux, je le fais."
Verstappen investit beaucoup de temps (et d'argent)
À Djeddah, ce n'était donc qu'un passe-temps. "Je n'ai pas toute ma plate-forme ici avec le volant, le baquet..., a-t-il précisé. J'ai simplement une manette, donc c'est juste divertissant." Ailleurs, c'est un peu plus que ça. Dans sa résidence principale à Monte-Carlo, le pilote Red Bull a fait installer, comme d'autres pilotes et comme la plupart des streamers populaires et des athlètes esport, tout un tas d'équipements chargés de recréer l'environnement le plus réaliste possible. Une bouchée de pain pour lui, un arsenal beaucoup moins accessible pour monsieur tout le monde, puisque le coût peut atteindre les 15.000 euros.
Récemment, Verstappen a même fait aménager un motor-home spécial, pour les Grands Prix disputés en Europe, dans lequel il disposera d'une installation similaire. Là où d'autres champions ont longtemps boudé la simulation, comme Kimi Raïkkönen ou Lewis Hamilton - le Britannique a légèrement revu son jugement ces dernières saisons - le Néerlandais s'est totalement investi dans le virtuel.
Le pilote de 26 ans fait partie d'une structure professionnelle, Team Redline, dans laquelle il injecte des sommes importantes. Et si la plupart des pilotes considèrent que le jeu vidéo ne peut être un outil de préparation à la piste, lui y voit certains avantages. Certes, il a délaissé les licences de F1, encore bien trop éloignées des simulateurs professionnels des écuries. Mais il a trouvé des intérêts avec iRacing et rFactor 2, sans doute moins connus du grand public mais aussi plus proches de la réalité.
Pas si inutile que ça pour le monde réel
En champion du détail qu'il est, Verstappen a peaufiné les réglages de son et d'image afin de rapprocher ses sensations du réel. Aux volants de GT ou de prototypes virtuels des 24 heures du Mans, le meilleur pilote du monde aiguise sa curiosité et trouve une concurrence plus féroce que celle à laquelle il fait face, actuellement, en F1.
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Max Verstappen (Red Bull) au Grand Prix d'Australie 2024
Crédit: Getty Images
"C'est juste une technique différente, avait-il détaillé dans une vidéo diffusée sur YouTube par l'un de ses sponsors, CarNext. Les sim racers [les autres joueurs, NDLR] ont un tel niveau... je dois vraiment me démener pour l'atteindre. [...] Ils sont les plus rapides dans le jeu, je suis le plus rapide en piste. Donc, c'est intéressant. En les observant, je peux apprendre et progresser moi-même. Et le fait de se remettre en question, de travailler sans cesse pour progresser, c'est un état d'esprit qui m'aide dans la vraie vie."
Le Néerlandais n'a sans doute pas amélioré sa technique de pilotage grâce au "simracing", même si les outils sont désormais développés pour accompagner les enjeux du pilotage de la "vraie vie". Certaines palettes de volant peuvent être réglées pour contraindre l'utilisateur à procéder à la même impulsion qu'au départ d'un Grand Prix. Après son violent crash à Silverstone en 2021, "Super Max" a pu tester ses aptitudes physiques en durcissant à l'extrême sa pédale de frein.
Il en a perdu ses nerfs
Bref, le leader du Mondial prend cette approche très à cœur. Parfois même un peu trop. L'été dernier, lors du très sérieux Golden Toast Grand Prix organisé sur le circuit virtuel de Spa-Francorchamps, il avait complètement perdu ses nerfs en coupant la piste pour se venger sur un autre joueur qui l'avait percuté quelques virages plus tôt. L'affaire avait eu sa petite résonance dans le microcosme de la simulation, certains joueurs estimant que le Néerlandais avait échappé à une lourde sanction grâce à son statut, bien qu'il ait été exclu de l'événement.
Quelques mois plus tôt, il s'était également fâché contre les organisateurs des 24 Heures du Mans virtuelles, nées durant le confinement et très suivies sur les plate-formes depuis. En cause, des problèmes de connexion qui lui avaient fait perdre des tours en course. "Ils disent que c'est de la malchance, avait-il pesté en direct. Mais je crois que c'est juste de l'incompétence. [...] C'est une blague. On ne peut pas appeler ça 'un événement'. C'est un spectacle de clowns."
Il n'y a sans doute pas grand-chose que le poleman du Grand Prix d'Australie prend plus au sérieux que le "simracing". Alors qu'il a souvent répété, ces derniers mois, qu'il ne s'éterniserait probablement pas en Formule 1, Verstappen s'imagine bien volontiers accentuer son investissement dans le domaine dans lequel il a déjà passé "des milliers d'heures" selon certains de ses proches.
"J'adore ça, répondait-il au sujet de ces courses virtuelles, lorsque nos confrères de CNN l'ont interrogé sur ce qui figurait en haut de sa liste des priorités post-carrière. Certains pensent que ce n'est qu'un jeu. Mais c'est plus que cela. Je suis passionné par cela. Et j'ai beaucoup de projets d'avenir pour construire quelque chose autour." Celui qui écrase la F1 pourrait alors s'essayer là où beaucoup d'autres ont échoué : aider les "simracers" à se faire une place dans les courses réelles.
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