Ferrari affichait jusque-là une fiabilité à toute épreuve en qualification comme en course. Des atouts essentiels pour nourrir les plus grandes ambitions, à en faire pâlir de jalousie Red Bull. Dimanche, la Scuderia est retombée brutalement sur terre en même temps que Charles Leclerc lorsque la F1 75 n°16 s'est mise à rouler au ralenti, sans explication, au 27e des 66 tours que comptait le Grand Prix d'Espagne. Un coup d'autant plus dur à encaisser que le Monégasque fait figure de vainqueur évident, leader depuis le départ et nanti d'un matelas de 13 secondes d'avance sur George Russell (Mercedes).
Le film de la course
Grand Prix d'Espagne
"Un grave problème de fiabilité" : Ferrari en pleine hémorragie
22/05/2022 À 21:20
Les conséquences sont brutales : le pilote de la Principauté, n°1 mondial depuis sa victoire en ouverture de la saison à Sakhir, a abandonné les commandes du championnat du monde à Max Verstappen (Red Bull). Il avait pourtant 19 points d'avance sur le champion du monde en titre, mais de dernier a gagné la quatrième course qu'il a terminée cette année. La cinquième même, si l'on prend en compte la course sprint d'Imola.
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Rien ne va depuis Imola

Et au Mondial Constructeurs, Ferrari a aussi subi la même hémorragie. Carlos Sainz aurait dû servir de couverture, mais il n'en a rien été. La faute à une bourrasque qui l'a envoyé faire un tour dans les graviers du virage n°4, au 7e tour, et condamné à un rôle secondaire. Et encore, il a sauvé la quatrième place parce que Lewis Hamilton (Mercedes), obligé de rouler prudemment, le lui a donnée. Trop peu pour résister au retour de Red Bull, auteure d'un doublé et du meilleur tour.
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Pour Maranello, les causes de ce déclassement sont au moins identifiée. Depuis le Grand Prix d'Emilie-Romagne, tout va mal. On peut dire que lorsque la F1 75 de Charles Leclerc fonctionne sans problème, elle ne tient pas la comparaison face à la Red Bull. Et lorsqu'elle mène grand train, elle n'est pas assez solide pour aller au bout.
C'est une ironie, la lente dégringolade de Charles Leclerc a commencé en Italie. Le Monégasque se faisait une joie de se présenter devant les tifosi en n°1 mondial, et il avait l'assurance de repartir d'Emilie-Romagne dans ce même rôle de leader de la discipline. Autant de symboles à oublier, pour se concentrer sur l'essentiel. Comme Max Verstappen qui n'est intéressé que par une chose : être en tête du championnat du monde à la dernière course.

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Rapides à défaut d'être fiable

C'est un peu dommage, mais Charles Leclerc n'aura pas non plus le plaisir de piloter en leader du Mondial le week-end prochain devant son public. C'est à la fois flatteur et dérisoire, et sa préoccupation sera plus terre à terre. Il veut terminer pour la première fois une course devant les siens. En GP3 comme en Formule 2 ou en Formule 1, il n'y est jamais parvenu, et le souvenir de son no show en 2021 le hante encore.
Qu'en sera-t-il des garanties offertes par Ferrari ? On l'a vu avec Red Bull, rien n'est sûr. L'écurie autrichienne a pu réparer le DRS défaillant de la RB18 n°1 en Q3 samedi, et le problème s'est représenté dimanche.
Pour tour dire, Ferrari en est aux investigations, forcément plus complexes sur un moteur que sur un mécanisme annexe. "Nous n'avons pas encore d'explication sur ce problème soudain, mais c'est assurément un grave problème de fiabilité. Le moteur va retourner à Maranello dans la nuit et lundi matin, il sera démonté", a précisé Mattia Binotto, à Sky Sports.
"Dans l'ensemble, c'est un week-end positif, a ajouté le directeur d'équipe des Rouges. Après plusieurs courses où nous avons souffert avec la gestion des pneus, nous avons au moins prouvé que nous étions plutôt rapides. J'ai dit qu'après six courses nous serions en mesure d'évaluer les niveaux de performance et la hiérarchie dans les équipes, et aujourd'hui nous pouvons dire que nous avons construit une bonne voiture, et mené un travail précis pour la développer. Barcelone est une piste exigeante en de nombreux aspects et d'habitude elle était comme un 'circuit bogey' pour nous, mais la F1 75 était la voiture la plus rapide samedi et dimanche, Charles était confortablement en tête, il roulait à un très bon rythme."

Leclerc de +46 à -6

"Nous trouverons le problème et nous le stopperons, a promis l'Italo-suisse, ingénieur de formation. Malheureusement, ces choses peuvent arriver, à nous comme à nos rivaux. Mais vu le nombre de courses restantes cette saison (16), je dirais que nous avons vu que nous pouvons nous battre pour la victoire dans les prochains Grands Prix, à commencer par Monaco. C'est la maison de Charles, et par chance nous n'avons qu'une semaine à attendre."
Toutefois, Ferrari a engagé une course contre-la-montre pour trouver l'origine du souci et la priorité sera de rebondir face à la concurrence, Red Bull et peut-être même Mercedes. Charles Leclerc comptait 46 points d'avance sur Max Verstappen avant Imola, il en a désormais six de retard. Et Ferrari ne sait pas quand elle pourra compter sur Carlos Sainz, qui multiplie les erreurs depuis la troisième manche du Mondial, à Melbourne.
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