Cette barre fascinante n'est pas une première pour lui. Il l'avait déjà franchie en mai dernier, dans une autre catégorie prisée par les seigneurs de la piste. A Montmelo, il avait atteint le cap des 100 pole positions depuis sa première, en 2007 à Montréal. Mais le registre des victoires est évidemment d'une autre dimension à l'échelle de la Formule 1, le révélateur ultime des multiples talents d'un pilote. Parce que la course est l'essence même du sport, son aboutissement aux yeux de tous.
Le film de la course
Dimanche, Lewis Hamilton a donc atteint les cent succès en se jouant patiemment de ses adversaires et en domptant les éléments dans le final pluvieux de ce Grand Prix de Russie aux allures de chaos. Il lui fallait un peu de chance et les circonstances sont venues à son secours pour magnifier ce cap inédit. Et donner un relief incontestable à son triomphe. Enfin.
Grand Prix de Russie
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Car il faut bien le dire, son aura en avait pris un coup depuis ses quatre échecs qui avaient suivi ce fameux Grand Prix de Grande-Bretagne, où il avait malencontreusement éliminé son rival Max Verstappen (Red Bull) à grands fracas. Certains ont cru qu'il allait jouer petit bras. Qu'après avoir renversé un mécanicien vendredi et tapé deux fois le mur en qualification, il allait se contenter du minimum, remporter une victoire par défaut, vu la position de dernier partant de Max Verstappen. Ou à la Pyrrhus, par l'entremise d'une consigne donnée à son coéquipier Valtteri Bottas. Heureusement, le remède à tous ses revers récents ne fut pas pire que le mal.
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Un sacrifice au départ

Dimanche, il a surfé sur les circonstances pour montrer que cette centième n'était pas juste une ligne de plus sur son curriculum vitae XXL. Qu'il pouvait y mettre les formes. De sa modeste place de quatrième qualifié, il s'est imposé la prudence au départ. Qui d'autre l'aurait fait ? Avec Lando Norris (McLaren) pour la première fois en pole position et Carlos Sainz (Ferrari) encore jamais vu en première ligne, il devait faire ce sacrifice, quitte à perdre trois places.
En le voyant rouler en sixième position, on l'imaginait embarqué dans une nouvelle galère. Il devait préserver ses pneus "medium" sans se focaliser sur la remontée irrésistible de Max Verstappen. Et tenter de tirer parti d'une stratégie qui avait consommé ces derniers échecs. On se souvient encore de ses undercuts encaissés comme autant uppercuts en début de la saison ; à Bakou et Monaco notamment… Max Verstappen hors du coup au Hungaroring après la bousculade du départ, il avait même raté l'inratable en ne changeant pas ses pneus sculptés contre des slicks. Seul dans l'erreur, seul sur la grille, il avait récupéré une deuxième place un peu miraculeuse et pas très reluisante, suite à la disqualification de Sebastian Vettel (Aston Martin).
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Un moment "magique"

Combien de temps est-ce que cela allait durer ? La question le taraudait comme nous. Mais dimanche, le doute et la raison étaient ses meilleurs alliés. Il aurait pu jouer au cador, se laisser embarquer dans la partie de bluff de Lando Norris. Il n'y avait rien à gagner à rouler en slicks sur le mouillé. Il a refusé l'ordre de son équipe de rentrer, juste avant le point de non-retour. Ça lui était arrivé de dédire son équipe. Mais là, l'enjeu n'en valait pas la chandelle. Il devait d'abord rester en piste, rester devant Max Verstappen pour lui grappiller quelques points au championnat. Puisqu'il n'y avait pas de petit gain dimanche.
Là-dessus, le vieux briscard qu'il est a donné la leçon au jeune loup. La passation de pouvoir est peut-être à l'ordre de jour entre le représentant de l'ancienne génération qu'il est et le champion du futur qu'incarne Max Verstappen. Mais du côté britannique, il reste la référence en dépit de la montée en puissance des Lando Norris et autres George Russell.
"C'est un moment magique. Je n'aurais jamais pu rêver d'être encore ici et d'avoir cette opportunité de gagner ces courses, de piloter contre des talents aussi phénoménaux si tard dans ma carrière et de continuer à construire avec Mercedes, a-t-il avoué. Je suis si fier de tout ce que nous avons fait, non seulement sur la piste, mais aussi en dehors. C'est juste un moment spécial pour tous ceux qui y ont contribué. J'ai l'équipe la plus incroyable."
S'il a signé pour l'heure moins de pole positions (4 contre 6) et moins de victoires (5 contre 7) que Max Verstappen, et même s'il n'est pas champion du monde, Lewis Hamilton a définitivement marqué la saison en devenant ce centenaire particulier.
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