Eurosport
Nouvelle directive technique : la victoire de Verstappen (Red Bull) à Spa a démontré que l'enfer était pour les autres
Par
Publié 29/08/2022 à 20:32 GMT+2
GRAND PRIX DE BELGIQUE - Ce sont deux lettres et trois chiffres, TD039, qui devaient réduire l'écart entre les trois Top Teams Red Bull, Ferrari et Mercedes. L'impressionnante victoire de Max Verstappen à Spa-Francorchamps a plutôt démontré que la nouvelle directive technique sur la flexibilité de la planche du fond plat a bien moins affecté l'écurie autrichienne que sa principale rivale, Ferrari.
"Le pire dans tout ça c'est qu'on savait que Max allait gagner"
Video credit: Eurosport
Ne leur parlez surtout pas de victoire "façon Mercedes". Chez Red Bull, toute comparaison - même flatteuse - avec l'ennemi juré est prohibée. Dimanche, après l'écrasante victoire de Max Verstappen au Grand Prix de Belgique, qui fut au passage l'une des remontées les plus expresses de l'histoire, Christian Horner a préféré évoquer une performance digne "de 2010 ou 2013". La grande ère Red Bull.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2022/08/29/3441081-70206788-2560-1440.jpg)
Spa 2022, "la plus grosse masterclass de Verstappen depuis ses débuts"
Video credit: Eurosport
Si l'écurie autrichienne roule des mécaniques, c'est précisément parce que beaucoup s'attendaient à voir sa marge sur la concurrence se réduire à Spa-Francorchamps. Cette 14e manche du Championnat marquait effectivement l'entrée en vigueur d'une nouvelle directive technique (TD039) qui, sur le papier, devait causer quelques mots de tête à l'équipe dominante cette saison, ainsi qu'à sa principale concurrente, à savoir Ferrari.
Il y a deux mois et demi, après un Grand Prix d’Azerbaïdjan marqué par une épidémie de marsouinage aigü, la FIA annonçait ses mesures pour contrôler et limiter le phénomène, afin de préserver la santé des pilotes. Elle établissait une sorte de seuil de tolérance, établi sur une formule mathématique extrêmement complexe, au-delà duquel les écuries seraient sommées d'élever leur hauteur de caisse. Et ainsi de sacrifier une partie de leur performance pour protéger dos, nuque et cerveau de leurs pilotes.
Red Bull et Ferrari ont exploité une zone grise
En réalisant ses premières mesures, l'instance a découvert un subterfuge utilisé par certaines équipes - qu'elle n'a évidemment pas nommées. Celles-ci parvenaient à utiliser la flexibilité de la planche (une partie composite fixée sous le fond plat), limitée par le cahier des charges, afin de contrer le marsouinage et gagner en performance. Le tout sans enfreindre le règlement, puisque les points de mesure étaient effectués à des endroits précis, et pas à d'autres. Et donc pas sur les zones où la flexion pouvait atteindre jusqu'à 6 mm, contre seulement 2 mm autorisés.
À écouter certains acteurs, notamment Toto Wolff, qui avait qualifié ces révélations de "choc complet", il fallait comprendre qu'il s'agissait là de l'une des astuces trouvées par les deux autres "Top Teams" pour mater le reste plateau. Ferrari ayant régulièrement eu la voiture la plus rapide en qualification, Red Bull ayant le plus souvent dominé sur le rythme de course.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2022/06/13/3392429-69328848-2560-1440.jpg)
Champion du monde de la malchance, "Leclerc a fait son deuil du championnat"
Video credit: Eurosport
La directive technique intronisée juste avant le Grand Prix de Belgique a rendu cette trouvaille illégale. Malgré cela, les têtes pensantes de l'écurie Red Bull n'ont, tout au long du week-end, jamais vraiment semblé inquiètes. "Je pense que ce n'est pas un problème majeur pour nous", avait ainsi assuré Christian Horner dès le début du week-end.
La marge avec laquelle Max Verstappen a sécurisé la pole position (0"632), la plus élevée dans des conditions sèches, avait déjà donné de premiers indices. Même si le moteur frais monté dans la monoplace du champion du monde, ainsi que la nature du tracé, donnaient déjà un avantage au Néerlandais. "Max peut-il s'imposer ? Nous ne voulons pas paraître arrogants, avait ainsi confié Helmut Marko, conseiller Red Bull, sur Sky Germany, malgré la pénalité infligée au pilote. Mais je ne l'exclurais pas."
Ferrari a souffert, pas Red Bull
Parti 14e, Verstappen a remonté le peloton en un clin d'œil, et s'est emparé de la tête du Grand Prix dès le 12e tour, après le premier arrêt de Carlos Sainz. Et après son propre passage par la voie des stands, il a comblé un retard de 4"8 en moins de trois tours. Pour une victoire très nette. De quoi jubiler face à ceux qui lui promettaient bien plus de difficultés. "Oui, cette directive a été très, très mauvaise pour nous", a-t-il souri après coup.
"Je devrais remercier Toto pour la nouvelle directive technique, s'est amusé Christian Horner, jamais à court d'inspiration lorsqu'il s'agit de se moquer de son homologue chez Mercedes, dans des propos relayés par Crash.net. Il y avait beaucoup d'attentes autour de ce point de règlement. Alors qu'en fait, il a peut-être fait plus de mal aux autres qu'à nous-mêmes."
"Les autres", ce sont... les rivaux de chez Ferrari. Jamais, cette saison, les deux pilotes de la Scuderia n'avaient eu une telle sensation d'impuissance face aux Red Bull. Y compris celle de Sergio Pérez. Cette fois, l'écurie italienne n'a pu rivaliser, y compris dans les secteurs sinueux.
Samedi, en qualification, Verstappen était le plus rapide dans tous les virages, à l'exception des Combes. Ce qui pourrait laisser penser que le Cheval Cabré a dû revoir certains réglages, et éventuellement sa hauteur de caisse, pour rester dans les nouveaux clous du règlement. Le tortueux circuit de Zandvoort, qui accueille la 15e manche de la saison ce week-end, donnera à coup sûr une idée plus précise des difficultés désormais rencontrées par Ferrari.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité